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Afrique

Signes d'apaisement politique à Bamako

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 15/02/2013

La date du 7 juillet évoquée pour le premier tour de la présidentielle, le capitaine putschiste Amadou Sanogo qui signe son retour... Alors que les combats se poursuivent dans le Nord-Mali, le climat politique semble s'apaiser à Bamako.

Lors d’une conférence de presse tenue à Bamako, le gouvernement malien a esquissé, jeudi 14 février, un calendrier pour la future élection présidentielle. Dans l’idéal, les premier et second tours du scrutin auraient lieu les 7 et 21 juillet, en même temps que les législatives. Si rien n'est confirmé pour l’instant, cette annonce témoigne d'une volonté de rétablir une stabilité politique dans le pays, près d’un an après le putsch militaire du 22 mars 2012 contre la présidence d'Amadou Toumani Touré.

Optimisme de Bamako

Fin janvier, le président par intérim, Dioncounda Traoré, avait déjà promis des élections "propres" avant juillet 2013. Un calendrier approuvé par Paris, qui plaide pour l’organisation d’élections le plus vite possible.

À l'occasion d’une conférence de presse donnée jeudi à Bamako, le ministre de l’Administration territoriale, le colonel Moussa Sinko Coulibaly, s’est ainsi voulu confiant. D’après lui, le retour de l’administration dans les trois régions du Nord, d'où ont été chassés les islamistes, a déjà été anticipé, grâce à la mise en place d’une commission ad hoc qui sera, selon des informations relayées dans le quotidien malien "L’Essor", dirigé par lui-même. Le schéma prévu semble simple : "Chaque fois qu’une localité est libérée, l’autorité qui représente l’État s’installe," a-t-il expliqué.

D’après une feuille de route adoptée fin janvier par l'Assemblée nationale pour sortir le pays de la crise, le rétablissement de l'intégrité territoriale du Mali et l’organisation d'élections transparentes et crédibles constituent des prérequis. Dans cette perspective, le colonel Coulibaly a annoncé, jeudi, que le gouvernement avait entrepris des activités préparatoires devant conduire à la tenue des élections dans des conditions acceptables par tous. Parmi les mesures étudiées, la création d’un fichier électoral biométrique pour les citoyens maliens.

Selon Serge Daniel, le correspondant de FRANCE 24 et RFI à Bamako, le recours à la biométrie compliquerait à lui seul la tenue de l’élection présidentielle au mois de juillet, le système demandant trop de temps pour être mis en place.

Le capitaine Sanogo revient aux affaires

Autre signe d’apaisement politique : à la veille de l'annonce effectuée par le ministre Coulibaly, le capitaine Amadou Haya Sanogo, chef des putschistes, a été investi, mercredi, à la tête d'un comité chargé de la réforme de l'armée malienne. Cette dernière est divisée entre les partisans du chef de la junte et ceux du président renversé. Le 8 février, un camp des "Bérets rouges", militaires proches de l'ex-président Amadou Toumani Touré, avait été la cible d'une attaque menée par des soldats d'autres corps de l'armée malienne.

"Le comité militaire n'a aucune vocation politique et ne saurait se substituer à la chaîne de commandement militaire", a affirmé le capitaine, rompant ainsi avec un silence d’un mois. Le président par intérim a quant à lui précisé que le comité n'était pas "un prolongement" de la junte des putschistes.

Toutefois, malgré l’optimisme véhiculé par ces annonces, la poursuite des combats au Nord-Mali apparaît comme une embûche de taille pour les préparatifs électoraux. Depuis le 8 février, date du premier attentat-suicide perpétré dans le pays, les armées malienne, française et nigérienne font face à une nouvelle menace. Une situation qui met pour l’instant entre parenthèses l’intégrité territoriale escomptée.

Première publication : 15/02/2013

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