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Moyen-orient

Les combats font rage aux portes de Damas

© AFP

Vidéo par Damien COQUET

Texte par Dépêche

Dernière modification : 09/02/2013

D'intenses combats se déroulent dans la banlieue de Damas entre rebelles et forces de Bachar al-Assad. Dans le même temps, le régime a accepté de dialoguer avec l'opposition mais sans conditions préalables.

Les forces fidèles au président syrien Bachar al Assad ont lancé vendredi une contre-offensive à Damas pour tenter de reprendre le terrain cédé aux rebelles ces deux derniers jours.

Des combats intenses se déroulaient autour du carrefour d'Hermalleh, situé sur la ceinture périphérique de la capitale, voie de circulation cruciale pour l'approvisionnement du centre de la ville.

Partis de Ghouta, une banlieue de l'est de Damas, les insurgés sont parvenus à percer

Damas se dit prêt au dialogue avec l'opposition mais sans conditions préalables

Le régime syrien est prêt à dialoguer avec ses adversaires mais sans "conditions préalables", a affirmé vendredi soir le ministre de l'Information, dans la première réaction officielle de Damas à l'offre de négociations du chef de l'opposition.

Le chef de la Coalition de l'opposition, Ahmed Moaz al-Khatib, avait proposé d'entamer des discussions directes avec des représentants du régime, qui n'ont pas "du sang sur les mains", précisant que tout dialogue devait porter nécessairement sur le départ du président Bachar al-Assad.

(AFP)

les lignes de défense gouvernementales et à s'emparer de certaines sections du périphérique.

Ils ont ainsi pu progresser jusqu'à Djobar, un quartier situé à deux km du centre de la capitale, juste au nord du carrefour d'Hermalleh.

Bachar al Assad, aux prises depuis 22 mois avec un mouvement de révolte qui s'est peu à peu transformé en guerre civile, a perdu le contrôle de plusieurs parties importantes du territoire syrien, mais l'armée syrienne est parvenue jusqu'ici à empêcher les rebelles de s'emparer du centre de Damas.

Vendredi, l'aviation syrienne a pilonné Djobar, ainsi que les quartiers voisins de Kaboun et Barzeh, dit-on de sources proches de l'opposition.

Le capitaine Islam al Louch, commandant du groupe rebelle Lioua al Islam, a indiqué à Reuters que les insurgés n'avaient pas l'intention de rester sur la ceinture périphérique.

Même s'ils se retirent de cet axe, le contrôle qu'ils exercent désormais sur les zones qui l'entourent rend impossible pour l'armée régulière son usage à des fins d'approvisionnement, a-t-il affirmé.

"Ils (les rebelles) résistent aux forces du régime mais ils ne chercheront pas à demeurer sur place si les pertes augmentent. L'objectif de cette opération, c'est une lente progression vers Damas", a-t-il ajouté.

"Deux pas en avant, un pas en arrière"

Le chef militaire a précisé que les forces de l'opposition avaient placé des snipers à Jobar, où les barrages tenus par l'armée gouvernementale ont été pris ou encerclés.

"Le carrefour d'Harmalleh change de mains entre les rebelles et l'armée. En attaquant le périphérique, les rebelles ont permis de relier Djobar avec l'est de Ghouta", a déclaré un étudiant vivant à Djobar.

Selon l'opposition, les combats de jeudi ont fait 46 morts, principalement causés par les bombardements gouvernementaux.

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a fait savoir vendredi qu'environ 5.000 Syriens fuyaient chaque jour leur pays pour trouver refuge dans les pays voisins.

Depuis le début du conflit il y a près de deux ans, plus de 787.000 Syriens ont été enregistrés comme réfugiés, ou attendent de l'être, principalement au Liban, en Irak, en Jordanie et en Turquie.

Les forces gouvernementales bénéficient toujours d'une voie d'approvisionnement venant des villes côtières de l'ouest du pays. Des unités de la Garde républicaine, corps d'élite des forces du président Bachar al Assad, sont toujours solidement implantées sur les hauteurs du Mont Kassioun, d'où elles tirent des obus d'artillerie et des roquettes sur les positions ennemies.

Les chefs militaires de la rébellion ont reconnu avoir commis une erreur en tentant d'entrer dans Damas et dans d'autres villes du pays sans avoir préalablement coupé les voies d'approvisionnement des forces régulières.

Pour Faouaz Tello, une des figures de l'opposition ayant de bons contacts avec les forces rebelles à Damas, il s'agit pour les insurgés de faire preuve de patience.

"Deux pas en avant, un pas en arrière, telle est la stratégie à laquelle nous assistons de la part des rebelles", note-t-il.

"La route est encore longue avant de pouvoir dire qu'Assad est assiégé dans Damas. Mais le noeud se resserre quand une nouvelle route devient inutilisable, et son contrôle (sur Damas) s'érode", ajoute-t-il.

REUTERS

Première publication : 09/02/2013

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