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Amériques

John Kerry passe son grand oral

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Gaëlle LE ROUX

Dernière modification : 25/01/2013

Successeur d'Hillary Clinton au département d'État, John Kerry a passé jeudi son grand oral devant la commission des Affaires étrangères du Sénat. Il a notamment abordé les questions de l’Iran, du Proche-Orient et de la Chine.

John Kerry, nommé fin décembre au secrétariat d’État par le président américain Barack Obama, a dévoilé son programme de politique étrangère, jeudi, devant une commission du Sénat. La chambre haute du Congrès des États-Unis doit entériner sa nomination mardi prochain.

John Kerry, très à l’aise parmi ses pairs avec lesquels il travaille depuis 29 ans, a ouvert son audition sur une note fantaisiste étonnante pour cet exercice d’ordinaire emprunt de gravité : "Je ne veux pas influencer vos questions, mais laissez moi vous dire que je n’ai jamais vu une assemblée aussi distinguée dans ma vie", a-t-il déclaré, déclenchant les rires de l’assistance.

John Kerry, héros du Vietnam

Dans les années 1960, John Kerry s'engage dans la Navy et combat au Vietnam, où il se rend à deux reprises. Il est décoré de la Silver Medal et de la Bronze Star Medal. De retour aux États-Unis, il devient l'un des militants les plus en vue du mouvement contre la guerre au point de témoigner, en 1971, devant la commission des Affaires étrangères du Sénat. Des attaques ciblées du camp républicain portant sur cette période de sa vie lui ont, en partie, coûté la Maison Blanche lors de la présidentielle de 2004.
 

Candidat malheureux à la présidentielle de 2004, ce fils de diplomate âgé de 69 ans, diplômé de sciences politiques à la prestigieuse université de Yale, se targue d’avoir "le Sénat et la diplomatie dans le sang".

Défavorable à l’interventionnisme à tout-va

Auditionné quatre heures durant, l’actuel sénateur démocrate du Massachusetts s’est clairement positionné contre un interventionnisme à tout-va sur les théâtres extérieurs. Une position dans la droite ligne de la politique de désengagement menée par Barack Obama, marquée par le retrait des troupes d’Afghanistan et son refus d’intervenir en Syrie ou au Mali.

"La politique extérieure américaine ne se définit pas seulement par ses drones et ses soldats déployés [à l’étranger, NDLR]", a d’entrée déclaré le successeur d’Hillary Clinton. Tout en réaffirmant privilégier la solution diplomatique avec l’Iran, il a prévenu que Washington ferait "tout" pour empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire.

Sur la question israélo-palestinienne, John Kerry s’est engagé à maintenir la pression pour relancer le processus de paix au point mort depuis 2010. "Nous devons essayer de trouver un moyen d'avancer et je continue à croire qu'il y a une possibilité, a-t-il déclaré devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, qu’il présidait jusqu’à récemment. "Mais je suis aussi convaincu que si nous n'y parvenons pas, la [...] possibilité d'une solution à deux États pourrait se refermer pour tout le monde, et ce serait désastreux de mon point de vue."

La Chine, "un concurrent économique"

Cet expert des relations internationales a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de "poursuivre le renforcement" des liens entre les États-Unis et la Chine. Il compte ainsi poursuivre la politique menée depuis quatre ans par Barack Obama, qui a fait du "pivot" vers l'Asie-Pacifique et la Chine la pièce maîtresse de sa politique étrangère.

Le prochain chef de la diplomatie américaine s’est engagé à considérer la Chine "comme un concurrent économique et non comme un adversaire stratégique" axant sa politique sur une meilleure "coopération" entre Pékin et Washington sur les grands dossiers internationaux.

Plus novateur, John Kerry a fait de la "question vitale du changement climatique" une de ses priorités, faisant écho aux promesses faites par Barack Obama au cours de son discours d’investiture le 21 janvier. Puis, s’attirant les applaudissements des républicains, il a milité en faveur d’un assainissement de l’économie américaine : "La politique étrangère et la politique économique ne font qu'un", a-t-il martelé. "Il est urgent que nous montrions aux peuples du monde entier que nous pouvons gérer nos affaires de manière efficace et opportune."

Avec dépêches

Première publication : 25/01/2013

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