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Afrique

La Libye célèbre le deuxième anniversaire de la révolution

© AFP

Vidéo par Kéthévane GORJESTANI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 16/02/2013

Des milliers de Libyens ont défilé, vendredi dans les rues de Tripoli et de Benghazi, pour fêter le deuxième anniversaire du début de la révolte populaire qui a renversé Mouammar Kadhafi. Les festivités se prolongeront dimanche.

La Libye marque dimanche le deuxième anniversaire du début de la révolte populaire qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi, au moment où des appels à manifester contre les nouvelles autorités font craindre des débordements dans un pays en proie à l'insécurité.

Les festivités ont commencé dès vendredi à Tripoli et à Benghazi, où des milliers de Libyens ont défilé à pied ou en voiture, brandissant des drapeaux et scandant des slogans à la gloire des "martyrs de la révolution".

Cette ambiance festive n'a pas empêché des manifestants à Benghazi de critiquer les nouvelles autorités, en revendiquant en particulier plus de décentralisation du pouvoir et l'activation de l'armée et des services de sécurité.

Partis de Benghazi, berceau de la révolution libyenne dans l'Est libyen, des appels à manifester à partir du 15 février ont été lancés par plusieurs groupes libyens, dont des partisans du fédéralisme et des organisations de la société civile.

Les revendications vont du "bannissement des responsables de l'ancien régime" à "la chute du (nouveau) régime", en passant par la dissolution des milices armées qui font la loi dans le pays depuis la chute de Mouammar Kadhafi.

Organisés en milices, les "thowar" (révolutionnaires), qui ont combattu les forces de Mouammar Kadhafi jusqu'à la mort de l'ancien dirigeant le 20 octobre 2011, sont considérés comme responsables de l'insécurité ambiante et comme une entrave au processus de reconstruction de l'Etat.

En septembre, la mort de l'ambassadeur américain Chris Stevens lors de l'attaque du consulat des Etats-Unis à Benghazi a illustré l'influence grandissante de ces groupes armés, en particulier des islamistes extrémistes.

"Le dossier sécuritaire est l'un des défis auxquels fait face le pays, en particulier la prolifération d'armes et l'évasion de milliers de prisonniers" durant la révolution de 2011, estime Souleiman Azqim, expert politique.

Sécurité draconienne

Selon lui, "les nouvelles autorités se sont trouvées face à des revendications sociales immédiates qui les empêchent de mettre en oeuvre des stratégies économiques ou sécuritaires de moyen ou long terme".

Malgré la tenue en juillet des premières élections libres dans l'histoire du pays, le pays n'est "pas encore mûr" au niveau politique, selon M. Azqim, après plus de 40 ans d'une dictature qui interdisait les partis politiques.

L'Assemblée hétéroclite issue du scrutin peine à faire avancer des dossiers comme la réconciliation nationale, la mise en place d'une justice transitionnelle et surtout la rédaction d'une Constitution.

Accusant de nouveau les pro-Kadhafi de vouloir "semer le chaos", cette fois-ci durant les cérémonies marquant le deuxième anniversaire de la révolution, le gouvernement et des ex-rebelles ont annoncé des mesures de sécurité draconiennes et menacé de recourir à la force contre tous ceux qui "tenteraient de perturber les festivités".

Ainsi, les frontières terrestres avec la Tunisie et l'Egypte sont fermées depuis jeudi et jusqu'à lundi, et les vols internationaux sont suspendus, à l'exception de ceux des aéroports de Benghazi et Tripoli.

La Libye avait déjà décidé fin décembre de fermer ses frontières avec ses quatre voisins du sud.

Depuis quelques jours, des points de contrôle ont été érigés aux principaux carrefours et entrées de Tripoli. Les mêmes dispositions ont été mises en place à Benghazi, où des habitants constituaient des groupes d'autodéfense dans leurs quartiers.

Face à ces craintes, plusieurs organisations de la société civile, dont les partisans du fédéralisme dans l'est du pays, ont annoncé le report de leurs mouvements de protestation.

AFP

Première publication : 16/02/2013

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