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Afrique

La formation d'un nouveau gouvernement tunisien reportée sine die

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 16/02/2013

La composition d'un nouveau gouvernement, attendue ce week-end, a été une nouvelle fois reportée sine die, a annoncé le Premier ministre tunisien, Hamadi Jebali. Des dizaines de milliers de partisans du parti islamiste Ennahda ont manifesté à Tunis.

Toujours pas de nouveau gouvernement en vue. Le Premier ministre tunisien, Hamadi Jebali, a annoncé vendredi de nouvelles consultations, lundi, sur son initiative de former un gouvernement apolitique.

Il reporte ainsi, sine die, la composition du nouveau cabinet et prolonge la profonde crise politique dans le pays. "Il y a une évolution et des progrès sur tous les point soulevés (...) C'est pour cela que nous avons décidé de poursuivre les discussions lundi", a-t-il déclaré à la presse à l'issue de pourparlers avec les dirigeants des différents partis.

"Les délais sont importants mais le plus important est l'intérêt de la Tunisie et de trouver une solution pour le peuple", a justifié Hamadi Jebali.

Les discussions de vendredi ont réuni les principaux chefs politiques, dont ceux de la coalition au pouvoir : Rached Ghannouchi pour Ennahda, Mustapha Ben Jaafar pour Ettakatol et Mohamed Abbou du Congrès pour la République (CPR), parti du président Moncef Marzouki.

L'opposition y était notamment représentée par Béji Caïd Essebsi, chef de Nidaa Tounès, un parti centriste en plein essor, Néjib Chebbi, pour le Parti Républicain et Kamel Morjane, ex-ministre du président déchu Zine Al Abidine Ben Ali et chef du parti Moubadara.

Des dizaines de milliers de partisans d'Ennahda dans les rues

Jeudi, le Premier ministre tunisien avait annoncé qu'il démissionnerait samedi si la composition du gouvernement de technocrates qu'il appelle de ses voeux ne faisait pas le consensus. Il avait lancé cette initiative le jour de l'assassinat retentissant de l'opposant anti-islamiste de gauche Chokri Belaïd, le 6 février. Mais celle-ci est rejetée par Ennahda qui propose en retour un cabinet alliant technocrates et figures politiques.

Des dizaines de milliers de partisans de ce parti islamiste, dont Hamadi Jebali est le numéro deux, ont manifesté samedi dans le centre de Tunis pour défendre défendre sa "légitimité" à diriger le pays comme il le fait depuis 14 mois. Il s’agit du rassemblement le plus important depuis l’arrivée d’Ennahda au pouvoir.

"Nous défendons la légitimité", "Nous sommes loyaux envers nos martyrs", pouvait-on lire sur les banderoles des manifestants qui scandaient "Le peuple veut Ennahda de nouveau" cet "Le peuple veut l'unité nationale".

Prenant la parole, le numéro un d'Ennahda, Rached Ghannouchi, a affirmé que l'exclusion du parti islamiste du gouvernement menacerait l'unité de la nation. "Le parti Ennahda ne quittera pas le pouvoir tant que le peuple sera avec lui", a-t-il lancé.

Ennahda a fait bloc avec le CPR et deux autres petites formations : si les députés de ces mouvements restent solidaires de leurs directions, ils disposent d'une majorité suffisante pour censurer le chef du gouvernement à l'Assemblée nationale constituante (ANC), composée de 217 sièges. Il leur suffit de réunir 109 votes hostiles pour le faire.

Jebali soutenu par l'opposition laïque


Le Premier ministre bénéficie toutefois du soutien de l'opposition laïque, des organisations syndicales et patronales ainsi que d'une large part de la société civile, pour qui un cabinet apolitique est la seule solution pour stabiliser le pays, deux ans après la révolution qui a renversé Ben Ali.

Les proches de Chokri Belaïd, assassiné devant son domicile tunisois de trois balles tirées à bout portant, avaient prévu samedi deux cérémonies - l'une dans le sud de Tunis, l'autre à Jendouba (nord-est du pays) -  à sa mémoire, alors qu'aucune avancée dans l'enquête n'a été annoncée.

Outre l'interminable crise politique, la rédaction de la Constitution est dans l'impasse, faute de compromis sur la nature du futur régime. Hamadi Jebali a souligné que sa démarche visait aussi à accélérer ce travail pour organiser des élections au plus vite.

Les conflits sociaux souvent violents se sont multipliés sur fond de misère et chômage, à l'origine de la révolution. Sans oublier l'essor d'une mouvance salafiste jihadiste qui déstabilise régulièrement le pays par des attaques.

FRANCE 24 avec dépêches

Première publication : 16/02/2013

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