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FRANCE

Pilules de 3e et 4e génération : l'affaire prend de l’ampleur

© AFP

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM

Dernière modification : 28/01/2013

Jeudi 24 janvier, quatorze nouvelles plaintes ont été déposées contre autant de pilules contraceptives de marques différentes. Ces démarches judiciaires sont-elles le symptôme d'une crise de panique ou le révélateur d’un risque sous-estimé ?

Elle n’en finit plus de faire parler d’elle. La pilule contraceptive est une nouvelle fois au cœur des débats. Sur le banc des accusés, les contraceptifs de troisième et quatrième génération.

En décembre 2012, quand Marion Larat porte plainte pour "atteinte involontaire à l’intégrité de la personne humaine" contre le laboratoire Bayer qui commercialise la pilule contraceptive "Mediane", sa démarche est une première en France alors qu’aux États-Unis et ailleurs, le laboratoire fait déjà l’objet de plusieurs plaintes. Handicapée à 65 % depuis un accident vasculaire cérébral imputé à la prise de la pilule, elle poursuit également le directeur de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Une seconde plainte a été déposée début janvier.

Jeudi 24 janvier, quatorze nouvelles plaignantes se manifestent, contre autant de

La pilule 3e génération, c'est quoi ?

Mises sur le marché dans les années 1980, les pilules de 3e génération sont censées éviter certains effets secondaires tels que l'acné et la prise de poids, notamment grâce à leur dosage plus faible en œstrogène et plus fort en gestodène et désogestrel.

C’est aujourd’hui la présence de ces deux autres molécules qui est pointé du doigt. Selon la Haute autorité de santé (HAS) aucune étude n'a jusqu'à présent démontré que les pilules de 3e génération avaient un intérêt clinique supplémentaire par rapport aux pilules de 2e génération. À elles seules, pourtant, les pilules de 3e génération représentent 50% des contraceptifs utilisés.

Les supprimer n’est pas envisageable car "les pilules de 3e génération conviennent à une catégorie de femmes ne supportant pas les contraceptifs de 2e génération", rappelle Nathalie Bajos, chercheuse à l'Inserm.

 

pilules de marques différentes, presque toutes de troisième ou quatrième génération. Cinq laboratoires dont Bayer, Schering, Merck et Pfizer sont concernés, a précisé l’avocat de l’une des plaignantes, Jean-Christophe Coubris. Il prévoit de déposer encore "au moins une centaine de plaintes courant février".

Un "effet Mediator"

L’affaire promet donc de prendre encore plus d’ampleur. Contactée par France 24, l’ANSM ne voit pas là le signe que le risque lié à la pilule avait été sous-estimé. "On est vraiment dans le biais de notoriété", estime l’attachée de presse. Pour elle, c’est le "traitement médiatique de cette question qui a permis à ces femmes de faire un lien entre leurs symptômes, dont l’imputabilité reste à prouver, et la prise de pilule, et qui les a poussées à entamer des démarches judicaires".

Or, ce n’est pas la première fois que les laboratoires pharmaceutiques se retrouvent sous le feu des projecteurs. "Depuis l’affaire du Mediator on a remarqué que l’acuité médiatique est extrême", relève l’attachée de presse de l’ANSM qui compare la situation présente à celle qu’elle a pu observé lors du scandale des prothèses mammaires PIP. Même emballement médiatique, même mobilisation des patients et de leurs avocats.

Bernard Hédon est gynécologue et président du Collège national des gynécologues obstétriciens français. Contacté par FRANCE 24, il livre une analyse similaire. "Ces plaintes – concernant les pilules de dernières générations- sont également le résultat de l’emballement médiatique autour de cette question", observe-t-il. "Le scandale du sang contaminé, des prothèses PIP, du Mediator, créent tous des précédents qui génèrent une ambiance de suspicion et un climat de panique également". Il ne manque pas de relever, par ailleurs, que les avocats des plaignantes dans le cas de la pilule sont pour certains les mêmes que ceux qui ont instruit l’affaire du Mediator.

Plus encore, selon le médecin, ce "climat de panique" est en partie responsable d’une "forme d’hyperréactivité des pouvoirs publics". "Je prends, par exemple, la décision du déremboursement des pilules de troisième génération, qui en tant que telle est réfléchie, mais dont l’annonce a augmenté la panique, car le moment n’était pas bien choisi", observe Bernard Hédon.

Les cas d’effets indésirables trop peu rapportés

Ces démarches judiciaires viennent toutefois relayer des critiques de plus en plus nombreuses contre les pilules contraceptives de 3e et 4e génération. L'Agence du médicament avait lancé plusieurs alertes dans le passé sur les risques thrombo-emboliques liés à la prise de ces pilules, utilisées aujourd'hui par 1,5 à 2 millions de femmes en France. L'Agence avait préconisé qu'elles ne soient prescrites qu'en second recours.

Reste que les cas d’effets indésirables ne sont que très rarement rapportés aux autorités sanitaires. Selon une étude publiée le 21 janvier par le "Figaro", au moins 47 accidents cardio-vasculaires graves, dont deux décès potentiellement liés à la prise d'une pilule contraceptive, ont été répertoriés en l'espace de 14 ans dans un seul et même centre hospitalier. Sur ces 47 cas, seuls trois ont été déclarés aux autorités compétentes dont aucun décès. L'ANSM, qui a bien pris connaissance de l’étude, reconnaît d’ailleurs qu'elle confirme l'existence d'une "très importante sous-notification".

"Mais ce n’est pas propre à la pilule contraceptive", tient à souligner l’attachée de presse. "Cela ne fait qu’un an et demi que l’ANSM a ouvert aux patients la possibilité de remonter les effets indésirables. Avant, seuls les professionnels de santé et les laboratoires pharmaceutiques pouvaient le faire", explique-t-elle. "En somme, on sait déjà que les déclarations que nous avons sur d’éventuels risques et effets indésirables sont inférieures à la réalité", poursuit-elle, tout en précisant que ces observations sont vraies pour tous les médicaments.

Peut-on en déduire alors que la fréquence et l’ampleur des effets indésirables survenus aient été sous estimées ? Une hypothèse que Bernard Hédon réfute. "Le risque thrombo-embolique est connu et reste le même : il est de 4/10000 pour les femmes sous pilules de dernières générations, et demeure inférieur à celui observé chez les femmes enceintes", rappelle-t-il.

Dans cette affaire, il invite à la "mesure". Pointant du doigt "ceux qui contribuent à alimenter un climat de panique", il met en garde contre le "risque d’ostraciser la pilule", qui pourrait avoir des effets négatifs en faisant notamment exploser le nombre de grossesses non désirées. Et de conclure : "Il ne faut pas se méprendre, la pilule reste une avancée majeure, même si on doit travailler à en améliorer l’innocuité".

Première publication : 25/01/2013

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