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EUROPE

Risque de blocage politique en Italie après l'absence de majorité au Sénat

Pier Luigi Bersani (gauche) et Silvio Berlusconi

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Anne-Diandra LOUARN

Dernière modification : 26/02/2013

La coalition de centre gauche semble en tête à la Chambre des députés italiens, tandis qu'aucune majorité ne semblait se dessiner au Sénat. Des résultats qui risquent de compromettre la formation rapide d'une coalition gouvernementale.

Plusieurs heures après la fermeture des bureaux de vote, les premiers résultats ne permettent toujours pas d’annoncer qui sera le prochain président du Conseil italien.

À la Chambre des députés, la coalition de centre gauche emmenée par Pier Luigi Bersani semble se placer en tête (entre 29 % et 31 %) devant le Peuple de la Liberté (PDL) de centre droit de Silvio Berlusconi (entre 27 % et 28 %), selon les trois chaînes de télévision italiennes Mediaset, La 7 et Sky Italia.

Surfant sur une vague de contestation populaire, le Mouvement cinq étoiles de l’ancien humoriste devenu homme politique, Beppe Grillo, arrive en troisième position affichant un très bon score autour des 25-26 %. "Des erreurs ont été commises, notamment par la gauche, qui avait peut-être la possibilité de tirer son épingle du jeu. Mais elle a finalement sous-évalué Grillo et n’a pas tenu compte de tous les messages qui ont été lancés à la classe politique par les citoyens", estime Carlo Alberto-Brusa, responsable du mouvement associatif des Italiens à l’étranger, interrogé sur l’antenne de FRANCE24. Il qualifie ces élections de "catastrophe annoncée et inéluctable."

Mais le grand perdant des législatives reste le chef du gouvernement sortant, Mario Monti, dont la coalition atteindrait péniblement les 10 % des suffrages. Bien que "Super Mario" et son gouvernement technique soient parvenus à redonner de la crédibilité à l'Italie face aux marchés, l'austérité aura eu raison de sa popularité éphémère.

Le centre droit prendrait le Sénat

Si les résultats provisoires des législatives semblent abonder dans le même sens, pour les sénatoriales, en revanche, les chiffres sont beaucoup plus serrés, voire contradictoires en fonction des médias et des organismes de sondage.

Selon des projections diffusées après la clôture du scrutin par la chaîne de télévision RAI, le centre droit serait en tête au Sénat avec 31 % pour le bloc de Silvio Berlusconi, 29,5 % pour le centre gauche de Pier Luigi Bersani et 25,1 % pour le mouvement de Beppe Grillo. Pas de doute, en revanche, sur le sort de Mario Monti qui, comme à la Chambre des députés, ne devrait pas dépasser les 10 % nécessaires pour entrer au Parlement.

Des résultats qui laissent craindre un blocage politique empêchant la formation d'un nouveau gouvernement. "Le Sénat compte autant que la Chambre des députés en Italie. Si la droite prend une chambre et la gauche, l’autre, on se dirige vers un pays proprement ingouvernable", explique Caroline de Camaret, envoyée spéciale de FRANCE 24, à Rome.

Rejet de la classe politique et de l’Europe

Selon plusieurs responsables du Parti démocrate, de nouvelles élections pourraient bien avoir lieu si la droite passe au Sénat. "Il faudrait réformer la loi électorale et retourner aux urnes", déplore Stefano Fassina, un cadre du parti en charge des questions économiques.

Plusieurs facteurs semblent avoir mené à cette situation quasi-inextricable. En premier lieu, le rejet de la classe politique actuelle, embourbée dans divers scandales, a dû opérer en faveur de Grillo. Mais pour Albert Toscano, correspondant de l’Agenzia Giornali Associati (AGA) à Paris, la loi électorale italienne, trop compliquée en l’état, est "mal conçue et irrationnelle". Dans ce contexte, les institutions "ne savent pas gérer l’important vote contestataire", a-t-il jugé sur FRANCE 24.

Au désamour du paysage politique italien s’ajoute un rejet de l’Europe, d’après Marc Sémo rédacteur en chef du service monde de Libération. "L’Italie qui était très europhile voit aujourd’hui l’Europe comme un objet de clivage. Avec le parti de Berlusconi, la Ligue du Nord de Roberto Maroni et autres Beppe Grillo, on arrive à une quasi-majorité d’Italiens anti-européens, ce qui est très préoccupant", affirme-t-il sur FRANCE 24. Selon lui, même si Bersani parvient à un vague équilibre en formant une probable coalition avec Monti, ce rejet de l’Europe va "lourdement peser ces prochaines années."

La Bourse de Milan plonge

Les défis économiques de l'Italie

La perspective d’une instabilité politique dans le troisième pays de la zone euro suscite donc des craintes en Europe. Un vote sanction face aux mesures anti-austérité pourrait effrayer les marchés et raviver une fois de plus la crise de la dette européenne.

Conséquence directe des résultats non fiables, la Bourse de Milan a perdu, lundi, une grande partie de ses gains antérieurs. Après avoir fluctué en fonction des différents résultats des deux élections, elle a finalement clôturé en hausse de 0,73 %. À l’annonce prématurée d’une solide victoire de la gauche, l'indice vedette FTSE Mib s’était envolé de près de 4 %, avant d’accuser un net recul après l’annonce du potentiel succès de la droite au Sénat.

Première publication : 25/02/2013

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