Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

DÉBAT

Nigeria : un "colosse" économique face au défi sécuritaire (partie 2)

En savoir plus

DÉBAT

L'Algérie d'aujourd'hui : économie, sécurité... : à J-1 du scrutin, le pays inquiet (Partie 1)

En savoir plus

ÉLÉMENT TERRE

RDC : la ferme des anciens combattants

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Xavier Dolan nous fait trembler !

En savoir plus

CAP AMÉRIQUES

Marathon de Boston, un an après

En savoir plus

FOCUS

Les Algériens de France : un vote courtisé

En savoir plus

SUR LE NET

Le web au chevet des sinistrés de Valparaiso

En savoir plus

DÉBAT

Nigeria : un "colosse" économique face au défi sécuritaire (partie 1)

En savoir plus

DÉBATS POLITIQUES EN FRANCE

Popularité : Valls fait-il de l’ombre à Hollande ?

En savoir plus

  • Vidéo : les Algérois partagés entre fatalisme et peur de l’avenir

    En savoir plus

  • Finale de la Coupe du Roi : FC Barcelone-Real Madrid en direct

    En savoir plus

  • Kiev impuissant face aux pro-Russes dans l'est de l'Ukraine

    En savoir plus

  • Qui en voulait au directeur du parc des Virunga, blessé par balles ?

    En savoir plus

  • En images : près de 280 disparus après le naufrage d’un ferry en Corée du Sud

    En savoir plus

  • Daniel Cohn-Bendit fait ses adieux au Parlement européen

    En savoir plus

  • Economies : Valls demande aux fonctionnaires de "participer à l'effort commun"

    En savoir plus

  • L'aviation jordanienne détruit plusieurs véhicules blindés venant de Syrie

    En savoir plus

  • Crimes de guerre en Syrie : la France veut faire saisir la CPI

    En savoir plus

  • Transfert d'argent : l'Afrique perd près de 2 milliards de dollars par an

    En savoir plus

  • Anelka affirme ne pas avoir accepté l’offre du club brésilien

    En savoir plus

  • La police de New York ferme une unité secrète chargée d'espionner les musulmans

    En savoir plus

  • Démission du puissant chef des renseignements saoudiens

    En savoir plus

  • "Injustices et corruption alimentent le cycle de violences au Nigeria"

    En savoir plus

  • Vladimir Poutine : "L'Ukraine est au bord de la guerre civile"

    En savoir plus

  • Violences sexuelles dans l'armée : Le Drian prône la "tolérance zéro"

    En savoir plus

  • La justice indienne reconnaît l’existence d’un troisième genre

    En savoir plus

EUROPE

Les électeurs silencieux de Silvio Berlusconi

© AFP

Texte par Benjamin DODMAN

Dernière modification : 28/02/2013

Par crainte de railleries, les électeurs du Cavaliere se font silencieux voire invisibles. Mais les résultats des législatives démontrent que Silvio Berlusconi continue de séduire une frange de la population italienne.

Lorsque l’Italie s’est rendue aux urnes dimanche 24 février, première journée de vote pour les élections législatives, le chef de la coalition de centre-gauche, Pier Luigi Bersani, a confié : "Nous serons victorieux. 2006, c’est du passé". Contrairement à la victoire à la Pyrrhus de Romano Prodi il y a sept ans, Pier Luigi Bersani affirmait que sa victoire serait décisive. Il a eu en partie raison. Cette élection n’a pas été celle de 2006. Elle est bien pire.

La gauche a arraché la victoire à la Chambre des députés avec une très courte avance (124 000 votes) contre un Silvio Berlusconi revigoré. Mais il lui manque désormais 40 sièges pour avoir la majorité au Sénat.

Son rêve d’un gouvernement de centre-gauche stable annihilé, Pier Luigi Bersani est obligé de constater le retour spectaculaire d’un homme que tout les Italiens pensaient rayé de la carte.

La surprise Beppe Grillo

La situation désespérée de Pier Luigi Bersani est, bien entendu, une conséquence de l’avènement de Beppe Grillo, dont le MouVement Cinq étoiles a capté 25 % des voix et 164 sièges au Parlement italien.

Comment Silvio Berlusconi est-il parvenu à balayer l’avance de 17 points créditée à Pier Luigi Bersani au début de la campagne ? "Avant même d’entrer en lice, il a placé la campagne sur son terrain de prédilection en promettant d’abandonner un odieux impôt foncier et de rembourser la somme que les Italiens ont payé l’an dernier", analyse Paolo Bellucci, professeur de politique contemporaine à l’université de Sienne, la veille du vote.

Aux plus sceptiques, Silvio Berlusconi a assuré que le manque à gagner de l’État serait compensé par le rapatriement d’une partie de l’argent détenu par les Italiens dans des banques suisses. Une annonce à peine crédible que certains de ses rivaux ont tout de même perçue comme une "étincelle de génie".

