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Afrique

Les autonomistes de l'Azawad affirment avoir repris Kidal

© Wikicommons

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 28/01/2013

Des rebelles touaregs du MNLA et des dissidents du groupe islamiste Ansar Dine ont affirmé lundi contrôler Kidal, troisième ville du nord du Mali. Elle aurait été désertée par les rebelles islamistes qui la contrôlaient depuis mars 2012.

Alors que Français et Maliens contrôlent la "Boucle du Niger" et les deux principales villes du nord du Mali, Tombouctou et Gao, tous les regards sont désormais tournés vers le bourg stratégique de Kidal. Troisième ville du Nord, située non loin de la frontière algérienne à l’extrême nord-est du pays, cette capitale régionale est revendiquée par les rebelles touaregs comme par des islamistes.

Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), qui affichait il y a quelques semaines son soutien à la France, ainsi que le Mouvement islamique de l'Azawad (MIA) - une branche dissidente du groupe islamiste Ansar Dine (Défenseur de l’islam) - ont affirmé lundi avoir repris son contrôle. L’information n’était cependant pas confirmée lundi en fin de journée par le ministère français de la Défense. 

Les combattants du MNLA, à majorité touareg, ont dit occuper les deux casernes de Kidal, ainsi que ses différentes entrées et le centre ville. "Nous sommes entrés dans Kidal lundi matin, nous avons placé des check-points à toutes les entrées et quadrillé tous les quartiers ", affirme Moussa ag Acharatoumane, chargé des droits de l’Homme et l’un des membres fondateurs du MNLA, contacté par FRANCE 24.

"Les gens sont sortis dans la rue, les jeunes, les vieux, les femmes, pour se réjouir", a-t-il précisé, assurant également que les chefs de tribus locales sollicitaient depuis plusieurs jours l’aide des Touareg.
 
La ville était aux mains d’Ansar Dine et de son chef chef Iyad ag Ghaly depuis mars 2012. D’après plusieurs sources concordantes, les islamistes auraient néanmoins déserté l’endroit. Selon une source de sécurité malienne citée par l’AFP, les principaux responsables des groupes armés, Iyad Ag Ghaly et l'Algérien Abou Zeid, l'un des émirs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), sont actuellement réfugiés dans les montagnes de la région, où des positions islamistes ont été bombardées samedi par des avions français.
 
Il y a un an encore, le MNLA s’alliait aux islamistes d’Ansar Dine pour lancer une offensive contre plusieurs camps de l’armée malienne dans le nord du pays, mais aujourd’hui, le groupe se dit impliqué dans "la lutte contre le terrorisme" et "prêt à aider l’armée française".
 
"Notre terre, nos populations"
 
Le MNLA dit avoir prévenu l’armée française de ses opérations à Kidal. "Nous avançons en concertation avec l’armée française. On les avait prévenus qu’on allait reprendre Kidal. C’est notre terre, nos populations. Personne ne peut nous empêcher de les protéger", revendique le représentant du MNLA qui affirme que "100 %" de la ville de Kidal est touareg.
 
Contacté par FRANCE 24, le ministère français de la Défense  ne "confirme", ni "n'infirme" cette information, refusant de commenter toute opération en cours. Jusqu'à présent, Paris semble tendre la main aux rebelles touaregs. Sur l'antenne de FRANCE 24 le 22 janvier, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, déclarait : "Les Touareg, quand ils sont dans leur territoire au nord du Mali, sont chez eux et il importe de les respecter et de les considérer aussi comme des Maliens comme les autres."
 
Le représentant du MNLA en Europe, Moussa Ag Assarid, souligne néanmoins les limites de l’amitié entre la France et Mouvement. "Nous ne demandons pas le départ de l'armée française, nous l'approuvons quand elle lance des frappes ciblées. Mais pas quand elle ramène l'armée malienne sur notre territoire, où elle a déjà commis des exactions", pouvait-on lire dans un entretien accordé lundi 28 janvier au Figaro.
 
Tensions avec Bamako
 
Le MNLA, qui affirme vouloir poursuivre sa conquête et reprendre, entre autres, le contrôle de Tessalit, compte protéger les populations touaregs et garder la ville qu’ils ne veulent pas remettre aux forces maliennes.
 
Perçu par Bamako comme le principal responsable de la crise actuelle au Mali, le MNLA se dit prêt à ouvrir des négociations avec le gouvernement. Le mouvement laïc qui exigeait hier l’indépendance de l’Azawad, demande toujours son autodétermination.

 

Première publication : 28/01/2013

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