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Afrique

Les pays ouest-africains demandent son aide "immédiate" à l'ONU

© AFP

Vidéo par Récit : Achren VERDIAN

Texte par Dépêche

Dernière modification : 20/01/2013

Lors d'un sommet organisé samedi à Abidjan, la Cédéao a appelé l'ONU à fournir "immédiatement" son "appui logistique et financier" à la force militaire ouest-africaine qui doit combattre les groupes islamistes du nord du Mali.

Les dirigeants ouest-africains réunis samedi à Abidjan ont appelé l'ONU à fournir "immédiatement" son appui logistique et financier à l'envoi "sans plus tarder" de la force militaire régionale au Mali, la France leur demandant en même temps de se déployer "le plus vite possible".

Dans le même temps, Londres et Washington se sont dit déterminés à lutter contre les agissements d'Al-Qaïda au Maghreb (Aqmi), mais ont exclu d'envoyer des troupes dans la région.

La France a elle déjà déployé 2.000 soldats au Mali, un chiffre qui va rapidement atteindre et peut-être même dépasser 2 500 hommes, et le président François Hollande a expliqué que la France resterait au Mali "le temps nécessaire pour que le terrorisme soit vaincu dans cette partie de l'Afrique".

Discours de Laurent Fabius à la réunion de la CÉDÉAO



A Abidjan, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a demandé à l'ONU "de fournir immédiatement l'appui logistique et financier pour le déploiement de la Misma" (Mission internationale de soutien au Mali), à l'issue d'un sommet extraordinaire consacré au Mali.

Et les Etats membres de la Cédéao ont été appelés à fournir "sans plus tarder" les troupes promises à cette force d'intervention.

En ouvrant le sommet, le président ivoirien Alassane Ouattara avait plaidé pour "un engagement plus large (...) autour de la France et de l'Afrique dans la guerre totale et multiforme contre le terrorisme au Mali".

Déclarations d'Alassane Ouattara le 19 janvier à Abidjan



La force régionale, baptisée Mission internationale de soutien au Mali (Misma), a reçu mandat de l'ONU pour aider le Mali à reprendre le contrôle du nord du pays, occupé depuis plus de neuf mois par des groupes armés islamistes qui y ont multiplié les exactions.

L'opération française "n'a pas vocation à se substituer à l'action de la Misma" qui doit se déployer "le plus vite possible", a dit le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, présent au sommet.

Mais il a aussi insisté sur l'importance de la conférence des donateurs, prévue le 29 janvier à Addis Abeba, alors que l'incertitude règne sur la capacité des pays africains à financer leur déploiement militaire. "Il est essentiel que le maximum de pays dans le monde apportent leurs contributions" pour financer la Misma et l'armée malienne, a-t-il dit.

"Nous n'envisageons pas d'envoyer de soldats sur le terrain", a déclaré à Londres le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta lors d'une conférence de presse avec son homologue britannique Philipp Hammond, qui a lui aussi dit que son gouvernement n'a "pas prévu d'envoyer des soldats britanniques au Mali".

Déclarations de LEON pANETTA



MM. Fabius et Ouattara ont insisté sur la nécessité d'une dimension politique pour résoudre la crise malienne, déclenchée en janvier par une offensive de rebelles autonomistes touareg, ensuite évincés du nord du Mali par les islamistes.

"La peur change de camp"

Quelque 2.000 membres de la Misma doivent être déployés d'ici au 26 janvier. Une centaine de soldats togolais et nigérians sont déjà arrivés à Bamako, et une trentaine de Béninois sont en route.

Huit pays ouest-africains - Nigeria, Togo, Bénin, Sénégal, Niger, Guinée, Ghana et Burkina Faso - ainsi que le Tchad ont annoncé leur contribution à la Misma qui comprendra quelque 5.800 soldats pour prendre le relais de la France.



Paris poursuit son intervention aux côtés d'une armée malienne sous-équipée. Les autorités maliennes ont annoncé avoir repris jeudi Konna, à 700 km au nord-est de Bamako, tombée le 10 janvier aux mains des combattants islamistes, précipitant l'intervention française.

La chute de Konna lors de cette offensive surprise avait déclenché dès le 11 janvier l'intervention de la France qui redoutait une percée des jihadistes vers le sud et Bamako.

Dans la région de Diabali (ouest), le colonel malien commandant ce secteur, a affirmé samedi à l'AFP que les islamistes avaient "fui" la ville qu'ils avaient prise lundi et que l'armée malienne s'apprêtait à y faire son entrée.

A Gao, au nord-est de Bamako, des habitants ont tué samedi un chef islamiste pour protester contre le meurtre d'un journaliste malien qui venait d'être battu à mort par des islamistes, selon la maire adjointe de la ville et le directeur d'une radio locale. "La peur change de camp", a dit un étudiant de Gao.

Gao est l'une des trois principales villes du nord du Mali et un bastion islamiste. Une grande partie des combattants qui l'occupaient ont toutefois évacué les lieux, après que l'aviation française a pilonné leurs positions.

En Algérie, 23 personnes, algériens et étrangers, ont été tuées au cours de l'attaque suivie d'une prise d'otages dans un site gazier du Sahara algérien, à In Amenas, à 1.300 km au sud-est d'Alger, selon un bilan provisoire officiel.

Les ravisseurs demandaient à la France de "négocier" la fin de la guerre au Mali. Paris, Washington et Bucarest ont confirmé la mort d'un de leurs ressortissants.

François Hollande a estimé que les évènements algériens justifiaient plus encore l'intervention de la France au Mali. "S'il y avait besoin de justifier l'action que nous engageons contre le terrorisme, nous aurions là un argument supplémentaire".

AFP

Première publication : 20/01/2013

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