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Afrique

L'Égypte sera un "État de droit", affirme Mohamed Morsi

© Photo AFP

Vidéo par Sonia DRIDI

Texte par FRANCE 24 avec dépêches

Dernière modification : 31/01/2013

Alors que deux nouveaux morts ont été signalés, mercredi au Caire, l'opposition a appelé à une réunion d'urgence avec Mohamed Morsi. De son côté, le président égyptien s'est entretenu à Berlin avec Angela Merkel.

En Égypte, le bilan des affrontements qui durent depuis le 24 janvier entre manifestants et policiers est monté à 56 morts, avec deux nouveaux décès mercredi près de la place Tahrir, au Caire.

Par ailleurs, des membres présumés du "Black Bloc", un groupe militant anti-islamiste apparu dans les récentes manifestations, ont été interpellés mercredi au Caire devant les bureaux du procureur général, qui avait ordonné leur arrestation.

Le président islamiste Mohamed Morsi, cible de la colère de nombreux manifestants, avait décrété lundi l'état d'urgence et un couvre-feu de 21h00 à 06h00 dans trois provinces longeant le Canal de Suez théâtres des violences les plus meurtrières. Depuis son instauration, le couvre-feu a systématiquement été bafoué à Port-Saïd, Suez et Ismaïliya.

L'opposition exige une réunion d'urgence

Dimanche soir, Mohamed Morsi avait aussi appelé à un dialogue national, rejeté par la principale coalition de l'opposition, le Front du salut national (FSN), qui l'avait qualifié de "vide de sens" et appelé à manifester vendredi.

Mais le coordinateur du FSN, Mohamed ElBaradei, a infléchi sa position mercredi en appelant à une réunion d'urgence avec M. Morsi, sa formation le Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ, islamiste), les ministres de l'Intérieur et de la Défense ainsi que le courant salafiste, dont un représentant s'est improvisé médiateur.

"L'arrêt de la violence est la priorité", a-t-il ajouté dans un tweet, tout en conditionnant la participation à un "dialogue sérieux" à certaines garanties, au premier rang desquelles "la formation d'un gouvernement de salut national et une commission pour amender la Constitution". Le Front juge que la Constitution, rédigée par une commission dominée par les islamistes et approuvée par référendum, n'est "pas valide".

L'ancien secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, autre figure de proue du FSN, a lui aussi estimé que "la grave situation actuelle" nécessitait d'accepter un dialogue.

Des représentants du FSN se sont réunis dans l'après-midi avec le président du principal parti salafiste Al-Nour, Younes Makhyoun, qui les avait invités à parler de "la détérioration de la situation".

Les discussions vont se poursuivre sur les demandes du FSN, a-t-il dit à la presse. "Une faction seule ne peut assumer la responsabilité de la gestion des affaires du pays", a-t-il dit. "Nous sommes soucieux de l'intérêt général. Nos idéologies diffèrent mais nous sommes les enfants d'un seul pays".

Mohamed Morsi a rencontré Angela Merkel

Entre-temps, le président Morsi s'est entretenu à Berlin avec la chancelière Angela Merkel. Mme Merkel a indiqué à la presse lui avoir demandé de dialoguer avec "les différentes forces politiques", et "que les droits de l'Homme soient respectés".

L'Égypte sera un État de droit qui ne sera dirigé ni par l'armée ni par des religieux mais par un gouvernement dont la composition dépendra de l'issue des élections législatives, a promis le président égyptien.

"L'Égypte est sur le point de parvenir à une saine gouvernance et de devenir un État de droit (...), le régime moderne et civil auquel nous aspirons tous, un État qui ne soit ni militaire ni théocratique, mais institutionnel et civil", a déclaré Mohamed Morsi.

L'étape parisienne de la mini-tournée européenne de Mohamed Morsi, prévue vendredi, a en revanche été reportée. Le président égyptien devait rencontrer François Hollande lors d'un petit déjeuner vendredi matin. Les deux hommes se sont cependant entretenus par téléphone en fin de journée, a-t-on appris de source proche de l'Élysée.

FRANCE 24 avec dépêches

Première publication : 31/01/2013

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