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Afrique

À Conakry, le gouvernement jette les bases d’un dialogue avec l’opposition

© AFP | Affrontement en marge d'une manifestation à Conakry, le 27 février.

Texte par Charlotte OBERTI

Dernière modification : 04/03/2013

Après cinq jours de violences à Conakry, le président guinéen et plusieurs acteurs de la vie politique se sont réunis lundi afin d’initier un dialogue sur la date controversée des législatives. "Une réunion de façade", selon certains opposants.

Après cinq jours d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, dans la capitale guinéenne, qui ont entraîné la mort de six personnes, dont un policier, pouvoir et opposition ont initié, lundi 4 mars, un dialogue politique sur la tenue des législatives prévue le 12 mai. Au cours d’une rencontre organisée à la présidence, le chef de l’État, Alpha Condé, et les principaux acteurs de la vie politique guinéenne, ainsi que ceux de la société civile, ont tâché de définir les principes qui pourraient garantir un scrutin, reporté depuis septembre 2011, fiable.

Depuis plusieurs mois, le pouvoir et l’opposition s’écharpent sur le déroulement de ces élections. Selon les opposants au parti d’Alpha Condé - élu en 2010 au terme d’un scrutin sous haute tension -, les conditions pour un processus électoral transparent ne sont pas réunies.

"Une réunion de façade", selon Sidya Touré

L’entretien de ce lundi est "une réunion de façade", lançait, avant la réunion, l’ancien Premier ministre et chef de file du parti de l’Union des forces républicaines (UFR), Sidya Touré, contacté par FRANCE 24.

"Il n’y a aucune négociation. Alpha Condé veut simplement donner l’impression à la communauté internationale qu’il souhaite apaiser les tensions et dialoguer avec l’opposition", commente celui qui est arrivé en troisième position lors de la dernière présidentielle. Bien qu’un porte-parole ainsi que deux représentants de l’opposition aient pris part aux discussions, Sidya Touré regrette "la mainmise" du parti présidentiel sur les choix relatifs au scrutin : "Un fichier électoral a été établi sans aucune consultation. Alpha Condé veut clairement exercer un contrôle sur les partis qui se présenteront. De plus, il reçoit régulièrement en privé les membres de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), chargée de déterminer la date de l’élection".

Pas de scrutin le 12 mai

Pour l’opposant, l'affaire est entendue : le scrutin législatif ne pourra pas se tenir le 12 mai, et ce en raison du strict respect du code électoral. "Selon la loi, un décret qui appelle le corps électoral aux urnes doit être signé au moins 70 jours avant la tenue de l’élection. Or, cette échéance limite a été atteinte vendredi dernier [le 1er mars] et il n’y a eu aucune signature. L’élection ne peut donc pas avoir lieu le 12 mai", conclut Sidya Touré.

Un constat partagé par le bras droit d’Alpha Condé, Albert Damatang Camara : "Le but est de respecter ce délai de 70 jours, donc les législatives ne pourront effectivement pas avoir lieu le 12 mai", confie-t-il, tout en précisant qu’aucune nouvelle date n’a été fixée au cours de la rencontre.

À l’heure où s’ouvrait la réunion, la tension était toujours palpable lundi dans les rues de Conakry. Des échauffourées et des pillages ont eu lieu dans plusieurs quartiers de la ville ainsi qu'au grand marché de Madina, selon le correspondant de RFI sur place, Moktar Bah.

Première publication : 04/03/2013

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