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Moyen-orient

Bachar al-Assad accuse Londres de vouloir armer les terroristes

© Sunday Times

Vidéo par Ludovic de Foucaud

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 03/03/2013

Dans une interview au Sunday Times publiée dimanche, l'homme fort de Damas accuse le gouvernement britannique de vouloir armer les "terroristes" en Syrie et se dit prêt à discuter avec l'opposition, tout en excluant de démissionner.

Bachar al-Assad campe sur ses positions. Le président syrien a une nouvelle fois exclu de quitter le pouvoir dans son pays en guerre et s'est dit décidé à combattre les rebelles qui ont réussi, dimanche 3 mars, à prendre le contrôle d'une importante académie de police à Alep après huit jours de violents combats ayant fait 200 morts.

Alors que le conflit dévastateur entre le 15 mars dans sa troisième année sans aucune solution en vue, Bachar al-Assad, dans une rare interview publiée dimanche, s'est déclaré en outre prêt à discuter avec les opposants s'ils déposent les armes. "Aucun patriote ne peut penser à vivre en dehors de son pays. Je suis comme tous les patriotes syriens", a-t-il expliqué au Sunday Times, écartant de nouveau tout départ comme l'exigent l'opposition, les pays Occidentaux et plusieurs pays arabes pour permettre une transition politique.

Son principal allié régional, l'Iran, a même annoncé samedi sa participation à l'élection

"Les Britanniques sont déterminés à militariser le problème"

présidentielle prévue en 2014. "Le président Assad, comme d'autres, participera à la prochaine élection", a indiqué le chef de la diplomatie Ali Akbar Salehi devant son homologue syrien Walid Mouallem. Nous sommes prêts à négocier avec tout le monde, y compris des militants qui déposent les armes", a ajouté le président syrien, dans cette interview enregistrée en vidéo la semaine dernière dans sa résidence à Damas. "Nous pouvons engager un dialogue avec l'opposition, mais pas avec les terroristes".

L'opposition hostile aux négociations

L'opposition rejette, quant à elle, toute négociation qui n'aboutirait pas à un départ de Bachar al-Assad. Fin février, Walid Mouallem a pour la première fois évoqué un dialogue avec les rebelles armés pour mettre fin au conflit qui, selon l'ONU, a tué plus de 70 000 personnes depuis son déclenchement par une révolte populaire qui s'est militarisée face à la répression.

L'ONU s'est proposée de "faciliter" un dialogue entre l'opposition et une délégation du régime "crédible et habilitée" à discuter, mais de telles négociations semblent exclues dans un futur proche tant les positions des protagonistes divergent.

Assad s'est aussi dit peiné pour les victimes du conflit en notant que "des milliers de familles ont perdu des êtres chers [...]" en soulignant que "personne ne peut sentir leur peine plus que nous".

Assad "délire"

William Hague accuse Assad de "délirer"

Le chef de la diplomatie britannique, William Hague, a accusé dimanche le président syrien Bachar al-Assad de "délirer" en refusant d'admettre sa responsabilité dans le "massacre" dans son pays. "On se rappellera de cette interview comme l'une des plus délirantes qu'un dirigeant ait jamais donné de nos jours", a réagi le ministre dimanche sur la BBC.

Le ministre britannique a précisé qu'il annoncerait cette semaine une aide non létale supplémentaire à l'opposition syrienne, conformément à ce qui a été annoncé jeudi lors d'une conférence internationale des "Amis de la Syrie" à Rome.

Avec AFP

 

Il a fustigé l'attitude de Londres favorable aux rebelles. "Comment peut-on s'attendre à ce qu'ils (les Britanniques) réduisent la violence alors qu'ils veulent envoyer du matériel militaire aux terroristes et n'essaient pas de faciliter le dialogue entre Syriens".

En réaction, le chef de la diplomatie britannique William Hague a accusé le président syrien de "délirer" en refusant d'admettre sa responsabilité dans le "massacre" dans son pays, où l'ONU a déploré des "crimes contre l'Humanité".

Mais sur le terrain, les combats continuent sans relâche et rebelles et soldats tentent de gagner chacun du terrain.

Les insurgés se sont emparés de la quasi-totalité de l'académie de police à Khan al-Assal (nord) à l'issue de combats qui ont tué en huit jours 120 soldats et policiers et 80 rebelles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Selon l'OSDH, cette base de 8 hectares est la plus importante position militaire prise dans la partie ouest de la province.

Plus au nord, des combattants du Front jihadiste Al-Nosra et d'autres insurgés ont pris le contrôle d'une prison à Raqa, près de la frontière turque, libérant "des centaines" de détenus, a ajouté l'ONG. Et dans Damas, deux obus sont tombés près de la place des Omeyyades sans faire de victimes.

La veille, les rebelles avaient subi un revers avec la prise par l'armée d'une route lui permettant d'acheminer renforts et armes de Hama vers Alep.

Enfin, le président Assad a déclaré qu'il n'excluait pas des représailles au raid aérien israélien près de Damas en janvier contre un convoi de missiles sol-air et des bâtiments soupçonnés d'abriter des armes chimiques selon des sources américaines. "Engager des représailles ne veut pas dire que l'on va rendre missile pour missile et balle pour balle. Nous n'avons pas à annoncer quelle sera notre manière à nous de procéder", a-t-il déclaré.

France 24 avec dépêches
 

Première publication : 03/03/2013

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