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EUROPE

Le budget de l’UE suspendu à des négociations cruciales à Bruxelles

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 07/02/2013

Les Vingt-Sept sont réunis jeudi à Bruxelles afin de définir le budget européen jusqu'à 2020. Ces négociations délicates visent notamment à doter l’UE de moyens pour financer des investissements pourvoyeurs d'emplois.

Le sommet sur le budget des Européens à l'horizon 2020 s'est ouvert jeudi soir avec près de six heures de retard, signe de la tension entre les dirigeants qui ont multiplié les réunions en petit comité pour tenter de rapprocher les tenants d'une réduction des dépenses et les défenseurs d'un budget plus ambitieux.

Les chefs d'Etat ou de gouvernement ont entamé officiellement leurs travaux vers 20H45 (19H45 GMT).

"Si nous montrons tous un sens du compromis, un accord sur le budget est à notre portée", a déclaré le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. "Mais nous n'y sommes pas encore", a-t-il reconnu. Le risque d'un nouvel échec, après celui de novembre, reste en effet d'actualité, plusieurs dirigeants ayant clairement menacé de s'opposer à tout accord trop éloigné de leurs intérêts.

Selon plusieurs sources européennes, M. Van Rompuy devait entamer la discussion pour savoir si les chefs d'Etat ou de gouvernement approuvaient le principe d'un budget avec quelque 960 milliards d'euros de crédits d'engagement, qui correspondent au plafond autorisé, et 913 milliards de crédit de paiement, soit les dépenses effectives pour les sept prochaines années.

Les positions divergentes des membres du sommet

Un écart plus grand entre les deux chiffres "peut être discuté, mais le montant des crédits de paiement ne peut pas être inférieur à 913 milliards d'euros", a affirmé à l'AFP un négociateur. Les chiffres de 900 et 905 milliards cités par plusieurs délégations sont "inconcevables", a-t-il commenté.

"En novembre, les chiffres présentés étaient vraiment trop élevés. Ils doivent redescendre. Et si ce n'est pas le cas, il n'y aura pas d'accord", avait averti à son arrivée à Bruxelles le Premier ministre britannique David Cameron, dont c'est la première sortie européenne depuis le discours de janvier dans lequel il a annoncé l'organisation d'un référendum sur la présence de son pays au sein de l'UE.

Les montants présentés fin 2012 par M. Van Rompuy étaient de 973 milliards pour les engagements et de 943 milliards pour les paiements. Cette proposition avait été rejetée par le Royaume-Uni, mais aussi l'Allemagne, les pays nordiques et les Pays-Bas.

Le président François Hollande a prévenu qu'il refuserait un compromis s'il "oublie l'agriculture et ignore la croissance". Il est soutenu dans sa démarche par l'Italie. "Nous sommes très soucieux de la qualité du résultat, en termes de cohérence pour la priorité à la croissance et d'équité entre les Etats membres", a rappelé le chef du gouvernement, Mario Monti.

Le Premier ministre tchèque, Petr Necas, s'est carrément dit prêt à mettre son veto à une proposition "inacceptable" pour le développement de son pays. Quant à la chancelière allemande Angela Merkel, elle a émis des doutes sur les chances de parvenir à un accord, car les positions sont "encore éloignées".

L'essentiel des coupes sera opéré dans l'enveloppe demandée pour les infrastructures. Elle devrait être divisée par deux et passer de 40 à "moins de 20 milliards d'euros" pour les sept prochaines années.

"Il va falloir faire des choix", commentent, désabusés, les négociateurs de la Commission européenne. Le budget pour les infrastructures était porteur des emplois futurs dans les secteurs des télécommunications, de l'internet et des énergies renouvelables.

Des coupes ont également été opérées dans le financement de l'administration et des actions extérieures. Sont également affectés le Fonds pour le développement et le Fonds de solidarité, destiné notamment aux Restaurants du Cœur, réduit de sept à 4,5 milliards d'euros.

Les sommes récupérées iront à la Politique agricole commune (PAC) chère à la France, qui en est le premier bénéficiaire, et à la politique de Cohésion créée pour les régions les moins développées de l'UE. Ces deux politiques avaient subi l'essentiel des coupes dans le compromis de novembre.

En tout état de cause, le budget 2014-2020, frappé de plein fouet par l'austérité, sera nettement inférieur à celui de la période précédente (2007-2013), qui dépassait les 1.000 milliards d'euros.

Le Parlement européen a dit non à toute coupe supplémentaire, et menace de rejeter un accord conclu sur de telles bases.

"Nous sommes prêts, en tant que représentants des peuples, à accepter des économies. Cependant, plus vous vous éloignerez de la proposition de la Commission, plus il est vraisemblable que votre décision se heurtera à un refus du Parlement européen", a mis en garde son président Martin Schulz.

Toute la négociation va consister à remonter la proposition de M. Van Rompuy afin de trouver un équilibre entre les positions les plus radicales et les lignes rouges du Parlement européen.


AFP

Première publication : 07/02/2013

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