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Culture

Jérôme Savary, homme de théâtre loufoque et burlesque, s'éteint à 70 ans

© AFP

Texte par Priscille LAFITTE

Dernière modification : 05/03/2013

Le metteur en scène Jérôme Savary, adepte du théâtre populaire et auteur de nombreuses adaptations d’opéra et de théâtre, est mort lundi d’un cancer à l'hôpital franco-britannique de Levallois-Perret.

Homme de spectacle, amateur de cabarets au verbe haut et des opérettes enflammées, Jérôme Savary est mort lundi 4 mars au soir à l’âge de 70 ans. L’homme, boulimique de comédies musicales, de cirque et de théâtre populaire, défendait une certaine idée de la démocratisation de la culture.

Jérôme Savary commence par faire mouche dans les années 1960, quand il monte la Compagnie du Magic Circus. Ce mélange de théâtre, de cirque et de music-hall détonne dans le monde cloisonné du spectacle français. C’est avec le Grand Magic Circus qu’une troupe comme le prestigieux Cirque Plume avoue avoir découvert qu’on "pouvait s'amuser au théâtre".

Né le 27 juin 1942 à Buenos Aires, en Argentine, Jérôme Savary s’adonne à la mise en scène avec l’obsession de dépoussiérer de nombreux opéras et opérettes, quitte à se démarquer du livret d’origine. Il s’attaque ainsi à Offenbach ("La Belle Hélène", "La Périchole", "La Veuve joyeuse", "La Vie parisienne",  "Le Voyage dans la lune") mais aussi au "Rigoletto" de Verdi ou au "Barbier de Séville" de Rossini.

Loufoque dans ses choix de mises en scène, bouffon et parfois racoleur, Jérôme Savary devient un style à part entière, invité sur les plus grandes scènes (Avignon, Opéra Bastille, Chorégies d’Orange). L’homme marque chaque théâtre par lequel il passe : lorsqu’il prend la direction du Centre dramatique de Lyon, où il crée "Le Bal des Cocus" (1987), puis la direction du Théâtre national de Chaillot, où il monte tour à tour "La Nuit des rois" de William Shakespeare, "Le Bourgeois gentilhomme" de Molière ou encore "Cyrano de Bergerac" d’Edmond Rostand. Dans les années 2000, il appose sa patte à chaque production de l’Opéra Comique, où il met en scène l’une de ses muses, Arielle Dombasle.

Si le public est au rendez-vous – quoi que, sa mise en scène du "Tartarin de Tarascon", d'Alphonse Daudet fait un bide d’audience lors de sa diffusion fin décembre sur France Télévisions -, la critique théâtrale et musicale le sera de moins en moins. À croire que les gaudrioles de l’homme au cigare scotché aux lèvres avaient fini par lasser.

À l’annonce de sa mort, les hommages pleuvent sur Twitter pour saluer le "déconneur" et le "funambule".

Première publication : 05/03/2013

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