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Moyen-orient

Netanyahou, vainqueur humilié, veut constituer une "large coalition"

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Sylvain ATTAL

Dernière modification : 23/01/2013

Les blocs de droite et de centre-gauche sont arrivés à égalité à l'issue des législatives israéliennes de mardi. Pressenti pour former le prochain gouvernement, le sortant Benjamin Netanyahou a indiqué vouloir travailler à une "large coalition".

Un coup de balai, un grand appel d’air : tel est le paysage politique israélien à l’issue d’une soirée électorale comme en réserve souvent la vie politique de ce pays. Les électeurs qui se sont fortement mobilisés, mardi 22 janvier, ont déjoué tous les pronostics, sanctionné les vieux partis et porté sur le devant de la scène des nouveaux venus. Au point qu’il est bien impossible de prédire quelle forme prendra le futur gouvernement du pays.

Le grand gagnant de cette élection est sans aucun doute le leader d’un nouveau parti centriste, Yesh Atid ("Il y a un avenir"), Yaïr Lapid, un ancien journaliste de télévision très célèbre mais novice en politique même s’il est le fils de Tony Lapid, qui remporta lui aussi un certain succès électoral il y a dix ans à la tête d’un parti très anti-clérical. Avec 19 sièges dans la prochaine Knesset, Yaïr Lapid a bénéficié d’un incontestable besoin de renouvellement. Il se hisse à la deuxième position et s’affirme en faiseur de roi.

Victoire à la Pyrrhus

"Il y a de fortes chances que Yaïr Lapid entre au gouvernement"

Car même s’il a techniquement gagné cette élection, le premier à en ressortir diminué, voire même humilié, est le Premier ministre sortant, Benjamin Netanyahou. Avec son associé Avigdor Lieberman, il n’obtient que 31 sièges, alors que les deux partis disposaient de 42 députés dans l’Assemblée sortante. Certes, la droite et les partis religieux restent majoritaires, mais de deux sièges seulement.

Cela suffira peut-être à faire de Netanyahou le probable futur chef du gouvernement. Mais pour certains, il est devenu seulement probable, et sa tâche s’annonce très délicate. Car les formations de gauche et du centre qui ont obtenu un résultat inespéré il y a encore quelques jours ont juré de mettre tous les obstacles possibles sur son chemin. Très exactement, c’est ce qu’on appelle une victoire à la Pyrrhus.

Tête de liste travailliste, Shelly Yacimovitch, qui ne termine qu’en troisième position (15 sièges), se disait néanmoins en mesure de proposer une "alternative" à un gouvernement Netanyahou synonyme de "davantage d’injustice sociales". Yaël German, un proche de Lapid, déclarait qu’il était prématuré de prédire qui serait le futur Premier ministre : "Si nous avons vocation à participer au gouvernement, aucun leader ne peut tenir notre soutien pour acquis".

Quand à Tzipi Livni, dont l’étoile avait un peu pâli ces dernières années, elle jubilait littéralement au milieu de ses partisans. Malgré un score modeste qui accorde à sa nouvelle formation centriste Hatnouah ("Le Mouvement"), tout au plus 6 ou 7 députés, elle avait bien compris que l’affaiblissement de Netanyahou et la déroute de son ancien parti Kadima (qui ne sera même pas représenté à la Knesset), lui permettrait de vendre chèrement son soutien au prochain Premier ministre afin de peser sur le dossier sur lequel elle a axé sa campagne : la paix. Tous espéraient pouvoir infléchir la ligne du prochain gouvernement, tant sur les questions sociales que sur celle du processus de paix avec les Palestiniens.

Déception des religieux

Du côté des partis religieux, le Shas, parti des rabbins sépharades, maintient sa position avec 11 sièges et sera vraisemblablement dans la coalition, quelque soit le cas de figure. Naftali Bennett, le leader du parti national religieux Habayit Hayeoudi ("La Maison des juifs"), triple le score du vieux parti qu’il a revigoré. Paradoxalement, il a tout pour être déçu en ne remportant que 11 fauteuils puisque les sondages lui en prédisaient au moins 15.

Plusieurs heures après l’annonce des résultats, Benjamin Netanyahou, visiblement sonné, revendiquait la victoire et annonçait travailler à une "large coalition". En cas d’échec, il ne lui restera plus qu’à rassembler tous les partis religieux. Il se trouverait alors à la tête du gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël, sur lequel les colons auraient quasiment droit de vie ou de mort. Dans ce cas de figure, Netanyahou ne pourrait que poursuivre et accentuer la ligne intransigeante qui est la sienne, risquant d’aggraver encore l’isolement du pays, et la discorde avec les États-Unis.

 

Première publication : 23/01/2013

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