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Amériques

Première comparution de l'ex-dictateur "Baby Doc" Duvalier devant la justice

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 28/02/2013

Après avoir boudé par trois fois les convocations de la justice haïtienne, l'ex-dictateur a enfin comparu devant le tribunal de Port-au-Prince, ce jeudi. "Baby Doc" est accusé de vol, de corruption et de détournement de fonds.

Visé par plusieurs plaintes d'anciens opposants, l'ancien dictateur d'Haïti Jean-Claude Duvalier a comparu, ce jeudi, devant la justice, à Port-au-Prince. Jusqu'à présent, Baby Doc avait toujours refusé de se présenter devant la justice.

Costume sombre, chemise blanche, Jean-Claude Duvalier s'est assis dans la salle du tribunal, sa compagne Véronique Roy à ses côtés. À l'extérieur, plusieurs dizaines de personnes qui portaient des vêtements aux couleurs noir et rouge de l'ancien régime manifestaient leur soutien à l'ancien dictateur.

Mandat d'amener

Le 21 février dernier, à la suite de sa troisième convocation par la justice, le juge Jean-Joseph Lebrun avait délivré un mandat d'amener à l'encontre de "Baby Doc" Duvalier.

Me Frizto Canton, l'un de ses avocats, avait alors assuré à l'AFP que l'ex-dictateur serait présent. "Ce serait trop risqué pour lui de ne pas comparaître. S'il ne le fait pas, le mandat d'amener va se transformer en mandat d'arrêt", avait pour sa part estimé Me Jean-Joseph Exumé, qui défend un groupe d'anciennes victimes prêtes à témoigner.

En janvier 2012, un an après son retour en Haïti après 25 années d'exil en France, un juge d'instruction avait ordonné le renvoi de Jean-Claude Duvalier devant un tribunal correctionnel pour détournements de fonds. Il n'avait, en revanche, pas retenu contre lui le chef d'inculpation de crimes contre l'humanité, estimant que les faits étaient prescrits.

Composé d'anciennes victimes de la dictature des Duvalier père et fils (1957-1986), le Collectif contre l'impunité a rappelé, dans un communiqué, qu'il avait demandé la réouverture d'"une instruction digne de ce nom". "Sans cela, il n'y aura plus de cas Duvalier, vu que l'État pourrait agréer à l'abandon des poursuites pour délits financiers. Duvalier pourrait alors accéder aux fonds bloqués en Suisse", a-t-il prévenu.

Avec dépêches

Première publication : 28/02/2013

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