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Asie - pacifique

In Amenas : le Japon rapatrie les corps de ses victimes

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 25/01/2013

Les corps de neuf Japonais décédés lors de la prise d'otages du site gazier algérien d'In Amenas, la semaine dernière, ont été accueillis avec émotion, ce vendredi, au Japon. Sept rescapés nippons de l'attaque ont également atterri à Tokyo.

Le Japon a accueilli vendredi matin avec une grande émotion sept rescapés de la tuerie algérienne d'In Amenas, ainsi que les corps de neuf victimes japonaises, et se demande pourquoi il paye un tel tribut au terrorisme islamique.

Un avion gouvernemental japonais, parti d'Alger jeudi avec les survivants et victimes décédées de la prise d'otages perpétrée la semaine dernière par des islamistes lourdement armés, s'est posé vendredi matin à Tokyo à 06H48 (jeudi 21H48 GMT), a constaté l'AFP.

L'appareil spécial a atterri à l'aéroport de Tokyo-Haneda, avec également à bord un vice-ministre des Affaires étrangères, Shunichi Suzuki, et le patron de l'entreprise JGC dont 10 des 17 salariés Japonais en Algérie ont péri dans l'attaque violente d'un site gazier du Sahel algérien. Le corps du 10e tué sera rapatrié ultérieurement.

Vêtus de noir, des dirigeants JGC et autres proches des victimes ont déposé des gerbes de fleurs sur les chariots portant des conteneurs recouverts de blanc dans lesquels reposent pour le moment les corps des ex-otages. Ils devraient être autopsiés par les services de la police japonaise afin de déterminer les causes exactes de leur mort.

Le ministre des Affaires étrangères, Fumio Kishida, son vice-ministre Shunichi Suzuki, le PDG de JGC Koichi Kawana étaient au pied de l'avion.

Une réunion était prévue dans la matinée à la résidence du Premier ministre Shinzo Abe ainsi qu'une conférence de presse de M. Kawana au siège de JCG, à Yokohama, en banlieue de Tokyo.

Le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga devrait communiquer officiellement les identités des dix Japonais morts dans la tuerie.

Le décès des sept premiers avait été annoncé lundi alors que le Japon était sans nouvelles de dix de ses ressortissants sur les dix-sept qui se trouvaient sur le site gazier d'In Amenas, tous salariés de l'entreprise japonaise de construction de sites énergétiques JGC.

Mercredi, le gouvernement avait annoncé deux nouveaux décès, portant le bilan provisoire à neuf. La mort d'un dixième Japonais avait été confirmée jeudi, après le décollage de l'avion pour le Japon, grâce à une bague qui portait des initiales et des chiffres.

Au siège de JGC, à Yokohama, près de Tokyo, les hommages se multiplient, et de nombreuses personnes viennent déposer des fleurs blanches, choquées par le bilan, le plus grave depuis les attentats à New York le 11 septembre 2001 dans lesquels avaient péri 24 Japonais.

Les témoignages des sept survivants sont attendus par les autorités qui veulent comprendre dans quelles circonstances sont décédés des Japonais "qui se dévouaient pour leur travail", selon les mots du Premier ministre pour qui un tel acte terroriste est "absolument impardonnable". Il s'était en outre indigné du fait que l'armée algérienne ait donné l'assaut sans concertation avec les pays concernés, la priorité devant, selon lui, être donnée à la vie des otages.

Le Japon paye, avec 10 ressortissants tués, un des plus lourds sinon le plus lourd tribut, une épreuve d'autant plus dure qu'il se sent étranger aux raisons de ces actions. Les islamistes disent avoir agi en représailles à l'intervention de l'armée française au Mali voisin.

Les diplomates japonais dépêché à Alger ont demandé aux autorités algériennes d'assurer la sécurité de tous les ressortissants nippons qui travaillent toujours en Algérie.

Surpris et choqué par cette tragédie, le gouvernement du Japon, qui a fermé temporairement son ambassade au Mali par sécurité, envisage d'augmenter le nombre d'attachés militaires des représentations japonaises à l'étranger pour renforcer la capacité du pays à recueillir des informations.

Les autorités nippones avouent avoir eu d'énormes difficultés à obtenir des informations fiables sur ce qu'il se passait en Algérie et ensuite sur le sort de ses ressortissants pris dans ce drame qui restera dans la mémoire collective japonaise comme un des pires après les attentats de New York le 11 septembre 2001 où avaient péri 24 Japonais.

AFP

Première publication : 25/01/2013

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