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Afrique

Un attentat meurtrier vise les rebelles touareg, reprise des combats à Gao

© Capture d'écran/France 2

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 22/02/2013

Un attentat-suicide à la voiture piégée contre la rébellion touareg a fait 5 morts, vendredi, près de Tessalit, dans le nord-est du Mali. Le MNLA accuse le Mujao d'en être responsable. À Gao, les affrontements ont repris après une courte accalmie.

La rébellion touareg du Mali, qui combat aux côtés de l'armée française dans le nord-est du pays, a été vendredi la cible d'un attentat-suicide qui a fait cinq morts, au moment où l'armée malienne tentait de "nettoyer" Gao, la plus grande ville du Nord infiltrée par les islamistes.

Hommage de Jean-Yves Le Drian au légionnaire mort au Mali

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a rendu hommage vendredi au légionnaire Harold Vormezeele, mort mardi au Mali, "qui avait fait le choix de la France", lors d'une cérémonie d'hommage national dans la cour d'honneur des Invalides à Paris.

"Chaque fois que la marche funèbre retentit dans la cour d'honneur des Invalides, ce n'est pas seulement la douleur des proches qui se fait entendre (...). Cette marche funèbre c'est aussi le deuil de l'institution militaire, touchée dans sa chair par le sacrifice de l'un des siens, l'un des nôtres", a affirmé le ministre, lors d'une cérémonie à laquelle assistaient aussi la ministre de la Jeunesse, Valérie Fourneyron, et le ministre délégué aux Anciens combattants, Kader Arif.

"C'est surtout l'hommage solennel de la nation toute entière, affectée par votre sacrifice, mais rassemblée par votre nom, celui d'un légionnaire qui avait fait le choix de la France", a salué l'ancien député-maire de Lorient. (AFP)


L'attentat-suicide a été commis à l'aide de deux voitures piégées conduites par deux kamikazes à Inhalil, localité proche de Tessalit, près de la frontière algérienne, et visait des membres de la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).

Cette région montagneuse des Ifoghas, entre Kidal et Tessalit, sert de refuge à de nombreux islamistes armés liés à Al-Qaïda traqués par l'armée française depuis plusieurs semaines, mais elle est aussi le berceau des Touareg.

L'information a été confirmée par un responsable du MNLA à Ouagadougou, Mohamed Ibrahim Ag Assaleh. "Deux véhicules piégés ont explosé dans une base du MNLA à 05H30 (locales et GMT) à Inhalil, près de Tessalit, à la frontière algérienne", a déclaré à l'AFP M. Ag Assaleh. "Les deux kamikazes sont morts et dans nos rangs il y a trois morts et quatre blessés graves", a-t-il ajouté.

Il a accusé le groupe islamiste Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) d'être à l'origine de cet attentat. Selon la source sécuritaire malienne, "les terroristes ont toujours affirmé qu'ils combattraient les forces françaises et leurs alliés, c'est ce qui s'est passé à mon avis".

Jeudi, un porte-parole de l'armée française a déclaré "se coordonner" effectivement avec "les groupes qui ont les mêmes objectifs" que Paris, en parlant du MNLA.

Le retour du MNLA

Le MNLA, laïc, qui avait lancé une offensive en janvier 2012 dans le nord du Mali contre l'armée malienne avec les groupes islamistes armés, en avait très vite été évincé par eux des grandes villes de Gao, Tombouctou et Kidal.

Il est réapparu à Kidal et Tessalit à la faveur de l'intervention française contre les islamistes liés à Al-Qaïda qui a débuté le 11 janvier.

Le Mujao avait revendiqué un "attentat" à Kidal (1.500 km au nord-est de Bamako), où un véhicule a explosé jeudi près d'un camp de militaires français et tchadiens, tuant son conducteur.

"La bataille ne fait que commencer"


Les forces françaises avaient repris fin janvier le contrôle de l'aéroport de Kidal avec quelque 1 800 soldats tchadiens sécurisant la ville contrôlée depuis peu par le MNLA qui y refuse la présence de soldats maliens.

À 350 km au sud-ouest de Kidal, à Gao, plus grande ville du nord du Mali, des soldats maliens ont tiré à l'arme lourde vendredi sur la mairie où s'étaient retranchés la veille des islamistes armés lors de violents combats avec l'armée malienne, appuyée par l'armée française,

Les soldats maliens ont tiré au lance-roquettes sur le bâtiment où, selon le colonel Mamadou Samaké de l'armée malienne, il y avait "au moins" un islamiste armé qui a riposté avant d'être tué. Dans la mairie, les corps de quatre hommes ont été découverts, parmi lesquels deux entièrement déchiquetés.

Un militaire malien avait indiqué auparavant que de "nombreux" corps de jihadistes portant des ceintures d'explosifs et tenant à la main des grenades dégoupillées étaient encore dans la mairie et dans le palais de justice proche. Il avait également précisé que des mines avaient été placées dans ce secteur.

Les démineurs français, arrivés sur place dans l'après-midi, ont pu intervenir. Selon une source militaire, la plupart des engins explosifs retrouvés n'étaient pas activés.

Selon l'armée française, entre quinze et vingt islamistes ont été tués, deux soldats français légèrement blessés et quatre soldats maliens "auraient" été blessés au cours des combats de jeudi qui ont eu lieu en centre-ville, dans les secteurs de la mairie et du palais de justice.

Dans la nuit de jeudi à vendredi et dans la matinée de vendredi, des coups de feu ont été tirés en divers endroits de Gao, dont le Centre, où des combattants islamistes étaient positionnés sur les toits, notamment sur celui du marché principal, selon la journaliste de l'AFP.

Le Mujao, qui a occupé Gao pendant neuf mois en 2012 avant qu'elle ne soit reprise par les armées française et malienne le 26 janvier, a affirmé avoir envoyé des combattants dans la ville pour la "libérer des mécréants".

Il a affirmé que "la bataille" ne faisait "que commencer" pour reconquérir Gao, Kidal et Tombouctou, les trois grandes villes du nord du Mali.

Gao avait déjà été le théâtre de violences il y a deux semaines de la part des jihadistes qui y avaient commis les premiers attentats-suicides de l'histoire du Mali.

L'accès à l'eau potable demeure une préoccupation majeure

L'aide américaine

La situation au Mali n'est "pas du tout stable", a déclaré vendredi le chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Mali et au Niger, alors que l'ONU a dénoncé des "informations horrifiantes" en matière de droits de l'Homme.

Le président Barack Obama a de son côté annoncé que les États-Unis avaient envoyé 40 militaires supplémentaires au Niger pour fournir une aide en renseignements aux forces françaises au Mali, portant leur total à 100.

Avec dépêches

Première publication : 22/02/2013

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