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FRANCE

Rythme scolaire : Vincent Peillon présente son projet de loi sur fond de grogne

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 23/01/2013

Le ministre français de l’Éducation présente son projet de loi relatif à la réforme de l’école. Mardi, une grève contre la modification du rythme scolaire, prévue dès la rentrée 2013, a été massivement suivie dans les écoles parisiennes.

Au lendemain d'une grève massive dans les écoles parisiennes, le ministre français de l’Éducation, Vincent Peillon, présente, mercredi 23 janvier, son projet de loi de refondation de l'école en Conseil des ministres sous la pression du principal syndicat du primaire, qui appelle à une nouvelle journée de mobilisation.

Le projet de loi, promesse du président François Hollande, qui a fait de la jeunesse et de l'éducation une priorité du quinquennat, prévoit la création de 60 000 postes et la priorité au primaire pour lutter contre l'échec scolaire avec la relance de l'accueil des enfants de moins de trois ans et des enseignants supplémentaires dans les zones défavorisées.

Défendu avec détermination par un ministre convaincu que le système scolaire français est à bout de souffle et doit être réformé en profondeur, le texte prévoit le rétablissement de la formation des enseignants, quasiment disparue sous la droite, et a l'ambition de faire entrer l'école dans l'ère numérique. Après plusieurs mois de consultations, le texte a été adopté par des instances consultatives réunissant enseignants, parents, élus, patronat, étudiants et lycéens.

"Notre objectif est la réussite de tous les élèves, a souvent martelé Vincent Peillon. Ce n'est pas la peine d'en laisser 25 % ou 30 % sur le bord de la route. Les grands systèmes éducatifs qui marchent, c'est des systèmes qui sont capables d'emmener tout le monde."

Réforme "difficile"

La réforme des rythmes scolaires dans le primaire avec le retour de la semaine de 4,5 jours, abandonnée en 2008, est censée y contribuer, grâce à un allègement des journées de classe – de 45 minutes en moyenne sans réduire les 24 heures hebdomadaires de cours - et des activités culturelles, sportives ou artistiques. À partir de septembre 2013, notamment pour les 662 écoles parisiennes, ou de 2014 au plus tard, les écoliers retrouveront ainsi le chemin de l'école le mercredi (ou le samedi).

Mais cette réforme ne fait pas l’unanimité. Mardi, les écoles parisiennes ont "massivement" suivi une grève contre cette disposition. Quelque 3 000 manifestants selon les syndicats, 2 500 selon la police, ont défilé jusqu'à l'Hôtel de Ville contre les modalités de la réforme.

En cause : l’aménagement du temps de travail envisagée par le maire de Paris, Bertrand Delanoë. "À Paris, une coupure est prévue de 11h30 à 14h15. C'est de la surveillance qui est prévue, pas des activités", a déploré Leïla Chevet, enseignante en CM1-CM2 dans le XIVe arrondissement.

"Si les conditions de réussite de la réforme ne sont pas réunies, mieux vaut un report de la réforme à 2014 plutôt qu'une réforme bricolée en 2013", a de son côté réagi Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU. Avec 90 % de grévistes et 56 % d'écoles fermées, le mouvement parisien est "historique", selon Jérôme Lambert, membre du même syndicat.

Cependant, le succès de la grève parisienne n'a pas ébranlé Bertrand Delanoë qui a assuré qu'il ne "reculerait pas", même s'il s'est dit prêt à "écouter tout le monde": "Je mettrai le paquet, y compris sur le plan financier".


France 24 avec dépêches

 

Première publication : 23/01/2013

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