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EUROPE

Corruption : "l'affaire des enveloppes" ébranle le pouvoir espagnol

© AFP

Vidéo par Antoine MARIOTTI

Texte par Gaëlle LE ROUX

Dernière modification : 05/02/2013

Le chef du gouvernement Mariano Rajoy, déjà affaibli par la situation économique de l'Espagne, est éclaboussé par un scandale de corruption. Retour sur "l’affaire des enveloppes" qui discrédite la classe politique au pouvoir.

En quelques jours, la classique petite enveloppe de papier blanc est devenue en Espagne le symbole de la corruption. Elle est désormais agitée quotidiennement sous le nez du chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy. Car ce sont dans ces mêmes enveloppes postales que les  élus et cadres du Parti populaire (PP) au pouvoir - Mariano Rajoy en tête, selon le journal "El Pais" - auraient reçu, dix-neuf ans durant, des "compléments de salaire" venant d’une caisse noire du parti alimentée par des entreprises privées. De l’argent liquide non déclaré, distribué notamment par entreprises de construction pour remercier les élus PP de leurs faveurs politiques, comme l’attribution de contrats publics.

L’affaire commence le 16 janvier, le jour où la justice espagnole révèle l’existence d’un compte en Suisse au nom de l’ancien trésorier du PP, Luis Barcenas. L’homme est poursuivi depuis 2009 dans le cadre de l’affaire Gurtel, une histoire de financement illégal du PP.  Sur ce compte suisse ont transité quelque 22 millions d’euros, pendant les 20 ans où il a géré les comptes du parti politique. Barcenas, également suspecté de cacher de l’argent dans plusieurs paradis fiscaux, affiche par ailleurs un patrimoine immobilier conséquent comptant, entre autre, un chalet à Baqueira, station de ski cossue des Pyrénées espagnoles, une villa à Marbella et un grand appartement à Salamanca, le quartier chic de Madrid…

15 000 euros de "compléments de salaire" chaque mois

Deux jours après la révélation de l’existence du compte en Suisse, le 18 janvier, l’affaire prend une autre dimension et commence à sentir le vinaigre pour les hauts dirigeants du PP. Le quotidien de centre-droit "El Mundo" sort une enquête fracassante, révélant le versement de "compléments de salaire" aux principaux cadres du Parti populaire entre 1990 et 2009. Luis Barcenas y apparaît en chef d’orchestre du mécanisme de corruption : les entreprises lui remettaient l’argent - qu’il stockait dans des boîtes à chaussures - et il se chargeait de le redistribuer mensuellement aux cadres "méritants" dans les fameuses enveloppes. Dans "El Mundo", un cadre du PP résume : "Barcenas n’est pas un maillon de l’affaire Gurtel, comme on a pu le croire. Mais c’est l’affaire Gurtel qui n’est qu’un maillon de l’affaire Barcenas". Pendant près de deux décennies, certains cadres auraient ainsi perçu jusqu’à 15 000 euros chaque mois. La bombe est lâchée, l’affaire Barcenas prend forme.

Immédiatement, le Premier ministre Mariano Rajoy, qui, selon "El Mundo", n’aurait jamais touché à ces enveloppes, réagit. "Si j’ai connaissance d’irrégularités ou de comportements inappropriés qui concernent les militants de mon parti, ma main ne tremblera pas", affirme-t-il le 18 janvier. Le même jour, il diligente deux enquêtes, une interne et une externe, sur les comptes du Parti populaire depuis sa création. La réaction se veut ferme, alors que la cote de confiance des Espagnols à l’égard du monde politique est au plus bas. Mais jeudi 31 janvier, une autre révélation vient ébranler encore un peu plus la classe dirigeante.

L'un des fac-similés des comptes secrets tenus par Luis Barcenas, publiés dans "El Pais".


Rajoy au cœur de la tourmente

"El Pais", quotidien de centre-gauche, publie ce jour-là des fac-similés des comptes secrets tenus par Luis Barcenas. Des listes sur lesquelles apparaissent d’un côté les noms des chefs d’entreprise, de l’autre ceux des cadres du PP, et où figurent le montant des transactions. Stupeur : Mariano Rajoy aurait perçu chaque année pendant 11 ans un total de 25 200 euros sous forme de "dons" émanant de chefs d’entreprise. Les noms d’autres hauts responsables du parti comme Dolores de Cospedal, secrétaire générale du PP, ou Rodrigo Rato, l’ex-président du groupe bancaire Bankia, figurent aussi sur les tableaux publiés par "El Pais".
 
Face à la colère de la rue et aux appels à la démission de l’opposition, le chef du gouvernement dément. "Jamais, je répète, jamais je n'ai reçu ni distribué d'argent au noir", a-t-il affirmé devant la direction du Parti populaire, qu'il préside depuis 2004. Se disant victime d’une campagne de diffamation, il a exclu de démissionner et annoncé qu'il rendrait prochainement publique sa déclaration de revenus. Lundi 4 février, le PP a annoncé des poursuites contre "tous ceux qui ont eu une conduite irrégulière". Mais rien à faire. Dans le pays, soumis à des cures d’austérité à répétition, plongé dans la récession et gangréné par un taux de chômage flirtant avec les 26 %, l’existence supposée d’une caisse noire au sein du PP ne passe pas. Et chaque jour, devant le siège du PP à Madrid, les Espagnols affluent, enveloppes à la main, pour hurler leur colère.

Première publication : 04/02/2013

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