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Législatives israéliennes : Netanyahou, donné favori, lorgne le vote nationaliste

© AFP

Texte par Gaëlle LE ROUX

Dernière modification : 23/01/2013

Benjamin Netanyahou pourrait décrocher un troisième mandat à la tête du gouvernement à l'issue des législatives. Face à la montée des ultra-conservateurs, le Premier ministre sortant a radicalisé son discours notamment sur les colonies.

S’il est élu, Benjamin Netanyahou sera le premier homme politique à décrocher un troisième mandat à la tête du gouvernement israélien. Et, selon les derniers sondages, c’est bien le scénario qui se profile dans l’État hébreu alors que les Israéliens sont appelés, ce mardi 22 janvier, à élire les membres de la Knesset (Assemblée). Les dernières études prédisent même une domination très nette – et inédite si les chiffres s’avèrent exactes – de la droite et les partis religieux favorables à la colonisation dans l’Assemblée (voir ci-dessous l'infographie sur les forces en présence).

Un meilleur taux de participation qu'en 2009

Le taux de participation s'établissait à 46,6% à 16H00 (14H00 GMT), en hausse sensible par rapport aux législatives de 2009 à la même heure (41,9%), plus haut niveau depuis 1999, selon la commission électorale.

Entourés d'un dispositif de sécurité renforcé, les bureaux de vote fermeront à 22H00 (20H00 GMT), heure à laquelle les télévisions doivent diffuser les premières estimations, établies à partir de sondages sortie des urnes.

La coalition rassemblant le Likoud de Netanyahou et Israël Beitenou du nationaliste Avigdor Lieberman est ainsi créditée de 32 à 35 sièges sur les 120 que compte la Knesset. Ces dernières semaines cependant, l’avance de cette liste s’est réduite au profit de celle de Habayit Hayeoudi ("La Maison des juifs"), dirigée par le très conservateur Naftali Bennett, hostile à la création d’un État palestinien et favorable à l’expansion des colonies juives. Habayit Hayeoudi, selon un sondage récent, pourrait décrocher 15 sièges, auxquels pourraient s’ajouter deux sièges supplémentaires pour le parti d’extrême droite anti-arabe Otzmah Leisraël ("La Force d’Israël").

Tentant de contrecarrer cette percée des ultra-nationalistes, le Premier ministre sortant a, depuis vendredi, multiplié les déclarations concernant la colonisation. Il a ainsi promis, dans une interview accordée au quotidien Maariv, qu’au cours des quatre ans à venir, aucune colonie ne serait démantelée s’il était réélu. "Les jours où les bulldozers déracinaient les juifs sont derrière nous, et pas devant nous", a-t-il affirmé. Puis, adoptant un ton plus ferme encore, assure : "Personne n’a de leçon à me donner pour ce qui est de l’amour d’Eretz Israël [la Terre d’Israël, ndlr] ou de l’engagement vis-à-vis du sionisme et des implantations".

Inquiétudes sur la zone E1

Ces déclarations ont de quoi inquiéter les habitants de la zone E1, en Cisjordanie. Un territoire sur lequel Israël apparaît déterminé à construire quelque 3 000 logements, qui permettraient de lier la grande colonie Maalé Adoumin, en Cisjordanie, à Jérusalem. Un projet très sensible : la communauté internationale s’y montre hostile. La France et le Royaume-Uni ont exprimé leur opposition, conscients que cette nouvelle salve de constructions compliquerait considérablement les possibilités d’une solution à deux États du conflit israélo-palestinien. Les États-Unis eux-mêmes, qui n’avaient pas été préalablement consultés, ont accueilli la nouvelle avec amertume.

"Pour l’instant, on est ici, mais ils peuvent nous déloger quand ils le veulent", commente une habitante du village Arab al-Arara, au micro de FRANCE 24. "Tout va empirer, estime pour sa part Mahmoud al-Simani, chef du village. Tout va se dégrader et devenir bien plus dur que ce que l’on connaît déjà… Et cela sera vrai pour tout le monde dans la zone, pas que pour nous". Selon l'organisation israélienne Ir Amim, 6 932 unités de construction ont été approuvées en 2012, contre 1 772 logements en 2011 et 569 en 2010.

Avec dépêches

 

 

 

Première publication : 22/01/2013

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