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Afrique

En images : slogans anti-français à la manifestation d'Ennahda

© Mehdi Chebil/FRANCE 24

Vidéo par Cécile GALLUCCIO

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 10/02/2013

Au lendemain des obsèques de l'opposant Chokri Belaïd, plus de 3 000 manifestants se sont rassemblés samedi à Tunis à l'appel d'Ennahda, le parti au pouvoir, en scandant des slogans pro-islamistes et anti-français.

Plus de 3 000 manifestants scandaient samedi des slogans pro-islamistes et anti-français dans le centre de Tunis lors d'un rassemblement à l'appel du parti islamiste au pouvoir Ennahda alors que la Tunisie est plongée dans l'incertitude depuis l'assassinat d'un opposant.
              
"France dégage" et "Le peuple veut protéger la légitimité" du pouvoir en place, criaient ces militants qui défilent sur l'avenue Habib Bourguiba, axe névralgique du centre de la capitale où se trouve aussi l'ambassade de France.

Les partisans d'Ennahda dans la rue

            
Ils brandissaient de nombreuses pancartes en français: "France ça suffit! La Tunisie ne sera plus jamais une terre de colonisation", selon des journalistes de l'AFP.
              
Des militants salafistes se trouvaient dans la foule, brandissant leurs bannières noires et des slogans appelant à l'unité des différents courants islamistes.
              
La manifestation à l'appel des jeunesses d'Ennahda a débuté un peu avant 14 heures (13 heures GMT) avec pour mots d'ordre du rassemblement "la défense de la légitimité de l'Assemblée nationale constituante" (ANC) et la lutte "contre la violence" politique et "l'ingérence française".
              
La référence à l'ANC vise clairement le Premier ministre Hamadi Jebali, pourtant numéro 2 d'Ennahda, qui a répété vendredi se tenir à sa "décision de former un gouvernement de technocrates", si besoin sans "l'aval de l'Assemblée nationale constituante".
              
La manifestation vise aussi à condamner "l'ingérence française", à la suite de propos du ministre français de l'Intérieur, Manuel Valls, qui a dénoncé cette semaine un "fascisme islamiste" après l'assassinat mercredi de l'opposant Chokri Belaïd dont les proches accusent Ennahda.

"Les islamistes aux ministères clés doivent quitter le gouvernement", affirme Hamadi Jebali à FRANCE 24

Extrait de l'entretien du Premier ministre tunisien Hamadi Jebali sur FRANCE 24

Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali a assuré samedi que les ministères régaliens aux mains de son parti islamiste seront remplacés par des indépendants dans le gouvernement apolitique qu'il veut former contre l'avis de son propre camp.

"Tous les ministres seront des indépendants, y compris à l'Intérieur, la Justice et aux Affaires étrangères", a déclaré Hamadi Jebali à FRANCE 24 qui l'interrogeait sur l'avenir de ces ministères clés auxquels le parti Ennahda refuse de renoncer.

"J'ai dû prendre cette décision sans consulter les partis politiques le jour de l'assassinat [de l'opposant Chokri Belaïd] de crainte que le pays ne bascule dans le chaos et l'irrationnel", a-t-il ajouté.

"Ce n'était pas une initiative de Jebali, c'était une initiative pour sauver le pays", a ajouté le Premier ministre. Et d'ajouter, "si l'initiative échoue qu'avez-vous à proposer aux Tunisiens, quelle alternative? La loi de la jungle?" Il a répété, par ailleurs, être prêt à démissionner s'il ne parvenait pas à avoir un soutien large de la classe politique à son futur gouvernement.

Le chef du gouvernement est entré en conflit ouvert avec la direction de son mouvement en annonçant mercredi vouloir former un gouvernement apolitique. S'il est en conflit avec ses troupes, sa proposition a en revanche été bien accueillie par l'opposition et la société civile.

FRANCE 24 avec dépêches

Première publication : 09/02/2013

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