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Economie

La Russie, principale victime collatérale du plan de sauvetage chypriote

© AFP

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 18/03/2013

Les conditions que l’Union européenne veut imposer à Chypre en contrepartie d’une aide de 10 milliards d’euros auront un impact significatif sur les Russes et leur pouvoir d'achat. L’île est, en effet, très prisée pour sa fiscalité.

Vladimir Poutine n’est pas content. La taxe sur les dépôts dans les banques chypriotes est “injuste”, “non professionnelle” et “dangereuse”, a fait savoir, lundi 18 mars, le Président russe. Le maître du Kremlin réagissait au plan de sauvetage de la petite île, qui impose aux banques locales de prélever 6,75 % sur tous les dépôts en deçà de 100 000 euros et 9,99 % au-delà.

Une prise de position de Vladimir Poutine qui s’explique par l’importance des intérêts financiers de ressortissants russes à Chypre. Leurs avoirs dans l’île s’élèvent à, environ, 20 milliards d’euros soit près de 40 % de la totalité des dépôts dans cette économie largement dominée par le secteur bancaire. Mais ce n’est que l’estimation la plus fréquemment citée, car “même la banque centrale de Chypre ne sait pas exactement à combien s’élèvent les dépôts russes”, rappelle, lundi, le quotidien économique français "Les Échos".

En fonction de cette évaluation, des analystes - cités par l’agence de presse AFP - jugent que l’entrée en vigueur de la fameuse taxe devrait faire perdre quelque deux milliards d’euros aux ressortissants russes.

Si les Russes et les Chypriotes sont liés historiquement depuis des siècles notamment sur le plan religieux (chrétiens orthodoxes), les relations entre les deux pays sont, depuis plus d’une décennie, dominées par l’argent. “D’un point de vue économique, les liens sont tellement forts que Chypre pourrait tout à faire être considéré comme une région à part entière de la fédération russe”, assure au quotidien économique britannique Financial Times, Steven Dashevsky, fondateur de la société d’investissement russe Dashevsky & Partners. Une boutade popularisée par le célèbre opposant Alexeï Navalny souligne l’importance des avoirs russes sur l’île : “si Chypre décidait de nationaliser ses banques, l’île deviendrait propriétaire de la Russie”.

Forte diaspora

Les Russes sont attirés par le climat fiscal chypriote. La faible taxe de 10 % sur les bénéfices des sociétés (qui devrait être rehaussée à 12 % selon le plan de sauvetage européen) et une certaine discrétion des banques font de l’île un “paradis fiscal légal de choix pour les Russes”, souligne le "Financial Times". Le cadre légal du droit des sociétés, inspiré du modèle anglo-saxon, apporte en outre une certaine sécurité que les hommes d’affaires russes n’ont pas chez eux, souligne, pour sa part, "Les Échos".

Autant d’éléments qui expliquent  la présence de plus de 50 000 Russes installés “de façon permanente à Chypre”, souligne Natalia Kardash, rédactrice en chef du Cyprus Messenger, le principal journal en langue russe sur l’île.

Une diaspora dont les retombées ne se limitent pas aux comptes bancaires. Les banques russes ont également investi jusqu’à 12 milliards d’euros dans les établissements bancaires chypriotes, d’après l’agence de notation Moody’s. Elles ont en outre prêté plus de 30 milliards d’euros aux entreprises russes installées sur l’île.

D’où la crainte qu’une éventuelle course des épargnants pour retirer leurs fonds mettent tout le secteur en péril et aggrave sensiblement le montant des pertes de la Russie, qui selon Moody's, pourrait atteindre 40 milliards d’euros, rapportait jeudi 14 mars la chaîne russe d’information en continue Russia Today.

Un risque que le ministre chypriote des Finances, Michalis Sarris, pourra avancer mercredi 20 mars à Moscou. Il doit en effet se rendre au Kremlin pour y négocier une éventuelle participation russe au sauvetage de l'île.

Première publication : 18/03/2013

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