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Afrique

À Conakry, les forces de l'ordre tirent à balles réelles sur la population

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 03/03/2013

Selon des sources concordantes, des membres des forces de l'ordre ont tiré à balles réelles samedi sur des habitants de Conakry dans des circonstances indéterminées. Au moins une personne a été tuée et 12 autres blessées.

Au moins une personne a été tuée par balle et douze blessées à Conakry quand des forces de l'ordre ont tiré sur des habitants dans des circonstances pas encore précisées, a-t-on appris samedi de sources concordantes, après trois jours de violences dans la capitale.

Un jeune de 15 ans était allé chercher du pain vendredi soir quand des militaires "lui ont tiré dessus à bout portant", a indiqué à l'AFP un membre de sa famille. Des témoins et une source hospitalière ont fait état de "treize blessés dont l'un vient de mourir" dans une clinique, au lendemain d'un appel au calme du président guinéen Alpha Condé, après trois jours de violences consécutifs dans la capitale.

Les forces de l'ordre "ont tiré à balles réelles sur des personnes bien ciblées qui ne manifestaient pas dans le quartier", a expliqué un témoin selon lequel l'incident est survenu à Koloma, dans la banlieue de Conakry.

"On continue de tirer à balles réelles sur la population. Je confirme qu'un des jeunes blessés est mort ce (samedi) matin à la clinique Mère et Enfants" de Conakry, a affirmé à l'AFP le docteur Abdoulaye Barry, directeur de la polyclinique de Dixinn, autre quartier de la banlieue de Conakry.

C'est le troisième mort annoncé depuis mercredi à Conakry, théâtre de trois jours de violences consécutifs qui ont poussé le président guinéen Alpha Condé et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à appeler vendredi soir "au calme".

L'origine de l'incident de vendredi soir n'était pas encore connue samedi et il n'était pas possible de savoir dans l'immédiat s'il avait un lien avec les manifestations des opposants guinéens mercredi et jeudi pour une transparence aux législatives prévues le 12 mai.

Vendredi matin, des vendeurs, essentiellement de pièces détachées automobiles, ont attaqué à coups de pierres des vendeurs de denrées alimentaires, qui ont riposté également avec des pierres, avant des heurts dans l'après-midi entre malinkés et peul, deux des plus importantes communautés de Guinée.

Mercredi, l'opposition guinéenne avait appelé à une manifestation qui avait dégénéré en violents affrontements, faisant 130 blessés, dont 68 parmi les forces de l'ordre, selon un bilan officiel. Un lycéen, blessé dans ces violences, y a succombé, selon une source hospitalière, et le gouvernement a annoncé vendredi qu'un policier était aussi décédé des suites de ses blessures.

Jeudi, alors que l'opposition avait appelé à une journée "ville morte", des échauffourées avaient aussi opposé des forces de l'ordre à des jeunes dans des quartiers de la banlieue de Conakry réputés favorables à l'opposition.

Le président Condé doit recevoir lundi les acteurs politiques pour discuter des élections législatives.

L'opposition guinéenne a multiplié ces derniers mois les manifestations pour exiger des législatives libres et transparentes, un scrutin repoussé depuis 2011 et maintenant fixé au 12 mai.

AFP

Première publication : 02/03/2013

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