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Le Vatican à l'heure du choix

© AFP

Vidéo par Marie NORMAND , Anne SOETEMONDT

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 12/03/2013

Les 115 cardinaux électeurs entrent en conclave ce mardi pour élire le 266e pape de l’Église catholique qui succèdera à Benoît XVI, premier pontife à renoncer à sa fonction en 700 ans. Dans la Chapelle Sixtine débute un protocole millénaire.

C’est un événement suivi par des millions de fidèles dans le monde. À compter de ce mardi, les 115 cardinaux électeurs chargés d'élire le nouveau pape vont restés cloîtrés au cœur du Vatican jusqu'à ce qu'ils aient désigné le successeur de Benoît XVI .

Dès 7 heures ce matin (heure locale), les "Princes du pape" ont emménagé dans la Maison Sainte-Marthe, où ils résideront tant qu'ils n'auront pas élu le 266e pape.

Après avoir suivi la messe "pro eligendo Pontifice" (pour l'élection du pontife romain) célébrée dans la basilique Saint-Pierre par le cardinal Angelo Sodano, doyen du Sacré Collège (ou Collège des cardinaux), ces derniers sont entrés en procession dans la chapelle Sixtine. Puis, chacun d'eux a, la main posée sur l'Évangile, "juré de garder le secret absolu sur tout ce qui concerne directement ou indirectement les votes et les scrutins pour l'élection du souverain pontife". Selon un rituel immuable et strict hérité du Moyen-Âge, les portes de la chapelle ont ensuite été fermées "à clé" (d'où l'origine du nom de "Conclave"). Les cardinaux électeurs, qui doivent être âgés de moins de 80 ans, ne sont pas autorisés à utiliser le téléphone ou à tweeter sous peine d'excommunication.

Quatre votes par jour

Totalement coupés du monde, ces derniers vont maintenant devoir procéder au premier vote à l'issue duquel tous les bulletins seront brûlés pour effacer toute trace d'un scrutin  très secret dont les cardinaux ne peuvent faire état, même longtemps après.

Il est fort probable qu’aucun nom ne se dégage à l’issue de cette première journée. Dans ce cas, une fumée noire s’échappera de la Chapelle Sixtine grâce à l'adjonction de fumigènes. Pour être élu, le pape doit obtenir une majorité des deux tiers, soit 77 voix. Selon les spécialistes, le conclave pourrait durer entre deux et quatre jours.

Tant que le pape n’est pas élu, les cardinaux, qui se retireront le soir dans leur résidence, reviendront chaque matin pour procéder à une nouvelle journée de vote (deux tours le matin, deux tours l’après-midi). Les fidèles seront informés par des fumées noires à midi et 19 h. En cas d’élection du nouveau pape, le résultat sera immédiatement annoncé par une fumée blanche qui pourrait s'échapper vers 10h45, midi, 17h45 ou 19h.

Pas de favori

"La liste des papabili s'est réduite", indique le quotidien catholique "La Croix". Une demi-douzaine de noms resterait encore en lice. Le choix semble plus ouvert qu'en 2005...", note Dominique Greiner dans son édito.

"Sera-t-il Blanc ou Noir ? Italien ou pas ?" s'interroge Étienne de Montety, dans "Le Figaro" qui consacre aussi sa une au conclave, avant d'ajouter : "Aucune importance... Dès son apparition au balcon, sa parole portera, universellement, au-delà de sa simple personne."

Pour l’instant, aucun favori ne se dégage réellement, même si le nom de l'Italien Angelo Scola est cité régulièrement par les vaticanistes. Parmi les autres candidats, tous ont des ressemblances évidentes avec leurs précédesseurs Benoît XVI et Jean-Paul II. Le Canadien Marc Ouellet, le Brésilien Odilo Scherer, l'Autrichien Joseph Schönborn, le Hongrois Peter Erdö ou encore les Américains Timothy Dolan et Sean O'Malley sont tous réputés conservateurs, plus soucieux d'empêcher que la foi se dilue que d'engager des réformes de société.

Un cardinal français annoncera "Habemus papam"

"L'élu devra être une forte personnalité doublée d'un administrateur solide", assure Philippe Waucampt, dans le "Républicain lorrain". Le nouveau pape aura le défi de redorer l'image de l'Église ébranlée par le récent scandale des fuites Vatileaks, mais aussi par les scandales sexuels. "Une lourde tâche pour le successeur de Saint-Pierre", reconnaît également François Sergent dans "Libération".

Pour l’heure, une seule certitude : c'est un Français, le cardinal Jean-Louis Tauran, qui, grâce à sa fonction de protodiacre du conclave (ndlr : premier dans l'ordre des diacres), a été désignée pour prononcer la célèbre phrase "Habemus papam" pour annoncer au monde le nom du nouveau pape.

L'élection du 266e pontife clôt un mois mouvementé, entamé le 11 février avec l'annonce surprise par Benoît XVI de sa renonciation à l'âge de 85 ans. Premier pape vivant à assister à l'élection de son successeur, Joseph Ratzinger suivra le processus de loin. Depuis le 28 février, le "pape émérite" s'est retiré dans la résidence d'été des papes, à Castel Gandolfo, à une trentaine de kilomètres de la Ville éternelle.

Première publication : 12/03/2013

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