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Afrique

L’aéroport de Tombouctou aux mains des forces françaises et maliennes

© upyernoz sur Flickr | Photo d'archive de l'aéroport de Tombouctou

Vidéo par Matthieu MABIN , Julien SAUVAGET

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 28/01/2013

L’armée malienne, soutenue par des forces militaires françaises, a pris le contrôle de l’aéroport de Tombouctou, au Nord-Mali, et s’apprête à lancer l’assaut contre les islamistes à l’intérieur de la ville.

L'Union africaine va débloquer 50 millions de dollars pour l'opération militaire au Mali

Le budget nécessaire à la force africaine au Mali s'élève à 460 millions de dollars, selon un projet de déclaration des chefs d'Etat de l'UA, réunis en sommet à Addis Abeba, publié lundi.

L'Union africaine va pour sa part débloquer 50 millions de dollars pour financer le déploiement de cette force, appelée Mission internationale de soutien au Mali (Misma), ainsi que la restructuration de l'armée malienne, selon ce document publié à la veille d'une conférence des donateurs pour le Mali, organisée mardi dans la capitale éthiopienne.

L’aéroport de Tombouctou est désormais sous contrôle des forces maliennes et françaises, a annoncé le capitaine Konaté, tôt lundi 28 janvier. "C’est une étape importante, nous devons continuer à libérer la ville aussi", a renchérit le représentant de l’armée malienne.

C’est après quatre jours et quatre nuits de pistes à travers la brousse malienne depuis Bamako, qu’un raid blindé de 800 hommes est arrivé à Tombouctou. "L’attaque devait être éclair, appuyée par les hélicoptères. Mais les pistes détrempées formaient des pièges pour les véhicules de combat", rapporte Matthieu Mabin, envoyé spécial de FRANCE 24 embarqué avec l’armée française sur le front du Nord-Mali,

L’aéroport de Tombouctou est tombé aux mains des Maliens dans la nuit de dimanche à lundi, sans un coup de feu - "en souplesse, comme disent les militaires", ajoute Matthieu Mabin, "il semble que les frappes aériennes ininterrompues depuis deux semaines ont dissuadé les groupes islamistes d’opposer la moindre résistance."

En doublon des blindés qui enserrent la ville de Tombouctou, l’armée française a largué 250 parachutistes la nuit dernière pour sécuriser l’accès nord de la ville.

Des manuscrits brûlés

Le maire de la ville de Tombouctou rapporte qu’une bibliothèque contenant des milliers de manuscrits a été incendiée par des islamistes il y a quatre jours. Il s’agit du bâtiment Ahmed Baba Institute, récemment construit par des Sud-Africains, précise le maire Halle Ousmane, dans un entretien accordé à l’agence de presse Reuters, par téléphone.

Bataille à l’intérieur de la ville

Ce qui préoccupe le chef de la troupe, c’est ce qui va se passer maintenant au sein des remparts de Tombouctou, explique l’envoyé spécial de FRANCE 24. "À l’intérieur de la ville, les militaires s’attendent à rencontrer des résistances propres aux modes d’opération des djihadistes : des engins explosifs improvisés dissimulés sous la route, des attentats-suicides comme ceux constatés à Gao dans les dernières 48 heures…"

L’armée française craint des tentatives d’attaques menées par des éléments isolés se fondant dans la population. "Les groupes islamistes ont effectué un recrutement local. Ces éléments pourraient jouer le tout pour le tout et sacrifier leur vie, estime Matthieu Mabin. Ces recrues posent un problème aux chefs militaires maliens, qui ont du mal à les distinguer".

"Une opération éreintante pour les soldats"

Hystérie et pillages

Samedi, l’entrée des armées françaises et maliennes à Gao a été accueillie par des scènes de liesse. "Quand nous traversons ces villes libérées, les habitants frôlent l’hystérie en voyant circuler les blindés des armées françaises et maliennes. Ils sortent de leur maison pour brandir des drapeaux et crier 'Mali'. Une libération au sens littéral. Cette population retrouve le goût de la liberté après avoir vécu dans la terreur et sous la contrainte de la charia. Les témoignages sont terribles : ils parlent de sanctions des islamistes qui coupaient les mains des voleurs, des femmes contraintes de se voiler et des hommes à qui on coupait le bas de pantalon", rapporte Matthieu Mabin.

D'autres témoins, contactés par l’AFP, mentionnent des actes de pillage. "Les belles maisons qu'on voit quand on vient de l'aéroport vers la ville ont été pillées parce que les populations disent qu'elles appartiennent à des Arabes trafiquants de drogue", explique ainsi une personne jointe par téléphone satellitaire. Un haut-gradé de l’armée malienne interrogé par l’AFP reconnaît, lui, qu'à Gao "des cas de pillages et d'atteinte aux biens ont été constatés". Ajoutant : "Nous voulons éviter les mêmes scènes à Tombouctou et ailleurs".

Après la libération de Gao, le 27 janvier

Première publication : 28/01/2013

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