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Afrique

Drame de Port-Saïd : violences meurtrières au Caire après la confirmation des peines de mort

Vidéo par France 3

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 11/03/2013

La justice égyptienne a confirmé, samedi, la condamnation à la peine capitale de 21 personnes pour leur rôle dans les émeutes de 2012 dans le stade de Port-Saïd. Un verdict qui a entraîné des heurts au Caire, où deux manifestants ont été tués.

Deux manifestants ont été tués samedi au Caire dans de nouvelles violences, après un verdict dans le procès d'une tragédie du football, qui a également provoqué des troubles à Port-Saïd (nord-est) et alourdi le climat déjà tendu dans le pays.

Un tribunal de Port-Saïd, siégeant au Caire pour des raisons de sécurité, a confirmé 21 condamnations à mort prononcées en janvier et annoncé 24 condamnations à des peines de prison -dont cinq à perpétuité- ainsi que 28 acquittements.

Le 1er février 2012, après une victoire du club Al-Masry de Port-Saïd sur Al-Ahly, célèbre club de la capitale, des centaines de supporteurs locaux avaient attaqué la tribune d'Al-Ahly. Les violences avaient fait 74 morts, en majorité cairotes, le bilan le plus lourd de l'histoire du football égyptien.

Au Caire, des supporteurs d'Al-Ahly, dénonçant des peines trop clémentes et l'acquittement de plusieurs policiers, ont incendié un club de la police et le siège de la Fédération égyptienne de football.

"Au début, on était content quand on a entendu les 21 condamnations à mort. On fêtait ça et on n'a pas entendu le reste du verdict", concernant les condamnations moins sévères et les acquittements, a déclaré à l'AFP un "Ultra", le surnom des supporteurs d'Al-Ahly. "Ensuite, on est devenu très en colère".

Près de la place Tahrir, des heurts, sporadiques depuis de semaines, ont repris entre la police et des manifestants, faisant deux morts parmi ces derniers, selon le ministère de la Santé.

Les manifestants ont également incendié deux restaurants près de la célèbre place, assurant qu'ils appartenaient à des hommes d'affaires islamistes.

A Port-Saïd, sur le canal de Suez, des centaines de manifestants ont bloqué le trafic des ferries traversant le canal pour dénoncer à l'inverse la confirmation des peines capitales, prononcées surtout contre des supporteurs d'Al-Masry.

Les manifestants ont brûlé des pneus et déployé une banderole réclamant "l'indépendance pour Port-Saïd".

Le général Ahmed Mahmoud Wasfi, chargé de la sécurité de la ville, a ordonné "la remise en service des ferries", sous la protection de l'armée, selon l'agence officielle Mena. L'organisme qui gère le canal a aussi fait savoir que le transit des cargos n'était pas affecté sur cet axe vital du transport maritime international.

L'armée appelée à l'aide

La circulation ferroviaire a été suspendue entre le Caire et Alexandrie (nord) après que des manifestants ont bloqué la voie ferrée, a annoncé le chef de l'Autorité des chemins de fer, Hussein Zakarya cité par l'agence Mena.

Et dans le Sinaï, une région qui jouxte le canal et déjà troublée par des trafiquants et des militants islamistes, la police a été placée en alerte renforcée par crainte d'attaques contre des commissariats.

Plusieurs policiers faisaient partie des accusés après le drame de Port-Saïd: deux officiers de haut rang ont écopé de 15 ans de prison, mais sept autres membres de la police ont été acquittés.

La police avait été mise en cause pour sa passivité au stade, et nombre d'Egyptiens pensent que l'affaire a été fomentée par d'anciens partisans de Hosni Moubarak afin d'attiser les tensions dans le pays.

"Ces verdicts ne touchent pas ceux qui ont réellement perpétré le crime, les chefs du ministère de l'Intérieur et les membres du conseil militaire" au pouvoir au moment de l'affaire, a estimé le Mouvement du 6-Avril, une organisation de jeunes pro-démocratie.

Les condamnations à mort de janvier avaient déjà provoqué une flambée de colère à Port-Saïd, où une quarantaine de personnes avaient péri dans des affrontements avec la police.

Les affrontements avaient repris depuis une semaine dans la ville, poussant le président islamiste Mohamed Morsi à appeler l'armée au secours de la police pour tenter de ramener le calme à Port-Saïd.

Ces violences ont alourdi le climat en Egypte, qui connaît une transition politique chaotique jalonnée de violences.

Vendredi, le chef de la police anti-émeute en Egypte a été limogé après une grève sans précédent dans les rangs des policiers, qui dénonçaient leur manque d'équipement face aux manifestants violents.

Le pays, où la justice vient d'annuler l'organisation de législatives prévues fin avril pour non-conformité avec la Constitution, est également en proie à de graves difficultés économiques.

AFP

Première publication : 09/03/2013

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