- Extrême gauche - Italie - Législatives italiennes 2013 - Mario Monti - Silvio Berlusconi
La Lombardie, région décisive pour l’issue du scrutin législatif
La Lombardie a longtemps été considérée comme la citadelle imprenable pour la gauche italienne. Mais avec la Ligue du Nord (droite) au cœur d'une série de scandales, la région pourrait faire basculer le scrutin législatif qui s’est ouvert dimanche.
Tous les regards sont braqués sur elle. La Lombardie, la région la plus peuplée et la plus riche d’Italie, fera peut-être basculer les élections législatives des 24 et 25 février. À elle seule, elle détient 47 des 315 sièges du Sénat. Pour remporter le scrutin, la
majorité à la Chambre et au Sénat, le leader de la coalition de centre-gauche, Pier Luigi Bersani, sait qu’il devra arracher ce bastion à la droite.
"La Lombardie n’est pas juste notre Ohio, c’est notre Virginie et notre Floride (États pivots dans l’élection présidentielle américaine NDLR)", a souligné plus tôt dans la campagne Nichi Vendola, gouverneur des Pouilles, à l’extrême sud de la botte, membre de la gauche.
"En termes de poids politique et économique, cette région s’apparente plus à la Californie", souligne, de son côté, Paolo Belluci, professeur à l’université de Sienne.
La droite éclaboussée par des scandales
Pour la première fois depuis deux décennies, la coalition de centre-gauche menée par le Parti démocrate a une chance de l’emporter. Pier Luigi Bersani, leader du parti depuis 2009 est un ancien ministre de Romano Prodi. Instigateur de la libéralisation de segments clés de l’économie italienne, il se voit pourtant flanqué de l’étiquette de communiste par ses adversaires.
"Il n’a sans doute pas beaucoup de charisme et ne fait aucune grande promesse comme Silvio Berlusconi mais il est perçu comme fiable et courageux, quelqu’un qui fait les choses", souligne Paolo Paliago, professeur d’Economie à l’école européenne de Varese.
Il y a deux ans, la gauche avait arraché une victoire forte en symbole en remportant lors des municipales, Milan, la capitale régionale lombarde et ville de naissance de Silvio Berlusconi. La tâche s’annonce cependant plus compliquée pour ce qui est des villages et des petites villes situées aux pieds des Alpes.
"Là-bas, la Ligue du Nord n’est pas un parti, c’est une dévotion", analyse Francesca Panzarin, fondatrice de womenomics.it et candidate aux législatives.
Le principal atout de la coalition de centre-gauche de Pier Luigi Bersani reste néanmoins la fragilité de la droite en Lombardie. La popularité de Silvio Berlusconi et celle de la Ligue du Nord ont été plombées par une série de scandales.
Le gouverneur de la région lombarde l’intouchable Roberto Formigoni est au cœur d’une vaste enquête sur la corruption. "Ce qui était autrefois un parti "anti-establishment" est désormais un pouvoir davantage infiltré par la mafia que par ses partenaires du sud", ajoute Paolo Paliago en précisant que "les fondements des Lombards s’effondrent".
Si le chef de la Ligue du Nord, l'ancien ministre de l'Intérieur Roberto Maroni, se dit toujours certain de la victoire, le moral de ses partisans est sérieusement atteint.
Distribuant des tracts de la Ligue dans les rues enneigées de Varese, la veille du scrutin, Martina Messina, 20 ans, n'avait toujours pas décidé pour qui elle voterait. "Mais un chose est certaine," poursuit-elle, "c'est que je ne voterai pas pour la Ligue !"






























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