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EUROPE

L'issue des législatives italiennes inquiète Bruxelles

© Benjamin Dodman/FRANCE 24

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 24/02/2013

Les Italiens votent dimanche et lundi pour les législatives. L'issue du scrutin inquiète les partenaires européens car aucune majorité parlementaire capable d'assurer un gouvernement ne semble se dessiner.

Les Italiens commencent à voter dimanche pour élire un nouveau parlement, après une campagne marquée par le tonitruant Beppe Grillo. Un scrutin à l’issue incertaine qui inquiète les partenaires européens de l'Italie.

"Maintenant la parole est aux Italiens", titre en pleine page La Stampa, alors que la campagne pour les législatives et sénatoriales de dimanche et lundi s'est terminée vendredi à minuit avec les derniers meetings des têtes de liste. À part Silvio Berlusconi, 76 ans, qui a annulé sa prestation à Naples pour cause de conjonctivite, les autres ont joué leur partition.

"Les bureaux de vote viennent d'ouvrir"



Le chef du gouvernement sortant, Mario Monti, dans une rencontre publique à Florence, a promis de "réduire le coût du travail pour les nouvelles embauches, développer l'apprentissage, créer un nouveau contrat à durée indéterminée". Le leader de la gauche, Pier Luigi Bersani (PD), donné favori dans les sondages, a sorti son joker: le réalisateur Nanni Moretti qui a dit vouloir "libérer" les Italiens de Berlusconi.

Mais c'est l'ex-comique Beppe Grillo qui a eu le mot de la fin, devant une marée humaine rassemblée sur la grande place Saint-Jean de Latran à Rome, en hurlant: "Renvoyons-les tous chez eux!".

Portrait du candidat Beppe Grillo
L'ancien bateleur, qui canalise la rage des Italiens frappés par le chômage et la récession économique, préconise la mise en place d'un revenu minimum de 1 000 euros, la réduction des salaires des hommes politiques, le retrait de la zone euro, la réduction de la semaine de travail à vingt heures...

Son mouvement "5 étoiles" pourrait se placer en troisième position (17%) derrière le PD (34%) et le PDL de Silvio Berlusconi (30%), selon les derniers sondages connus. Pas assez pour vaincre, mais suffisamment pour compliquer singulièrement la tâche du prochain chef du gouvernement, voire l'empêcher de former un gouvernement stable.

Le "Cavaliere", qui a effectué une remontée spectaculaire dans les sondages, a tenté une dernière manoeuvre en envoyant une lettre à des "millions" d'Italiens, promettant de leur rembourser la très impopulaire taxe foncière rétablie par le gouvernement technique de Mario Monti.

"Si je ne respecte pas cet engagement, les citoyens pourront me faire un procès et demander que je paie, moi. J'ai les capitaux suffisants pour répondre à tous les citoyens", a promis vendredi le milliardaire. Alors que beaucoup ironisaient sur cette ultime promesse ou s'insurgeaient contre cet "achat de voix", certains ont commencé à faire la queue à la Poste pour se faire rembourser...

Eclaboussé par des procès à répétition, le magnat des médias avait dû démissionner en novembre 2011, laissant une Italie au bord de l'asphyxie financière.

Portrait de Silvio Berlusconi

Après dix-huit mois de gouvernement technique, la troisième économie de la zone euro a esquivé le gouffre de la dette et le spread --écart entre taux d'emprunt italien et allemand-- a baissé de moitié, mais le pays est englué dans une profonde récession.

La crainte des marchés est que le vainqueur des élections à la Chambre des députés ne dispose pas d'une majorité suffisante au Sénat, en raison de règles électorales différentes, ce qui rendrait le pays ingouvernable ou pour le moins instable.

Une inquiétude relayée par la presse européenne, à l'image du Soir à Bruxelles, selon lequel "le véritable danger qui guette l'Italie, et donc toute l'Europe, c'est l'instabilité". Le quotidien belge prévoit "soit une coalition du bon sens et du pragmatisme avec Bersani et Monti, soit l'aventure et le chaos si Berlusconi et/ou Grillo peuvent bloquer le Sénat".

La gauche européenne appelle à voter pour l'extrême gauche
 
Le Parti de la gauche européenne, qui regroupe des partis hostiles aux politiques d'austérité à travers l'Europe, a appelé samedi les Italiens à voter aux législatives pour le parti d'extrême gauche Révolution civile, hostile à la corruption.

Portrait de Mario Monti

Ce regroupement d'une trentaine de partis a estimé que les élections de dimanche et lundi "constituaient un enjeu important pour l'Italie mais aussi pour l'avenir de tous les peuples de l'Europe".

Les Italiens "sont touchés par la crise du capitalisme financier, par l'austérité et par les politiques néo-libérales", souligne dans un communiqué le Parti de la gauche européenne.

"De ce fait, nous, militants du Parti de la gauche européenne, exprimons notre soutien au peuple italien et lui recommandons de voter pour les listes de Révolution civile menées par Antonio Ingroia."

Ce parti est crédité de 4% des suffrages, le seuil nécessaire pour entrer au Parlement.

"Nous nous battons pour une Europe des peuples et non des banques", ajoute le communiqué.

Le communiqué est signé notamment par Jean-Luc Mélenchon pour le Front de gauche en France, Alexis Tsipras pour le parti Syriza grec et Oskar Lafontaine pour Die Linke en Allemagne.

Avec dépêches

Première publication : 23/02/2013

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