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Afrique

L'aviation française bombarde des positions d'Aqmi à Tombouctou

© AFP

Vidéo par Serge Daniel

Texte par Dépêche

Dernière modification : 23/01/2013

L'armée française a mené des raids aériens à Tombouctou, au Nord-Mali, visant notamment un centre de commandement d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), et détruisant le palais de l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, QG des islamistes.

L'aviation française a visé un "centre de commandement" d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) à Tombouctou, ville du nord-ouest de Mali, pays vers lequel les Etats-Unis ont annoncé avoir commencé à transporter troupes et équipements français.

A New York, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a salué mardi l'intervention "courageuse" de la France au Mali, mais il a aussi réitéré ses craintes concernant l'impact de l'opération sur les civils et les droits de l'homme.

Sur le terrain, la France s'est attaquée directement à Aqmi, le plus important des trois groupes islamistes armés qui occupent le nord du Mali, en frappant plusieurs cibles, dont "un centre de commandement des terroristes" près de Tombouctou, selon des sources concordantes françaises.

Cliquez pour agrandir la carte

Le palais que l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi s'était fait construire à Tombouctou, qui servait de QG aux islamistes, a notamment été détruit par ces frappes aériennes, selon des habitants et une source de sécurité malienne.

Un élu de la région de Tombouctou, Mohamed Ould Lemine, a confirmé: "Le palais de Kadhafi a été bombardé par les Français. C'était le quartier général des islamistes. Leurs provisions en carburant et en armes ont été détruits. L'endroit a même pris feu".

Lundi, le porte-parole de l'armée française s'était borné à confirmer des frappes aériennes françaises "à la périphérie" de Tombouctou.

Tombouctou, à 900 km au nord-est de Bamako, est une ville-phare de la culture musulmane en Afrique, classée au patrimoine mondial de l'humanité. Les jihadistes y ont détruit à plusieurs reprises d'anciens mausolées de saints musulmans et s'y sont livrés à des exactions (lapidations, amputations).

La France a dans le même temps bénéficié d'un soutien supplémentaire de la part des Etats-Unis: "A la demande du gouvernement français, nous avons commencé à affréter par les airs de l'équipement et du personnel de la France vers le Mali", a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'armée américaine, sans autre précision.

Washington, qui fournit déjà une aide en matière de renseignements à l'intervention française, avait annoncé la semaine dernière qu'elle mettrait prochainement à la disposition de la France des avions de transports, excluant toutefois l'envoi de troupes.

A Gao et Tombouctou dans moins d'un mois

De son côté, la représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a assuré mardi que L'UE était "très favorable aux actions de la France au Mali" et voulait "jouer un rôle actif" pour résoudre la crise.

Plus de 2.150 soldats français sont déjà déployés au Mali, un chiffre qui va augmenter dans les prochains jours.

Onze jours après le début de l'intervention française qui a donné un coup d'arrêt à la progression des islamistes vers le Sud, le général Ibrahima Dahirou Dembélé, chef d'état-major de l'armée malienne a estimé que la "libération" de Gao et Tombouctou pourrait "ne pas prendre plus d'un mois".

Une colonne de soldats tchadiens et nigériens doit notamment se diriger vers Gao depuis Niamey, ouvrant un nouveau front face aux islamistes.

"Cette guerre injuste, qui nous est imposée par des terroristes et des trafiquants (...), nous la gagnerons", a lancé mardi le président du Niger, Mahamadou Issoufou, devant le contingent de soldats nigériens cantonné non loin de la frontière malienne.

Gao (1.200 km de Bamako) et Tombouctou sont contrôlées depuis plus de neuf mois par des groupes islamistes armés.

Mardi matin, des soldats maliens parcouraient les rues de Diabali, à 400 km au nord de Bamako, comme ils l'avaient fait la nuit précédente, a constaté un journaliste de l'AFP.

Comme annoncé, les soldats français, qui avaient aidé lundi les Maliens à reprendre Diabali tombée au mains des islamistes le 14 janvier, se sont retirés de la localité dans la soirée.

L'armée française semble réticente à stationner dans les villes: une fois reprises aux islamistes, elle préfère en laisser le contrôle à l'armée malienne.

Plusieurs sources ont fait état d'un repli des islamistes vers Kidal (extrême nord-est), à 1.500 km de Bamako, près de la frontière algérienne.

De nouveaux pays ont répondu aux demandes d'aide logistique et financière de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour le déploiement d'une force au Mali qui, à terme, sera composée de quelque 6.000 soldats africains.

La Côte d'Ivoire s'est engagée à fournir un "bataillon logistique" de 500 hommes, dont une partie seulement seront envoyés au Mali.

Rompant avec la quasi-unanimité de la communauté internationale, le président égyptien Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, s'est prononcé lundi contre l'intervention au Mali, "de nature à alimenter le conflit dans la région". Paris a estimé mardi que cette position était "manifestement minoritaire".

Mais Mahmoud Dicko, président du Haut Conseil islamique du Mali (HCIM), principale organisation islamique d'un pays à 90% musulman, a estimé que l'intervention de la France n'était "pas une agression contre l'islam".

En France, le député UMP (droite, opposition) Pierre Lellouche a estimé dans Le Parisien que l'intervention de Paris au Mali relèvait de "l'improvisation".

"Aujourd'hui, nous sommes dans l'improvisation. Il n'y a pas de coalition pour aider la France. Les Européens ne se pressent pas pour nous soutenir. C'est un peu comme si on allait en Afghanistan tout seuls", assure l'ancien secrétaire d'Etat aux affaires européennes.

AFP


Première publication : 23/01/2013

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