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Moyen-orient

Funérailles nationales pour Hugo Chavez, embaumé "comme Lénine"

© AFP

Vidéo par Ludovic de Foucaud

Texte par Dépêche

Dernière modification : 08/03/2013

Des funérailles nationales, auxquelles des centaines de personnalités politiques se joindront, seront rendues vendredi à l'ancien chef d'État vénézuéliens. Son corps sera embaumé "à la manière de Lénine" pour être exposé dans un cercueil de verre.

Des centaines de milliers de Vénézuéliens et plus d'une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement s'apprêtent à assister vendredi aux funérailles nationales du défunt président Hugo Chavez qui sera embaumé "comme Lénine".

Ces funérailles se dérouleront à partir de 11H00 (15H30 GMT) à l'Académie militaire de Caracas, où des centaines de milliers d'anonymes viennent s'incliner depuis mercredi en un flot ininterrompu devant la dépouille d'Hugo Chavez, décédé mardi d'un cancer.

La plupart des chefs d'Etat latino-américains seront présents, tout comme certains alliés controversés de l'ancien président "anti-impérialiste": l'Iranien Mahmoud Ahmadinejad, le Cubain Raul Castro et le Bélarusse Alexandre Loukachenko.

Les Etats-Unis, cibles de prédilection des diatribes enflammées d'Hugo Chavez, et les Européens, n'ont envoyé que des délégations de second rang.

Dès vendredi soir, l'ancien vice-président Nicolas Maduro, désigné par M. Chavez comme son dauphin, prêtera serment comme président par intérim.

Il "convoquera des élections en temps voulu, dans les 30 jours à venir, en accord avec la Constitution", a annoncé le président de l'Assemblée nationale, Diosdado Cabello.

M. Maduro a fait sensation jeudi en annonçant que le leader sud-américain serait "embaumé" comme les grands révolutionnaires du XXe siècle, Lénine, Hô Chi Minh et Mao Tse Toung et que son corps serait "visible au moins sept jours de plus".


"Pour l'éternité"


"Nous voulons que puissent le voir tous ceux qui le veulent", a-t-il expliqué.

"Il a été décidé de préparer le corps du Comandante, de l'embaumer, pour qu'il puisse être exposé dans un cercueil en verre, et que le peuple puisse l'avoir avec lui dans son musée de la Révolution pour l'éternité", a précisé M. Maduro.

Les autorités vénézuéliennes ont toutefois livré des informations contradictoires sur le moment où la dépouille de M. Chavez serait transférée à "la caserne de la Montagne", à l'ouest de Caracas, où un Musée de la Révolution bolivarienne est en construction.

M. Maduro a d'abord indiqué que ce transfert aurait lieu vendredi, après les funérailles d'Etat.

Mais le ministre des Sciences et Technologies et beau-fils de Chavez, Jorge Arreaza, a indiqué plus tard que la dépouille de l'ancien président resterait exposée pendant "au mois sept jours à l'académie militaire".

"Mon commandant sera embaumé. Il entre dans l'Histoire", a affirmé Berkis Martinez, épuisée d'avoir attendu toute la journée, sans pouvoir le voir.

"C'est bien qu'ils donnent sept jours de plus... et c'est encore court. Hier, j'ai marché huit kilomètres depuis l'hôpital militaire et je n'ai pas pu le voir. Je suis arrivé aujourd'hui, je suis arrivé à l'aube et je n'ai pas pu le voir", a témoigné auprès de l'AFP Antonio Gomez, 53 ans, qui faisait une pause sous un arbre sur un pont à proximité de l'Académie militaire.

Selon les autorités, plus de deux millions de Vénézuéliens ont déjà rendu hommage à leur dirigeant et des dizaines de milliers attendent encore leur tour, 24 heures sur 24.

Jeudi soir, sitôt arrivés à Caracas, le président cubain Raul Castro, suivi de la présidente brésilienne Dilma Rousseff, de son prédécesseur Luiz Inacio Lula de Silva puis du président équatorien Rafael Correa se sont recueillis devant la dépouille de Hugo Chavez.

Hugo Chavez était considéré comme le principal allié politique et économique de Cuba et se présentait souvent comme le fils spirituel du père de la Révolution cubaine, Fidel Castro.

L'annonce de la mort du chef de file de la gauche latino-américaine a provoqué une véritable onde de choc au Venezuela et ouvre une période d'incertitude.

L'opposition fait pour le moment profil bas. Mais le massif et ultime déferlement d’idolâtrie chaviste ne fait pas l'unanimité.

"La seule chose que Chavez a faite a été de répandre la haine et la division. Il veulent faire de lui un martyr. Cela me fait rire", grognait José Mendez, un programmateur informatique de 28 ans.

En 14 ans au pouvoir, Hugo Chavez a ravivé la flamme de la gauche latino-américaine "anti-impérialiste" sur le continent latino-américain.

Au Venezuela, il a forgé sa popularité dans les couches défavorisées avec des programmes sociaux financés par une manne pétrolière infinie, et grâce à son charisme exubérant. Il a aussi fortement creusé les clivages de la société vénézuélienne, sans parvenir à endiguer les pénuries et une violence urbaine croissante.

AFP

Première publication : 08/03/2013

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