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EUROPE

Les retraits de plats préparés Findus et Comigel se multiplient en France

© AFP

Vidéo par France 2

Texte par Dépêche

Dernière modification : 11/02/2013

Plusieurs enseignes de distribution ont annoncé dimanche avoir retiré de leurs rayons des produits fournis par les sociétés Findus et Comigel, en raison de la présence possible de viande de cheval au lieu de viande de bœuf.

Les distributeurs français ont annoncé dimanche de nombreux retraits de produits surgelés susceptibles de contenir du cheval au lieu de boeuf, tandis qu'en Roumanie, les professionnels renvoient la balle vers l'importateur français.

Presque toutes les principales enseignes de distribution françaises ont procédé à des retraits de ce type de produits, qu'ils soient de marque Findus, première société concernée, ou de marque de distributeurs.

Il s'agit de lasagnes, cannellonis ou spaghettis bolognaise, moussaka, hachis parmentier, vendus dans les magasins Auchan, Casino, Carrefour, Système U, Cora, Monoprix, Picard.

Le gouvernement français avait prévenu que de telles annonces étaient à prévoir, compte tenu du fait que l'usine Comigel, au coeur de l'affaire, fournissait de nombreux clients.

PME basée à Metz, dans l'Est de la France, Comigel est spécialisée dans la fabrication de plats surgelés à marque de distributeur. Ses produits sont distribués dans 16 pays d'Europe.

Pour l'instant, outre la France, des produits ont été retirés au Royaume-Uni, où le scandale est le plus fort compte tenu du statut tabou de la viande de cheval dans l'alimentation, et en Suède.

En Grande-Bretagne, la présidente de la commission parlementaire chargée des questions d'alimentation a réclamé dimanche un moratoire sur les importations de viande en provenance de l'UE.

Réaction de l'altermondialiste José Bové



"Moratoire"

"Je pense qu'il devrait y avoir un moratoire sur toute la viande" en provenance de l'Union européenne "le temps de déterminer la source de la contamination", a déclaré Anne McIntosh sur la BBC.

Les premiers éléments de l'enquête dévoilés par le gouvernement français ont permis de déterminer le circuit de la viande en cause.

"Le fournisseur de l'usine luxembourgeoise (de Comigel, ndlr) est le groupe français Poujol (holding de tête de la société Spanghero, ndlr). Celui-ci a acquis la viande surgelée auprès d'un trader chypriote, qui avait sous-traité la commande à un trader situé aux Pays-Bas, ce dernier s'étant fourni auprès d'un abattoir et d'un atelier de découpe situés en Roumanie ", a déclaré samedi le ministre français en charge de la Consommation, Benoît Hamon.

"Nous verrons mercredi les premiers résultats de l'enquête. Et notamment si l'entreprise française, Spanghero, savait qu'elle achetait du cheval ou si elle a été trompée", a déclaré dimanche le ministre. "S'il faut engager des sanctions, nous n'hésiterons pas."

En Roumanie, les professionnels du secteur se défendent, et renvoient la balle vers l'importateur, la société Spanghero. "J'ai du mal à croire qu'un abattoir roumain ait pu livrer du cheval sous l'étiquette de boeuf", en raison des contrôles qui se font systématiquement dans les abattoirs, a déclaré à l'AFP le président des syndicats de l'industrie alimentaire (FSIA), Dragos Frumosu.

Selon lui, si cela avait jamais été le cas, l'importateur français était obligé de vérifier la qualité de la viande lors de la réception, d'autant plus qu'il s'agissait d'une quantité importante.

"S'il n'a pas protesté lors de la réception en constatant que c'était du cheval et pas du boeuf, c'est que soit il était complice avec le producteur roumain, soit il a changé l'étiquette après", a affirmé M. Frumosu.

Spanghero quant à elle, a affirmé samedi avoir acheté de la viande de boeuf "origine Europe", et l'avoir simplement revendue.

M. Hamon a par ailleurs réfuté toute faillite des systèmes de contrôle administratifs. "Je ne peux pas mettre un fonctionnaire derrière chaque pain de viande".

Un autre ministre français, Vincent Peillon, en charge de l'éducation, a rappelé que pour l'instant, il n'y avait pas problème de santé publique et qu'il ne fallait pas "alimenter la psychose".

AFP

Première publication : 10/02/2013

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