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Afrique

Le Zimbabwe se dote d'une Constitution plus démocratique

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 19/03/2013

Les Zimbabwéens ont massivement approuvé mardi la nouvelle constitution, censée introduire plus de démocratie et réduire les pouvoirs du président Mugabe. Cette victoire du "oui" doit ouvrir la voie à des élections générales dans les mois à venir.

Les Zimbabwéens ont depuis mardi une nouvelle Constitution, massivement approuvée par référendum et qui introduit plus de démocratie sur le papier, mais il n'est pas dit que cela suffise à passer sans heurts le cap d'élections générales auxquelles le président Robert Mugabe entend se représenter.

La réforme constitutionnelle réduit les pouvoirs du président mais n'empêche pas M. Mugabe d'être à nouveau candidat après 33 ans de pouvoir. Elle supprime aussi le poste du Premier ministre, qui faisait office de contre-pouvoir depuis 2009, mais renforce les pouvoirs du Parlement.

Le "oui" l'a emporté avec plus de 3,079 millions de voix, tandis que 179.489 électeurs ont dit "non" lors du référendum de samedi, selon les résultats officiels.

"Comme la majorité des votes exprimés sont favorables à l'adoption du projet de Constitution, celui-ci est déclaré adopté par le peuple zimbabwéen", a déclaré mardi Lovemore Sekeramayi, un responsable de la commission électorale (ZEC).

Quelques formalités parlementaires, notamment un débat qui aura tout d'une cérémonie, restent à accomplir pour que le texte soit promulgué et rende définitivement caduque la Constitution adoptée en 1980 à l'indépendance.

Près de six millions d'électeurs pouvaient s'exprimer et la participation a été légèrement supérieure à la moitié du corps électoral avec 3,3 millions de votants. "C'est le chiffre le plus élevé dans l'histoire du pays", selon le ministre des Affaires constitutionnelles Eric Matinenga.

"C'est un grand pas vers les élections", a-t-il ajouté, sans préciser quand elles auront lieu.

La nouvelle Constitution protège les Zimbabwéens contre toute forme de violence et de torture et garantit la liberté d'expression. Elle avait le soutien affiché de M. Mugabe, pressé à 89 ans de se faire réélire, et de son adversaire et Premier ministre de cohabitation Morgan Tsvangirai, 61 ans, même si les défenseurs des droits civiques estiment que celui-ci a fait trop de concessions.


Des élections cette année


"La constitution est un bébé du combat démocratique au Zimbabwe", s'est félicité mardi M. Tsvangirai. Faisant allusion aux tracasseries et arrestations auxquelles ont été confrontés certains de ses partisans et collaborateurs ces derniers jours, il a voulu rester positif.

"Ne désespérons pas (...). Nous devons rester vigilants et concentrés en dépit de ces tentatives visant à détourner notre attention de nos objectifs démocratiques", a-t-il dit dans un communiqué.

MM. Mugabe et Tsvangirai ont formé un gouvernement d'"union nationale" début 2009, imposé sous la pression diplomatique pour éviter une guerre civile après la présidentielle chaotique de 2008.

Les prochaines élections peuvent légalement se tenir n'importe quand d'ici fin octobre. Un jugement de la cour suprême impose à M. Mugabe d'annoncer une date avant le 31 mars.

Le référendum dont le relatif bon déroulement a été salué par les Etats-Unis et les observateurs régionaux de la SADC (Communauté de l'Afrique australe), a été terni par des violences, certes isolées mais visant comme par le passé l'opposition à M. Mugabe.

Une équipe de la BBC a aussi été prise à partie et des membres du parti de M. Tsvangirai ont été arrêtés.

Quatre de ses collaborateurs étaient toujours en détention mardi, pour des chefs d'accusation tels que viol du secret d'Etat. Une avocate spécialisée dans la défense des droits de l'homme, Beatrice Mtetwa, restait également détenue.

Ces incidents et d'autres facteurs concourent à faire douter de la capacité du Zimbabwe à tenir des élections vraiment libres, après quinze ans de scrutins émaillés de violences et 33 ans d'un pouvoir dont les acquis, notamment en matière d'accès à l'éducation, ne font pas oublier les atrocités commises dès le milieu des années 1980 contre les Ndébélés (sud), l'échec économique des années 2000, la corruption ou l'instabilité juridique dont se plaignent les investisseurs étrangers.

"Il est presque certain que les élections auront lieu cette année", constate McDonald Lewanika, membre de l'association Crisis Coalition for Zimbabwe. Mais les changements constitutionnels auront-ils eu le temps de produire tous leurs effets ? C'est peu probable selon lui.

"Il y a plus de temps qu'il n'en faut pour mettre la législation électorale au diapason de la Constitution", assure au contraire Jonathan Moyo, membre du bureau politique de la ZANU-PF, le parti de M. Mugabe.

Reuters

Première publication : 19/03/2013

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