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EUROPE

Berlusconi loue Mussolini en marge des commémorations de la Shoah

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 28/01/2013

Habitué des provocations, Silvio Berlusconi a suscité un tollé dimanche en affirmant, à l'occasion d'une cérémonie de commémoration de la Shoah, que l'ancien dictateur Benito Mussolini avait fait beaucoup de choses pour l'Italie.

"Les lois raciales représentent la pire faute d’un leader, Mussolini, qui en revanche, a fait de bonne choses dans d’autres domaines", a déclaré dimanche Silvio Berlusconi en marge d’une cérémonie à Milan commémorant la Shoah.

En outre, "l’Italie n’a pas les même responsabilités que l’Allemagne" dans les crimes contre l’humanité commis pendant la Seconde guerre mondiale, a poursuivi le leader du Peuple de la liberté (PLD) en pleine campagne pour les élections législatives des 24 et 25 février prochains.

Des déclarations, réhabilitant la mémoire de Benito Mussolini, au pouvoir en Italie de 1922 à 1943 et allié d’Adolphe Hitler, qui survenaient un jour après que la chancelière allemande Angela Merkel eut estimé, dans un message diffusé sur son site internet, que l’Allemagne avait une "responsabilité permanente dans les crimes du nazisme".

Benito Mussolini (à gauche) et Adolphe Hitler à Munich en 1940

Le régime fasciste de Benito Mussolini a adopté à partir de 1938 une série de mesures connues sous le nom de "lois raciales", qui excluaient, entre autres, les juifs de l'armée et de l'enseignement et limitaient leur droit de propriété. En 1939, le "Duce" signait le "pacte d'acier" avec l'Allemagne nazie. Lors de la Seconde Guerre mondiale, plus de 7 000 hommes, femmes et enfants juifs italiens furent exterminés dans les camps de la mort.

Après avoir présidé aux destinées de l’Italie pendant plus de vingt ans, Mussolini a été destitué et arrêté en 1943 après une succession de défaites italiennes et le débarquement des Alliés en Italie. Libéré par un commando allemand, il a créé la République sociale italienne en Italie septentrionale, dit régime de Salo, une dictature fasciste totalitaire, avant d'être arrêté et fusillé par des partisans en 1945.

Levée de boucliers

Les propos de Silvio Berlusconi sur le "Duce" ont déclenché une virulente levée de boucliers en Italie tant au sein de la communauté juive que dans le milieu politique. "Ces propos sont non seulement superficiels et inopportuns, mais aussi (...) privés de sens moral et de fondement historique", a dénoncé dimanche le président de l'Union des communautés juives italiennes, Renzo Gattegna.

"Les persécutions et les lois racistes antisémites italiennes sont nées bien avant la guerre et ont été appliquées en toute autonomie sous la responsabilité pleine et entière du régime fasciste, par la suite allié et complice volontaire et conscient de l'Allemagne nazie", a-t-il rappelé, estimant que les déclaration du Cavaliere démontrent "à quel point l'Italie a encore du mal à accepter sérieusement sa propre histoire et ses propres responsabilités".

Plusieurs responsables politiques de gauche ont également exprimé leur indignation. "Les déclarations de Berlusconi sont une honte et une insulte à l'histoire et à la mémoire. Qu'il s'excuse aujourd'hui même auprès des Italiens", a réagi dans un tweet le président du groupe du Parti démocratique (PD, gauche) à la Chambre des députés, Dario Franceschini.

Le Cavaliere n'est "ni plus ni moins que la caricature" de Mussolini, a commenté Antonio Di Pietro, leader du parti anti-corruption l'Italie des Valeurs (IDV).

"Il est tout simplement dégoûtant que le jour de la Mémoire, Berlusconi se mette à réhabiliter l'action du dictateur qui a entraîné l'Italie dans la Seconde Guerre mondiale", a dénoncé, pour sa part, Debora Serracchiani, députée européenne du Parti démocrate, dans un communiqué.

Le parti populiste de la Ligue du Nord, membre de la coalition gouvernementale de Berlusconi jusqu'à sa chute en novembre 2011, s'est de son côté montré plutôt embarrassé. "Nous sommes en campagne électorale, je comprends les polémiques mais je ne veux pas les alimenter", a indiqué le secrétaire de la Ligue, l'ancien ministre de l'Intérieur Roberto Maroni.

Avec dépêches

 

Première publication : 28/01/2013

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