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Moyen-orient

Au Liban, les camps de réfugiés syriens sont payants

© Marie KOSTRZ

Texte par Marie KOSTRZ

Dernière modification : 23/01/2013

Dans la plaine de la Bekaa (est du Liban), des propriétaires louent aux réfugiés syriens des parcelles de terre. Une conséquence de l'inaction du gouvernement, qui refuse d'ériger des camps pour les 200 000 Syriens présents sur le territoire.

Dar Hamieh, dans la plaine de la Bekaa, ressemble à un camp de réfugiés comme un autre. Deux cents tentes s'agglutinent sur un terrain boueux où jouent des enfants sales et discutent des adultes fatigués. À une différence près : ici, pour avoir sa tente, il faut payer. Avec l'afflux continu de réfugiés syriens, des propriétaires libanais ont flairé la bonne affaire.

La boue a envahi les camps après les tempêtes de début janvier. (Crédit : FRANCE 24)

Depuis un an et demi, certains ont divisé leurs champs en parcelles de cinq mètres carrés qu'ils louent désormais. À Dar Hamieh, l'emplacement coûte 75 euros tous les six mois. Le propriétaire affirme avoir 500 abris de fortune sur son terrain, que les réfugiés doivent en plus construire et financer eux-mêmes. Considérable pour un réfugié, cette somme peut atteindre 150 euros dans d'autres camps.

Unique au monde selon l'ONG Caritas, la situation concerne au moins 6 700 Syriens dans la plaine de la Bekaa. À Dar Hamieh, ils sont au moins 3 000. Ces "campings" payants ne décrocheraient aucune étoile : sous les bâches, un simple tapis recouvre la terre battue et les réfugiés dorment à même le sol. Avec les premières neiges, il y règne un froid glacial. Acheter une couverture n'est pas à la portée de tous : ces réfugiés sont à l'origine très modestes. La plupart viennent de Bab Amr, un quartier populaire de Homs, foyer de la résistance, pilonné par le régime au printemps 2012.

"S'en mettre plein les poches"

Khaled, trentenaire, a fui ce bastion des combattants du régime de Bachar al-Assad au mois d’août. Il survit depuis cinq mois à Dar Hamieh.

Un bébé est né dans le camp il y a six mois. (Crédit : FRANCE 24)

"C'est très dur, il faut ajouter chaque mois 37 euros pour l'eau et l'électricité", déplore-t-il. "Ici, j'ai travaillé dans l'agriculture mais l'hiver c'est impossible." Trouver de l'argent est la préoccupation de tous. "Si on ne paye pas, on nous jette dehors", résume Abou Kreiem, père de neuf enfants. Conséquence : ils travaillent. Abdelrazak a 13 ans. Avec un sourire innocent, il annonce gagner trois euros par jour pour sept heures de travail dans les champs de voisins libanais.

À l'épicerie du camp, la commerçante et une réfugiée se chamaillent. La marchande note les dettes de sa cliente qui lui reproche d'avoir inscrit une somme trop élevée dans son registre. Celle qui est en fait la femme du propriétaire du camp se plaint : "Ils n'arrêtent pas de manger et ne payent rien ! Nous devons nourrir tout le monde gratuitement". Son mari se lamente aussi. "Ça fait un an et demi que je paye tout pour eux : l'électricité, les bâches, la nourriture".

Le gouvernement libanais divisé

Le gouvernement libanais a enfin adopté, le 3 janvier, un plan d'aide aux 200 000 réfugiés syriens présents sur son sol. Une tâche ardue : la classe politique libanaise est très divisée sur cette question, certains partis refusant catégoriquement d'assister les réfugiés. À la tête de cette fronde : le Courant patriotique libre (CPL), qui craint que le conflit syrien contamine le Liban.

Le ministre de l’Énergie, Gebran Bassil, s'oppose ainsi fermement à l'ouverture de camps qui pourraient, selon lui, "se transformer en camps militaires pour entraîner les révolutionnaires syriens". Au contraire, Walid Joumblatt, chef du Parti socialiste progressiste (PSP), considère que la création de camps de réfugiés est "un devoir moral".

Un logo du Programme alimentaire mondial est pourtant collé sur sa vitrine. Il reconnaît que l'organisation lui verse l'argent des bons de nourriture remis chaque mois aux réfugiés, soit 23 euros par personne. "Quel menteur, il profite du malheur des réfugiés pour s'en mettre plein les poches", peste un habitant des environs.

Le résultat de l'inaction gouvernementale

Seule ONG à intervenir dans les camps, Caritas s'applique à garder de bonnes relations avec les propriétaires. "S'ils décident d'expulser les réfugiés, où iront-ils ?", justifie Kamal Sioufi, président du centre des migrants de l'ONG. Pour lui, le problème est avant tout l'inaction du gouvernement libanais qui ne reconnaît ni ne finance ces camps. "Ce sont les États qui doivent s'en charger. Contrairement à la Turquie et à la Jordanie, le Liban ne fait rien", compare-t-il. "Cela encourage les Libanais à tirer profit des besoins des Syriens. Au sein de la classe politique libanaise, des voix se sont élevées pour réclamer la fermeture des frontières de peur que l’afflux de réfugiés ne contribue à étendre le conflit syrien au Liban."

Pourtant, la situation se dégrade au point de devenir catastrophique. Depuis un an, Issa Mohammad Al-Fayad héberge 25 tentes sur son terrain. Alors qu'il s'y est toujours refusé, il fera bientôt payer les réfugiés. "Je n'ai pas le choix. Je dois faire des travaux pour l'hygiène du camp", insiste-t-il. Une situation dramatique pour Kamal Sioufi : "Les Syriens ne sont pas mauvais mais la délinquance va apparaître car c'est humain de vouloir se nourrir". Il craint que des réseaux de prostitution se mettent en place. De nombreuses mères isolées aux maris disparus peuplent, en effet, ces camps.

Première publication : 20/01/2013

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