Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Albert Ebossé : Une contre autopsie du joueur camerounais conclut à un assassinat

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Russie: il ne faut pas pas vendre la peau de l'ours

En savoir plus

L'INVITÉ DE L'ÉCO

Retour à la terre, avec le paysan-philosophe Pierre Rabhi

En savoir plus

POLITIQUE

France : "La principale opposition au gouvernement, c’est le groupe socialiste !"

En savoir plus

POLITIQUE

France : "On est dans une séquence du quinquennat très difficile"

En savoir plus

FOCUS

Journée internationale des migrants : l'Italie confrontée à de plus en plus d'enfants

En savoir plus

FACE À FACE

Discours sur l'immigration : François Hollande à la reconquête de la gauche ?

En savoir plus

À L’AFFICHE !

L'œuvre lumineuse d'Olafur Eliasson éclaire la Fondation Louis Vuitton

En savoir plus

SUR LE NET

La Toile indienne affiche sa solidarité avec le Pakistan

En savoir plus

Economie

Antigua-et-Barbuda, futur havre pour téléchargeurs invétérés ?

© Fdecomite/Flickr

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 25/01/2013

Très remontée contre les États-Unis, l’île d’Antigua-et-Barbuda serait sur le point de lancer un site pour télécharger films, livres, musiques et autres produits américains sans payer les droits d’auteur. Elle juge que l'OMC lui en donne le droit.

Vengeance ou moyen de pression contre les États-Unis ? Antigua-et-Barbuda s’apprêterait à lancer une offensive contre l’un des chevaux de bataille les plus chers aux entreprises américaines : le droit d’auteur. Selon le site américain spécialisé dans le téléchargement Torrentfreak, la petite île des Antilles devrait bientôt mettre en ligne un site où il sera possible de télécharger - contre un modeste abonnement mensuel -  films, musiques et autres programmes informatiques américains en toute légalité... Du moins d’après les autorités de ce pays.

“Rien ni personne ne peut nous empêcher de faire ça”, a assuré à Torrentfreak Mark Mendel, le procureur d’Antigua-et-Barbuda, sans pour autant vouloir rentrer dans les détails de ce Megaupload national. Antigua-et-Barbuda s’apprête d’ailleurs à soumettre ce projet à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) lundi 28 janvier, selon le site de la chaîne de télévision britannique BBC.

Difficile à croire ? Pourtant, l’OMC pourrait donner son aval à un tel site présenté officiellement comme permettant de pirater des œuvres américaines protégées par le droit d’auteur... À condition qu’il soit mis en place par Antigua-et-Barbuda. L’île a en effet obtenu en 2007 un beau cadeau de l’OMC. L’organisation avait alors autorisé ce petit pays à ne pas payer de droits d’auteur américains à hauteur de 21 millions de dollars par an. Certes, elle ne pensait probablement pas qu’Antigua-et-Barbuda s’en revendiquerait pour se transformer en havre pour téléchargeurs invétérés, mais, pour Mark Mendel, la décision de 2007 “vaut approbation de l’OMC” de son projet.

Ce portail de téléchargement qui serait, d’après Torrentfreak, en gestation depuis plusieurs mois ressemble en fait à une vengeance longuement mûrie. L’île juge en effet les États-Unis responsables de l’effondrement de tout un pan de son économie : le pari à distance (en ligne et par téléphone). Au début des années 2000, Washington avait interdit aux sociétés de pari d’Antigua-et-Barbuda de proposer leurs services à des clients américains.

Les États-Unis pas contents

Conséquence directe : un secteur qui, à la fin des années 1990, rapportait 7,1 millions de dollars annuels à l’État, représentait 10 % du PIB et offrait du travail à 3000 personnes a quasiment disparu de la surface de l’île. En 2003, lorsque le petit pays saisit l’OMC de cette querelle commerciale, le secteur n’emploie plus que 500 personnes et ne génère plus qu’1,1 million de dollars.

La bataille qui a duré quatre ans devant l’Organisation mondiale du commerce s’est achevée par une victoire du David d’Antigua-et-Barbuda contre le Goliath américain, condamné pour entrave aux règles internationales du libre-échange. C’est au terme de cette procédure que l’OMC a accordé cette autorisation de suspendre le versement de droits d’auteur aux États-Unis, décision à l’origine du projet de site de piratage.

Une initiative prise au sérieux par les États-Unis. Dans une lettre remise à l’OMC, les autorités américaines ont condamné ce projet de “piratage sanctionné par un État” et préviennent qu’une telle initiative “ne serait pas dans l’intérêt d’Antigua-et-Barbuda”. Une menace à peine voilée pour ce petit État dont l’économie doit beaucoup aux États-Unis.

L’île a d’ailleurs conscience de cette situation de dépendance. Elle avait déjà menacé, en 2008, d’ouvrir ses ports aux téléchargeurs de tous les pays sans passer à l’acte, comme le rappelle le site français spécialisé dans les nouveaux médias Numérama. L’arme du nouveau site pourrait aussi bien servir dans les négociations pour obtenir des États-Unis qu’ils paient une compensation financière suite à l'effondrement du secteur du pari en ligne.

Première publication : 25/01/2013

  • INTERNET

    Kim Dotcom veut une "Mega" victoire sur les autorités américaines

    En savoir plus

  • INTERNET

    La justice française démantèle un vaste réseau de téléchargement illégal

    En savoir plus

  • INTERNET

    L'Hadopi publie un rapport sur l’économie du piratage en France

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)