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Afrique

Devant la CPI, Laurent Gbagbo assure avoir toujours "lutté pour la démocratie"

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 01/03/2013

Soupçonné de crimes contre l'humanité, l'ex-chef de l'État ivoirien a pris la parole pour la première fois depuis plus d'un an devant la Cour pénale internationale en se présentant comme un homme de paix devant ses juges.

Pour la première fois depuis le mois de décembre 2011, date de sa première comparution devant la Cour pénale internationale (CPI), l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo a repris la parole à l'occasion de la dernière journée de l'audience de confirmation des charges pesant contre lui. Soupçonné de crimes contre l'humanité commis pendant les violences post-électorales ivoiriennes de 2010-2011, il a assuré, ce jeudi, être un démocrate et un homme de paix.

"Toute ma vie, j'ai lutté pour la démocratie", a-t-il notamment affirmé en regardant régulièrement en direction de ses partisans installés dans la galerie du public, séparée de la salle d'audience par une vitre insonorisante.

"La démocratie c'est le respect des textes" (Gbagbo)


Laurent Gbagbo avait refusé de reconnaître la victoire de son rival Alassane Ouattara - pourtant certifiée par l'ONU -, au second tour de l'élection présidentielle ivoirienne, le 28 novembre 2010. Ce refus de quitter son poste après avoir passé dix ans au pouvoir avait plongé la Côte d'Ivoire dans une violente crise qui avait duré plus de quatre mois et qui avait coûté la vie à près de 3 000 personnes.

"Je ne gouverne pas avec ma famille", a ajouté l'ancien président en réponse aux accusations de népotisme dont il a fait l'objet : "J'étais président, chef de l’État et ma femme était députée", a-t-il lancé en faisant allusion à son épouse Simone, également sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI mais toujours détenue en Côte d'Ivoire.

Cette audience de confirmation des charges doit permettre aux juges d'examiner si les éléments de preuves rassemblés par l'accusation sont suffisamment solides pour permettre la tenue d'un procès.

Au premier jour de cette audience, le 19 février, l'accusation avait déclaré que Laurent Gbagbo était responsable "de la mort, des viols, des blessures graves et de la détention arbitraire de nombreux citoyens, respectueux des lois, perçus comme soutenant Alassane Ouattara".

Manifestation anti-Gbagbo à Abidjan

Quelque 200 victimes de la crise post-électorale ivoirienne de 2010-2011 ont, elles, manifesté à Abidjan pour demander "justice" à la CPI. À l'invitation d'un collectif de victimes, la manifestation s'est tenue sur une place publique de Koumassi, un quartier populaire du sud de la capitale économique ivoirienne.

Des femmes tenaient des pancartes sur lesquelles étaient écrits les mots : "Gbagbo m'a rendue veuve", "Que justice soit faite pour les victimes de la crise", ou encore "Nous réclamons : justice, justice, justice". Plusieurs personnes se sont succédé au micro, racontant les violences qu'elles ont endurées.

Djénéba Fofana a, par exemple, raconté devant l'assistance comment des "militaires" avaient tué sa belle-sœur : "Ils l'ont violée. Après, ils l'ont égorgée", a-t-elle dit, submergée par l'émotion.

Un jeune, devenu tétraplégique après avoir reçu une balle durant les événements, a également réclamé "justice".

Avec dépêches

Première publication : 28/02/2013

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