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Economie

Les géants du Net veulent "prolonger l'espérance de vie"

© Capture d'écran

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 22/02/2013

Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, et Sergueï Brin, cofondateur de Google, crée un prix de la découverte dans le domaine médical, d'une dotation pharaonique, pour récompenser les recherches qui permettront d’éradiquer les maladies les plus mortelles.

Pour une fois, ils ne se tirent pas dans les pattes pour savoir qui sera le plus fort. Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, Sergueï Brin, co-fondateur de Google, leurs épouses respectives et Iouri Milner, un investisseur russe spécialisé dans les nouvelles technologies, ont lancé ensemble, jeudi 20 février, un nouveau prix scientifique baptisé “Breakthrough Prize in Life Sciences" ("Prix de la découverte dans les sciences de la vie").

Un projet très ambitieux visant à "soigner des maladies incurables et allonger la vie". Ainsi, ce sont 3 millions de dollars qui seront attribués à chaque lauréat, qui doit faire la preuve de recherches susceptibles de permettre des progrès majeurs dans la lutte contre les maladies les plus mortelles.

Annoncés jeudi, les 11 premiers lauréats, récompensés pour la plupart pour des recherches sur les traitements contre le cancer, sont tous devenus millionnaires. "Soigner une maladie devrait rapporter plus que de marquer un ‘touchdown’", a souligné Sergueï Brin, en allusion aux salaires des stars du football américain. La dotation est en effet deux fois plus importante que celle du prestigieux prix Nobel. “À 3 millions de dollars par lauréat, il s’agit du plus important prix scientifique au monde”, s’est réjoui Mark Zuckerberg. À terme, le prix devrait être décerné cinq fois par an.

Sergueï Brin et Parkinson

Cet intérêt pour la recherche médicale et scientifique n’est pas nouveau pour certains des grands noms de la Silicon Valley associés à ce prix. Si Sergueï Brin a versé 50 millions de dollars pour la recherche contre la maladie de Parkinson, d’après le magazine "Wired", ce n’est pas un hasard : le cofondateur de Google possède une spécificité génétique qui augmente considérablement les risques d’être atteint de cette maladie dégénérative. Son épouse, Anne Wojcicki, est à la tête d’une société d’expertise génétique, 22andMe, qui travaille notamment sur cette maladie.

Le milliardaire russe Iouri Milner s'intéresse également à ces questions depuis quelque temps. Cet homme d’affaires et physicien de formation, qui a fait fortune en investissant dans des sociétés comme Google, Facebook ou Twitter, a également crée en 2012 le Prix de physique fondamental, qui octroie 3 millions de dollars aux "plus grands esprits qui travaillent dans la recherche fondamentale en physique”.

Quant au fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, il est devenu en 2012 le deuxième plus important donateur des œuvres de charité aux États-Unis d’après le "Chronicle of Philanthropy", un magazine américain qui dresse une liste annuelle des philanthropes américains. Seul le financier Warren Buffet, avec 3,1 milliards de dons, fait mieux.

Contre une “starification” de la recherche

Si la création du Prix de la découverte dans les sciences de la vie permet de mettre la recherche contre les maladies incurables sur le devant de la scène médiatique, l’initiative ne fait pas l’unanimité dans le monde scientifique. Bob O’Hara, un biostatisticien qui travaille sur la biodiversité en Allemagne, et Grrlscientist, une blogueuse biologiste dont le vrai nom est Hedwig Pöllöläinen, dénoncent une “starification” de la recherche dans le quotidien britannique "The Guardian". “Cet argent ferait mieux d’être investi dans des équipes de recherche, car la grande majorité des découvertes est le fruit d’un travail collaboratif et non pas d’une seule personne”.

Ils dénoncent par ailleurs une récompense qui n’intéresse, en fin de compte, que “quelques Occidentaux qui pourront ainsi soigner leur cancer”. Pour ces scientifiques, ces sommes seraient mieux dépensées en favorisant des recherches qui tendent à “créer une meilleure planète pour tous”. C’est-à-dire d’autres domaines où les progrès auraient un impact sur des populations plus larges, notamment dans les zones les plus pauvres du monde.
 

Première publication : 22/02/2013

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