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La surprise laïque Yair Lapid à la Knesset

© AFP

Texte par Gaëlle LE ROUX

Dernière modification : 23/01/2013

Alors que la coalition menée par le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahou est arrivée en tête des législatives, le parti centriste Yesh Atid de l’ex-journaliste Yair Lapid a fait une percée surprise à la Knesset, raflant 19 sièges.

En janvier 2012, le présentateur vedette Yair Lapid démissionnait de son poste de journaliste pour fonder le parti centriste Yesh Atid, littéralement "Il y a un avenir". Troquer les plateaux de télévision pour les tribunes politiques lui a pour le moins réussi : un an plus tard, l’homme est devenu un acteur incontournable de la scène politique israélienne en décrochant 19 sièges sur les 120 que compte la Knesset, imposant ainsi son parti en deuxième force politique du Parlement.

"Je suis ravi, a déclaré l’homme de 49 ans devant la foule de ses partisans amassée devant le siège de son parti à Tel Aviv. Personne ne nous attendait aussi haut." Les sondages ne lui accordaient en effet que la quatrième place aux législatives ; il s’est finalement hissé à la deuxième. Alors que les projections prévoyaient une Knesset largement dominée par la droite, son parti Yesh Atid, qu’il aime à situer au "centre du centre", se retrouve désormais doté d’une force politique inattendue à l’heure où doivent débuter les négociations pour la formation d’un nouveau gouvernement, menées selon toute probabilité par le Premier ministre Benjamin Netanyahou.

Yair Lapid, surnommé le George Clooney israélien, est parvenu à conquérir une partie de l’électorat - en un temps record - en fustigeant une classe politique "méprisable et corrompue", mais en pariant également sur la laïcité, la justice sociale et la défense des classes moyennes. "Ce pays nous appartient. Il appartient à ceux qui payent leurs impôts, qui font leur période de réserve dans l’armée, et dont les enfants font le service militaire : il appartient à la classe moyenne israélienne", déclarait-il lors de sa première allocution publique en février dernier, dans la station balnéaire d’Eilat.

Dans son collimateur : les ultra-orthodoxes, parmi lesquels 60 % des hommes se consacrent aux études religieuses, ne travaillent pas et n’effectuent pas leur service militaire. Alors que les hausses d’impôts commencent à peser lourd sur les épaules de la classe moyenne, le ressentiment de la majorité laïque s’accroît à l’égard des ultra-orthodoxes. Le leader de Yesk Atid n’a eu de cesse, tout au long de sa campagne, de mettre en garde contre ces dissensions, sous peine de voir "toute une génération de jeunes Israéliens - qui font leur armée, travaillent dur, paient des impôts - regarder autour d’eux et de se dire : ‘Ce pays ne va nulle part’".

Sur les traces de son père

Par son positionnement centriste et farouchement laïc,Yair Lapid marche sur les traces de son père Yosef Tommy Lapid, ancien journaliste également, dont le parti Shinouï avait effectué une impressionnante mais courte percée aux législatives de 2003. L’homme, une personnalité marquante de la vie politique israélienne, survivant de l’Holaucaust décédé en 2008, avait été ministre de la Justice sous Ariel Sharon. À la différence de son père en revanche, Yair Lapid s’est entouré d’une équipe hétéroclite regroupant notamment un rabbin ultra-orthodoxe ayant œuvré pour l’apaisement entre les différentes communautés, deux rabbins modérés, un ancien directeur des services de contre-espionnage israélien, un journaliste, des maires et d'anciens responsables municipaux…

Yair Lapid s’est montré particulièrement acerbe à l’égard des partis religieux qu’il n’hésite pas à qualifier de "lobbyistes" et de "nababs". Il adopte en revanche un ton beaucoup plus modéré sur la question palestinienne, qui définit encore largement l’échiquier politique en Israël. Critique à l’égard de la politique menée depuis 2009 par les conservateurs, le leader de Yesh Atid se prononce en faveur d’une solution à deux États - tout en refusant un partage de Jérusalem et le démantèlement des blocs de colonies en Cisjordanie - et d’une relance des pourparlers de paix avec les Palestiniens. "Ce que nous sommes en train de faire, c’est de transmettre le conflit le plus explosif de nos vies à la prochaine génération", déplore-t-il.

Cet ancien acteur, boxeur amateur, grand amateur d’arts martiaux et père de trois enfants a désormais entre les mains le pouvoir d’infléchir un tant soit peu la tentation ultra-conservatrice de la coalition menée par Benjamin Netanyahou. Interrogé par Reuters avant le scrutin, il n’excluait pas de participer au gouvernement aux côtés des partis religieux et nationalistes. "Je serai content d’avoir ma part", avait-il simplement indiqué.

Première publication : 23/01/2013

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