Peu importe que l’Italie ne puisse pas effectuer de tels remboursements ou que la Suisse ait précisé qu’il faudrait des années pour trouver un tel accord. Tout autant pour la promesse de Berlusconi, homme d'affaires, de puiser sur ses propres deniers, ce qui revenait, en d'autres termes, à acheter le vote des citoyens.

Malgré de nombreux procès (dont une condamnation pour fraude fiscale en octobre dernier), les lois passées en sa faveur, qu’il soit la risée du monde entier, sauf dans la Russie de Vladimir Poutine, qu’il fasse libérer une prostituée de 17 ans par crainte qu’elle divulgue leur liaison... Un quart des Italiens continue de voter pour son parti et un tiers soutient sa coalition.

Dire que l'on vote Berlusconi expose "aux railleries"

Nouveaux ennuis judiciaires pour Silvio Berlusconi

La justice italienne ouvre une enquête pour corruption contre Silvio Berlusconi. L'ancien président du Conseil italien est soupçonné d'avoir corrompu un sénateur de centre gauche en lui versant trois millions d'euros en 2006.

Pourtant, quand Berlusconi a annoncé son retour en politique à l’âge de 76 ans, en décembre dernier, les sondages lui créditaient 12 % des intentions de vote. Grâce à une campagne féroce, le Peuple de la liberté (PDL) est parvenu à remonter la pente. En vain. Quelques jours avant le scrutin, des sondages confidentiels donnaient sa coalition en troisième position, juste derrière Beppe Grillo.

Même son de cloche lundi 25 février, lorsque les premiers sondages sortis des urnes créditaient la gauche de six points d'avance. Moins d'une heure plus tard, cette avance s'était évaporée. Pour Pierangelo Battista, journaliste au "Corriere de la Sera", le quotidien le plus diffusé en Italie, les électeurs du PLD "ont menti aux instituts de sondage parce que voter pour Silvio Berlusconi n’est pas un signe de finesse, cela expose à la raillerie".

Ces électeurs invisibles et silencieux sont introuvables. Quelques jours avant l’élection, FRANCE 24 n’en a pas rencontré un seul en Lombardie, bastion de Silvio Berlusconi, ni en Toscane (fief de la gauche), encore moins à Rome, ville pourtant "indécise".

Près de Varese, place forte de la droite, nombre de personnes interrogées ont bondi rien qu'à entendre prononcer son nom, y compris des activistes de la Ligue du Nord qui ont regretté leur alliance avec le Cavaliere.

"La question fiscale" sous-estimée

"Mais, loin d’être un "Ohio italien" (État indécis dans l’élection présidentielle américaine, NDLR), la Lombardie a montré qu’elle était un "Texas italien", une citadelle imprenable de la droite", a écrit Curzio Maltese mercredi 27 février dans le journal de centre-gauche "La Repubblica". Pour lui, la défaite de la gauche en Lombardie s’explique par le fait que Pier Luigi Bersani a sous-estimé la "question fiscale", contrairement à Berlusconi.

"Berlusconi pourrait provoquer toutes les catastrophes possibles, il n’en demeure pas moins qu’il parle le langage de toute une frange de la population", souligne Gabriele Agostini, journaliste au "Corriere de la Serra".

Une semaine avant le vote, lorsque le PDG de Finmeccanica, le géant de l’aérospatial lombard, a été arrêté pour corruption d'officiels indiens dans le cadre de la signature d’un contrat, Berlusconi a été le seul homme politique à blâmer la justice pour avoir mis à mal des emplois italiens. "Parfois, on ne peut rien vendre sans verser un dessous de table", avait-il fait valoir.

Berlusconi sait prendre les Italiens "alla pancia", c'est-à-dire "aux tripes".  "Il connaît leurs points faibles, leur crainte de la discipline, de l’État, de perdre leur maison, d’être pris la main dans le sac", estime Maurizio Cotta, professeur à l’université de Sienne.

Tant que la gauche ne prendra pas ces sujets à bras le corps, certains électeurs continueront d'appartenir à Silvio Berlusconi. "Le monde que défend Silvio Berlusconi depuis toutes ces années n’a pas été happé par un trou noir", a écrit Gabriele Agostini. "Les médias n’ont rien vu, la bulle dans laquelle vivent les faiseurs d’opinions non plus. Mais le centre droit est toujours vivant dans le pays, aussi mal en point qu’il soit. En sous-estimant et en tournant en dérision ses mots, ses centres d’intérêts, les bobos de centre gauche accumulent les plus déprimants échecs de l’histoire italienne".
 

Première publication : 28/02/2013

  • ITALIE

    Législatives italiennes : le rêve devenu réalité de Beppe Grillo

    En savoir plus

  • ÉLECTIONS ITALIENNES

    Législatives italiennes : vers une Italie ingouvernable

    En savoir plus

  • ITALIE

    "La plupart des Italiens n’ont pas compris Monti"

    En savoir plus

Comments

COMMENTAIRE(S)