Dernière modification : 27/01/2013 

- Djihad - France - Médias - Syrie


Le djihad d'un Français s'achève dans une geôle syrienne

Le djihad d'un Français s'achève dans une geôle syrienne
© AFP

Bouleversé par la crise syrienne, un Marseillais de 50 ans, Djamel Amer al-Khedoud, a tout quitté pour combattre le régime de Bachar al-Assad aux côtés des rebelles. Jouant de malchance, le Français a été arrêté et emprisonné en Syrie.

Par Dépêche (texte)
 

Bouleversé par les reportages télévisés, Djamel Amer al-Khedoud, un Français de 50 ans, a quitté Marseille (sud) pour aller combattre le régime en Syrie mais jouant de malchance, il a d'abord atterri dans une station balnéaire turque avant de terminer dans une prison en Syrie.

Portant une longue barbe blanche et vêtu d'une jellabiyé (robe masculine) grise, amaigri, cet homme, qui a enchaîné toute sa vie des petits boulots, a cru à 50 ans avoir découvert sa vocation: mener le jihad en Syrie.

Voulant démontrer le rôle pernicieux des médias arabes qui leur sont hostiles, les autorités ont permis à un journaliste de l'AFP de le rencontrer dans un centre de détention à Damas.

"Je suis un musulman, un salafiste modéré, et comme tout le monde, je regarde la télévision. Sur (les chaînes arabes) Al-Jazeera et Al-Arabiya, j'ai vu ce que subissaient mes frères en Syrie, surtout les enfants. J'en pleurais tellement cela me faisait mal", raconte Djamel, né à Blida en Algérie et arrivé en France à 19 ans --il possède d'ailleurs les deux nationalités.

Puis un jour, il décide qu'il doit aller les défendre. "J'ai pris mon courage à deux mains, et je suis parti, tout seul, en Turquie", poursuit ce père de six enfants, grand-père d'un petit garçon. Il raconte ses mésaventures, en présence du chef de la prison qui ne semble pas comprendre le français.

Comme il ne connaît rien à la géographie, il confond Antalya, sur la côte turque, avec Antakya, point de passage pour la Syrie. Il prend alors un bus pour relier ces deux villes.

C'est là qu'il découvre, sur internet, l'existence d'un camp de réfugiés syriens dans le village de Yayanari, à une quinzaine de kilomètres de là. Il y subit un entraînement rudimentaire.

"On faisait surtout de la marche à pied et on tirait quelquefois avec un fusil de chasse". Il y reste deux mois puis, fin mai, c'est le grand départ pour mener la guerre sainte.

"Un rêve évanoui"

La Turquie, qui a pris fait et cause pour la rébellion, laisse ouverte sa frontière à qui veut combattre le régime syrien. Damas a d'ailleurs accusé son voisin d'avoir laissé pénétrer des jihadistes de différentes nationalités.

"Une nuit, on m'a donné une kalachnikov et nous sommes entrés en territoire syrien", confie-t-il. Toutefois son exaltation retombe vite car en deux semaines, il change deux fois de village, mais il ne se passe rien, hormis le fait de courir vers la forêt à l'approche des hélicoptères.

Il ne retrouve pas les horreurs qu'il a vues à la télévision et voit s'évanouir son rêve d'être le protecteur du peuple. Désoeuvré, il passe ses journées à l'intérieur d'une maison. Peut-être en raison de son âge et de son manque d'expérience militaire, les membres de son groupe ne lui offrent même pas de les accompagner dans leurs missions nocturnes.

Amer et désemparé, il décide de regagner la Turquie puis la France. "J'ai rendu mon arme, pris mon sac à dos et j'ai quitté le groupe pour rejoindre seul la Turquie. C'est en chemin que j'ai été arrêté par des hommes armés habillés en civil et conduit en prison", ajoute-t-il.

Il est transféré le 2 juin dans le centre de détention de Damas, après avoir été détenu une dizaine de jours dans celui d'Alep. Selon le directeur de la prison, il devrait être présenté bientôt à la justice. Djamel dit qu'on l'accuse d'entrée illégale en Syrie en possession d'une arme. Il ignore la peine qu'il encourt car il n'a vu aucun avocat et le Comité international de la Croix Rouge (CICR) n'a jamais visité cette prison.

"Je n'ai pas dit grand chose à ma famille, juste au revoir. Je ne suis pas sûr qu'elle sache que je suis en prison, mais peut être savent-ils que je suis en Syrie", avoue-t-il.

"Je veux leur dire que je les embrasse très fort, qu'ils me manquent beaucoup", poursuit-il avant d'éclater en sanglots.

 

AFP

En savoir plus
Réagissez à cet article
Commentez cette article en tapant votre message dans la zone de texte. Le nombre de caractères est limité à 1500 ou moins.
(17) Réactions

Le régime syrien vient de

Le régime syrien vient de faire comprendre à F.Hollande qu'ils sont un otage français dans leur prison.

Il n'y a pas d'age pour

Il n'y a pas d'age pour s'indigner, pas d'age pour rever, pas d'age pour se tromper. Mais il y a un age de raison de M. Djamel Amer al-Khedoud semble avoir manqué.
@Bruno, apres plusieures relectures, j'avoue n'avoir toujours pas vraiment compris votre poste. Il est vrai que la situation est tellement confuse que l'on ne sait plus qui et quoi denoncer pour accuser l'Occident et pour un paranoiaque comme vous ca doit etre stressant!

A mon avis il cherchait une

A mon avis il cherchait une façon de mourir comme un guerrier et pas dans un lit d’hôpital. Tout ça pour dire qu'il se cherche une place dans l'histoire du monde ne serais-se pour lui même. Mais la réalité de la guerre est bien différente de ce qu'on peux s'imaginer avec un livre ou devant un écran de télévision.
La guerre est avant tout une lutte de pouvoir. Les gens naïfs sont soit écrasés soit manipulés comme des pantins.

Le régime d'Assad accueille

Le régime d'Assad accueille des journalistes venus rendre visite à un prisonnier français qui par peur et souhaitant être libéré raconte tout ce que ces geoliers lui dictent. Les journalistes relaient la propagande du régime Assad.

Tout est bien qui fini bien,

Tout est bien qui fini bien,
Ce "marseillais de 50 ans, Djamel Amer al-Khedoud, a tout quitté pour combattre le régime de Bachar al-Assad aux côtés des rebelles."
Ce grand malade, est gardé a son tour par d'autres grands malades.
Si tous ces malades, pouvais tous s'enfermer les uns les autres, peut être il y aurait une petite lueur d'espoir de voir le monde un peut plus en PAIX,,,,,
Il n'est pas interdit de rêver.
Eddy

Il a rien d'un djihadiste

Il a rien d'un djihadiste c'est juste un homme qui c'est perdu dans la tempête de l'histoire du monde.

Risible ! Dans ce reportage

Risible ! Dans ce reportage vous semblez vous moquez de ces "pauvres jihadistes"mais à travers eux vous vous moquez de la position criminelle de l'occident qui nie en bloc qui donne raison à bachar et qui finalement démontre la criminaité de l'occident qui s'allie à al qaida mais qui fait la guerre à des touaregs à cause de cette même alliance !!!

 
 
 
Fermer