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Afrique

Mali : les pays africains et occidentaux soutiennent l'envoi de casques bleus

© Capture d'écran / FRANCE24

Vidéo par Jonathan WALSH

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 05/02/2013

L'Union européenne, l'Union africaine, la Cédéao et l'ONU, réunis mardi à Bruxelles, ont soutenu l'idée d'un déploiement d'une force de maintien de la paix sous le contrôle de l'ONU au Mali, en remplacement de la force africaine de la Misma.

Les pays africains et occidentaux ont soutenu, mardi, l'idée d'un déploiement à moyen terme de casques bleus des Nations unies au Mali, en remplacement de la force africaine de la Misma.

Le groupe de soutien pour le Mali, qui regroupe l'Union européenne, l'Union africaine, la Cédéao et l'Onu, était réuni mardi à Bruxelles pour s'interroger sur les moyens d'assurer sur le long terme la sécurité dans la région.

L'Union africaine, la France, les États-Unis, la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest), tous les acteurs clés, soutiennent l'idée d'aller progressivement vers une opération de maintien de la paix sous le contrôle de l'Onu, mais à moyen terme, a déclaré le ministre français du Développement Pascal Canfin.

Il a toutefois souligné que la force africaine de la Misma (Mission internationale de soutien au Mali) devait se déployer au préalable, comme convenu.

Avantage financier

Le déploiement de la Misma se heurte à des difficultés logistiques et aux interrogations sur son financement, son coût étant parfois estimé à un milliard de dollars. Formée essentiellement par les armées des pays d'Afrique de l'Ouest, elle devrait disposer de plus de 8 000 soldats.

Certains délégués ont souligné que l'avantage d'une mission de l'Onu serait notamment financier, car tous les pays membres de l'Onu sont obligés de contribuer à une mission de l'Onu alors que la force africaine ne repose que sur des contributions volontaires.

Selon des sources diplomatiques à New York, le Conseil de sécurité de l'Onu devrait prochainement débattre de l'envoi au Mali d'une force onusienne de maintien de la paix, idée à laquelle les Quinze s'étaient montrés peu réceptifs avant l'intervention française le 11 janvier.

45 délégations

Le président de la Cédéao, Kadré Désiré Ouedraogo, a déclaré que l'implication des Nations unies était souhaitée par son institution et par l'Union africaine.

"Des centaines d'islamistes" tués depuis le 11 janvier, selon Le Drian

"Plusieurs centaines" d'islamistes ont été tués depuis le 11 janvier au Mali, lors de "frappes aériennes" des forces françaises et "de combats directs et frontaux à Konna et Gao", a-t-on appris mardi auprès du ministère de la Défense, qui s'est refusé à donner un bilan précis, soulignant qu'il n'était pas question de se livrer "à un décompte macabre".

Invité de BFMTV, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait auparavant affirmé que les troupes françaises avaient infligé "beaucoup de dégâts dans les groupes terroristes jihadistes", évoquant "plusieurs centaines, un nombre significatif" de combattant islamistes tués.

M. Le Drian aussi avait indiqué que les forces françaises avaient eu pour leur part un mort, le pilote d'hélicoptère tué aux premières heures de l'intervention, et "deux ou trois blessés anecdotiques, sans gravité".

Le ministre tchadien des Affaires étrangères, Moussa Faki Mahamat, s'est prononcé en faveur d'une action forte au Mali afin de vaincre militairement les rebelles. "Par la suite, je pense qu'un processus dans le cadre d'une mission des Nations unies sera opportun", a-t-il ajouté.

Son homologue malien, Tieman Coulibaly, a déclaré qu'il n'était pas hostile à cette idée de transformer la Misma en mission de l'Onu, mais à condition qu'elle soit dotée d'un mandat clair.

Au total, près de 45 délégations se sont rencontrées à Bruxelles, dont des ministres et responsables maliens, algériens et libyens, ainsi que des bailleurs internationaux comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.

Assurer le développement du Nord

"À moyen terme, nous devons nous assurer que le Nord dispose de suffisamment d'argent pour son développement, de sorte que les populations sur place puissent avoir de réels moyens de subsistance", a déclaré un responsable européen sous le sceau de l'anonymat.

À Addis-Abeba, la conférence des donateurs internationaux pour le Mali a recueilli fin janvier une promesse d'aide de 455 millions de dollars.

L'Union européenne pense pouvoir aider rapidement le Mali en débloquant une partie de l'enveloppe de 250 millions d'euros d'aide au développement qu'elle avait gelée après le coup d'État du 21 mars 2012 à Bamako.

Elle envisage d'aider à financer l'envoi d'observateurs chargés de réunir les preuves de violations des droits de l'homme par les rebelles, ce qui pourrait dissuader les soldats maliens de commettre à leur tour des exactions, comme les en accusent des organisations de défense des droits de l'homme.

Reuters

Première publication : 05/02/2013

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