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EUROPE

Les employés du métro d'Athènes forcés à mettre un terme à la grève

© AFP

Texte par Dépêche

Dernière modification : 25/01/2013

Le gouvernement grec a mis fin vendredi au mouvement de grève des employés du métro d'Athènes qui paralysait la capitale depuis neuf jours. Pour interrompre le conflit social, les autorités ont menacé les manifestants d'une peine de prison.

Le métro d'Athènes a rouvert vendredi, au neuvième jour d'une grève-test contre des coupes salariales et l'austérité, à laquelle le gouvernement a mis fin en recourant à la manière forte, a indiqué le ministère du Développement.

"Les premières rames ont recommencé à rouler, le rythme est encore un peu ralenti mais la situation est en train de se normaliser", a indiqué à l'AFP une source du ministère.

Selon lui, la police, qui a commencé à distribuer dans la matinée des ordres de réquisition aux quelque 2.500 employés de la société gérant le métro, mais aussi le tramway et le train électrique reliant les banlieues nord au port du Pirée, ne s'est heurtée à aucune résistance.

"Nous sommes bien obligés de reprendre le travail, sinon c'est la porte", a déclaré à l'AFP un responsable syndical du métro, Thomas Zaharis. Selon une source judiciaire, les réfractaires s'exposeraient aussi à être arrêtés en flagrant délit.

Le gouvernement a recouru jeudi soir à la réquisition, une mesure dénoncée comme antidémocratique par les syndicats et l'opposition, face à l'enlisement d'un conflit testant sa détermination à mettre en oeuvre de nouvelles mesures de rigueur, comme l'exigent les bailleurs de fonds du pays, l'Union européenne et le Fonds monétaire international.

Les autorités ont aussi envoyé à l'aube quelque 300 policiers anti-émeute pour reprendre le contrôle du principal dépôt du métro, dans la banlieue populaire de Sépolia, où s'étaient retranchés des dizaines de grévistes. L'intervention a été menée sans incidents notables, et quatre personnes interpellées ont été relâchées.

Moins de 500 personnes, surtout des responsables syndicaux et militants de l'opposition de gauche, ont répondu à la mi-journée à un appel à manifester devant le dépôt, qui restait surveillé par un fort cordon policier, selon une journaliste de l'AFP.

Une manifestation de tous les personnels des transports publics prévue dans le centre d'Athènes a, dans la foulée, été annulée, selon des sources syndicales.

Le conflit était le premier aussi long depuis la mise en route du métro d'Athènes au début des années 2000.

Bravant dans un premier temps l'ordre de réquisition, les syndicats de tous les transports en commun d'Athènes avaient riposté jeudi en décrétant un "black out" total pour vendredi.

Seuls bus et trolleys, non concernés par l'ordre de réquisition, devaient finalement poursuivre la grève vendredi. Les syndicats des bus ont aussi annoncé des grèves reconductibles jusqu'à mardi compris. Avant que ne soit donné l'ordre de réquisition, un arrêt général de tous les transports publics de la capitale avait été programmé pour le jeudi 31 janvier.

Échaudés par plus d'une semaine d'embouteillages monstres, les Athéniens ont, pour leur part, souvent choisi de rester chez eux.

Le Premier ministre conservateur, Antonis Samaras, avait signifié jeudi soir qu'il ne reculerait pas face aux revendications des grévistes.

"Le peuple grec a fait d'énormes sacrifices, je ne peux pas autoriser d'exceptions (...) les transports publics n'appartiennent pas aux corporations", a affirmé M. Samaras

Il a reçu le soutien de son allié socialiste, Evangélos Vénizélos, mais son troisième partenaire gouvernemental, le petit parti de gauche modérée Dimar, a exprimé son "désaccord".

La principale centrale syndicale du pays, GSEE, qui revendique un million d'adhérents, a annoncé qu'elle allait "accélérer" l'organisation d'une nouvelle grève générale contre la rigueur prévue en février.

Bénéficiant jusque-là d'avantages salariaux, les personnels des transports publics contestent leur alignement prévu sur la grille générale des salaires, imposée dans le secteur public, avec une révision générale à la baisse, dictée par les plans de rigueur.

Le gouvernement affirme, de son côté, n'avoir aucune marge de manoeuvre sur les engagements pris par le pays en échange de son sauvetage financier.

AFP

Première publication : 25/01/2013

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