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Santé

Enfant "guéri" du sida : "Il faut du recul avant de prononcer le mot 'guérison'"

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 04/03/2013

Un enfant de deux ans et demi, contaminé in utero par le virus du sida, a été "guéri" à l'aide d'une trithérapie précoce. Une avancée scientifique que relativisent les Professeurs Montagnier et Delfraissy qui rechignent à parler de "guérison".

"C’est une histoire incroyable et unique au monde", s’est enthousiasmé, dimanche, le médecin et journaliste français Jean-Daniel Flaysakier sur son blog médical. Un enfant contaminé in utero par le virus du sida (VIH) a été guéri à l’aide d’une trithérapie antirétrovirale précoce. La nouvelle a été annoncée dimanche par des chercheurs américains lors de la 20e conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) à Atlanta, aux États-Unis.

La mère, séropositive, n’avait suivi aucun traitement pendant sa grossesse.

Le nouveau-né, mis sous traitement moins de 30 h après la naissance, a été capable, quelques mois plus tard, de se passer de sa trithérapie sans que le VIH ne se réplique à nouveau. Il s’agit du premier cas de guérison "fonctionnelle" chez un nouveau-né, c'est-à-dire que le virus n'a pas été complètement éradiqué dans l’organisme de l'enfant mais qu'il s’y trouve en si petite quantité que son système immunitaire le contrôle sans médication.

"Ce qui est exceptionnel, c’est l’arrêt du traitement. Les médecins ont appris que l'enfant avait arrêté son traitement à 18 mois. Pendant plusieurs semaines, il ne s’est plus soigné. C’est inédit. Jamais encore les nouveaux-nés séropositifs sous traitement n’avaient stoppé leur trithérapie", explique Jean-François Delfraissy, directeur de l’Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS), contacté par FRANCE 24. "Or, aucun des tests sanguins effectués chez cette fillette n'a détecté la présence du VIH malgré l’arrêt de son traitement."

Réactivation du virus ?

Reste que l’enthousiasme généralisé de cette nouvelle n’est pas partagé par tous les spécialistes. Le Professeur Luc Montagnier, à qui l’on attribue la découverte du virus du sida, en appelle à la "prudence". Et le célèbre virologue d’avancer deux raisons. D’une part, explique-t-il, le profil médical de cet enfant est assez rare. "Seul un tiers des bébés nés de mères séropostives non traitées sont infectés par le VIH. 70 % des enfants sont sains à la naissance", précise-t-il à FRANCE 24.

Trente ans de progrès

Trente ans après la découverte du virus du sida, on ne peut toujours pas guérir totalement de l’infection VIH ni spontanément ni par traitement. Mais les avancées scientifiques ont fait des progrès tels qu’il est désormais possible de vivre avec la maladie voire même d’éliminer presque totalement le virus du corps humain.

D’autre part, rien ne permet d’affirmer que le virus resté à l’état d’endormissement dans les cellules – rendant impossible sa destruction par le système immunitaire ou par les traitements - ne puisse se réactiver à tout instant. "Il faudrait suivre l’enfant périodiquement pour savoir si le virus revient ou non. Tout dépend de la persistance du ‘réservoir’ [c’est-à-dire la persistance des cellules dans lesquelles le virus peut rester caché pendant des années, ndlr]".

"Cette découverte n’a d’intérêt que pour la recherche"

Sur ce dernier point, le Professeur Delfraissy partage la réserve de Luc Montagnier. "Il faudrait en effet un recul de plusieurs années avant de pouvoir prononcer le mot ‘guérison’. Nous ne savons pas encore si le virus peut se ‘réveiller’ et libérer de nouvelles particules virales infectieuses".

Mais surtout, précise le Professeur de l’ANRS, cette nouvelle ne doit en rien changer les comportements médicaux des patients. "Cette découverte, aussi exceptionnelle soit-elle, n’a qu’un intérêt scientifique. Que s’est-il passé à l’intérieur de l’organisme de cet enfant ? Comment a-t-elle trouvé en elle les capacités de contrôler son infection ? C’est un problème passionnant pour les chercheurs. Cette découverte, en revanche, ne change pas les pratiques de traitement médical. Les patients ne doivent pas arrêter leur trithérapie", précise-t-il.

En juillet 2012, une étude de l’ANRS avait déjà fait état de "guérison fonctionnelle" chez un groupe de patients adultes traités très précocement après avoir été infectés – dans les dix premières semaines. Après trois ans de traitement, en moyenne, ces personnes ont arrêté leur trithérapie. Elles ont alors développé la particularité de contrôler parfaitement leur infection avec une charge virale quasi indétectable. Six ans plus tard, la maladie ne s’est toujours pas réactivée. Une victoire de plus dans la lutte pour l'éradication du sida.

Première publication : 04/03/2013

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