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Afrique

Accusée d’exactions, l’armée malienne est tenue de "respecter la population"

© France 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 14/03/2013

Accusés par l'ONU d'exercer des représailles contre des civils d’origine arabe ou touareg, les soldats maliens sont appelés à se ressaisir par leurs supérieurs. Reportage à Gao de nos envoyés spéciaux, Roméo Langlois, Luke Brown et Khalil Bechir.

À Gao, le colonel-major Didier Dacko est venu rappeler ses troupes à l'ordre. "Votre comportement vis-à-vis des civils est primordial, lance-t-il à ses hommes déployés sur un poste de contrôle sur le fleuve Niger. C’est ce qui nous rendra légitime dans le travail que nous faisons."

En charge de commander les opérations militaires contre les djihadistes dans le nord du Mali, le colonel malien poursuit : "Vous fouillez la population en la respectant. Pas de violence sur quiconque !".

À la suite des nouvelles accusations d'exactions dont l'armée malienne fait l'objet, le colonel Dacko exige un comportement exemplaire de ses troupes. Après plusieurs ONG, dont Human Rights Watch, c’est aujourd’hui l’ONU qui accuse, en effet, les forces gouvernementales d'exactions envers des civils d'origine arabe ou touareg soupçonnés d'être complices des islamistes. 

Les Touareg et les groupes ethniques arabes principalement visés

Les conclusions de la mission d'observation effectuée par le Haut Commissariat aux droits de l'Homme depuis le 18 février "suggèrent que la récente intervention dans le nord du Mali a été suivie par une grave escalade de représailles", a déclaré la haute-commissaire adjointe, Kyung-wha Kang, devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU. Ces représailles ont été menées par des soldats qui semblaient "viser les Peuls, les Touareg et des groupes ethniques arabes perçus comme soutenant les groupes armés" qui occupaient le nord du Mali depuis 2012, a-t-elle ajouté.

Bamako est chargé d'enquêter sur ces allégations et de punir les responsables. Le ministre de la Justice du Mali, Malick Coulibaly, a déclaré que ces accusations sont "le fait d'actes isolés dont les auteurs seront poursuivis et punis". "D'ores et déjà, des militaires soupçonnés d'exactions ont été rappelés sans attendre du théâtre des opérations et remis à la justice malienne", a-t-il poursuivi, soulignant que "le Mali n'est pas en guerre contre une ethnie, une race, une religion ou une région". Le ministre a par ailleurs souligné que son pays a demandé dès 2012 à la Cour pénale internationale (CPI) d'enquêter sur la situation afin de lutter contre l'impunité.


REPORTAGE : La formation des troupes maliennes

Première publication : 13/03/2013

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