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Afrique

Un prédicateur bahreïni veut remettre les prostituées tunisiennes dans le droit chemin

© Imed Bensaied

Texte par Imed BENSAIED

Dernière modification : 20/03/2013

En Tunisie, un prédicateur bahreïni a proposé de créer un fonds pour aider les prostituées à cesser leur activité. Une initiative qui a suscité de vives réactions dans un pays où d'autres religieux du Golfe ont déjà prêché la bonne parole.

Depuis plusieurs semaines, les internautes tunisiens font circuler sur les réseaux sociaux une vidéo, intitulée "une pécheresse m’a fait pleurer", où l'on voit le prédicateur bahreïni Hassan al-Husseini s’adresser à des prostituées dans une maison close de Sousse, dans l'est de la Tunisie, sur un fond sonore de chants religieux musulmans.

En à peine trois jours, plus de 3 millions de personnes avaient visionné l’enregistrement sur la plateforme de partage YouTube. L’initiative du religieux Bahreïni a

La prostitution, un phénomène présent au Bahreïn également

Nombre d’internautes tunisiens ont ainsi voulu rappeler à Hassan al-Husseini ce statut privilégié de la femme tunisienne en laissant des commentaires sur la page Facebook du prédicateur. Ils ont également posté des liens vers des articles faisant état de scandales de prostitution avérés au Bahreïn, invitant le religieux à se consacrer d’abord à sauver l’âme des femmes de son pays avant de s’intéresser aux Tunisiennes. Indignés de l’intrusion du prédicateur du Golfe chez eux, de jeunes tunisiens ont même créé une page Facebook intitulée "Sauvons les femmes du Bahreïn de la prostitution".


 

en effet suscité un vif étonnement chez les Tunisiens. En témoigne les avis postés sur Facebook notamment. Nombreux sont ceux qui voient dans le geste du prédicateur un manque de respect envers les femmes, d’autant que ce dernier n’a pas hésité à créer un fonds pour "sauver les femmes libres de Tunisie". Il compte ainsi récolter des dons pour sortir ces femmes de la prostitution. Interrogé par FRANCE 24, le ministère tunisien des Affaires religieuses s’est refusé à tout commentaire, se bornant à souligner que Hassan al-Husseini n’avait enfreint aucune loi en Tunisie.

L’appel du prédicateur a eu lieu quelques semaines seulement après qu’un journaliste a affirmé, sur la chaîne qatarie Al-Jazira, que les infrastructures de la Tunisie avaient été bâties grâce à l’argent de la prostitution et la vente d'alcool sous l’ère des présidents Bourguiba et Ben Ali. Une affirmation qui a été abondamment relayée sur les réseaux sociaux, certains y voyant une atteinte aux droits des femmes tunisiennes, qui jouissaient de plus de liberté qu'ailleurs dans le monde arabe. Du moins jusqu’à l’arrivée des islamistes au pouvoir. Certains intellectuels ont également réagi : l’écrivaine tunisienne Olfa Youssef a ainsi publié sur sa page Facebook une note intitulée "Je suis prostituée et j’en suis fière", en guise de réponse à Hassan al-Husseini. Mais que pensent les premières concernées, les prostituées, de l’initiative du prédicateur bahreïni ?

Dans une maison close tunisienne, on dénonce l’initiative du prêcheur bahreïni

Dans une maison close de Tunis, les propos de Hassan al-Husseini, loin de convaincre, suscitent les moqueries des prostituées. Dalinda, qui dirige le lieu, estime que recourir à un fonds pour aider ces femmes à quitter la prostitution est ridicule car, selon elle, la plupart d'entre elles préfèrent travailler dans ce lieu qui, depuis dix ans, leur assure un revenu stable, ce qu’aucun fonds ne peut garantir.

Dalinda souligne également que ce type d’endroit propose un service non négligeable à la société car il offre aux clients un cadre sain. Les maisons closes existent en Tunisie depuis environ 80 ans et participent d’un certain équilibre dans la société. "Nous refusons totalement l’appel du prédicateur de laisser tomber notre métier. Toute tentative de dédommagement ne serait de toutes façons que temporaire et ne nous garantira pas de trouver un emploi stable. Nous demandons à ces gens de nous laisser tranquilles", affirme la femme.

Siham, prostituée depuis trois ans
© Imed Bensaied/France 24

Agée d’une vingtaine d’années, Siham travaille dans cette maison close depuis trois ans. "J’aimerais vraiment qu’on nous laisse tranquilles", affirme-t-elle. "J’invite les prédicateurs et autres islamistes à nous laisser dans notre misère vu que l’État ne nous a pas laissées le choix. Nous n’avons pas choisi ce métier de plein gré, et nous faisons l’objet aujourd’hui de menaces de la part des salafistes", déplore la jeune femme. "Ces prédicateurs parlent mais agissent d’une manière différente. Ils cherchent à se faire de la publicité et nous ne croyons pas un mot de leurs promesses", lance encore Siham.*

Parmi les clients, des prédicateurs également

Pour Malika, une autre prostituée âgée d’une trentaine d’années, les salafistes et les prédicateurs islamistes ne sont pas légitimes, c’est pourquoi elle ne peut leur faire confiance. Selon elle, le fonds est un projet irréaliste. Depuis la chute de Ben Ali, la fréquentation des maisons closes a beaucoup diminué. "Nos revenus ont baissé de plus de 80 %, sans compter que le regard de la société envers nous est plus sévère", raconte Malika. "On nous traite de mécréantes et de pécheresses. Pourtant on a décidé de ne pas travailler pendant le ramadan et les vendredis pour ménager les croyants, que veulent-ils de plus", s’indigne-t-elle. "Nous n’avons pas de diplômes qui nous permettraient de prendre un nouveau départ. Nous vivons notre religion en accord avec notre société. Nous n’avons pas besoin de quelqu’un pour nous sermonner ou nous faire la leçon", insiste la jeune femme.

Certaines prostituées n’ont pas hésité à pointer du doigt le gouvernement, notamment

Malika, prostituée dans une maison close de Tunis

le parti Ennahda au pouvoir. C’est le cas d’une autre femme qui dirige également une maison close. Elle accuse les autorités d’être complices du prédicateur pour influencer l’opinion publique sur les prostituées et inciter les violences à leur encontre. "Ce genre d’initiative ne fait qu’augmenter les menaces qui pèsent sur nous. Nous tenons pour responsable le Premier ministre Ali Larayedh et Ennahda de ce qui pourrait nous arriver après la diffusion de la vidéo de Hassan al-Husseini", affirme-t-elle.

Samira, une autre prostituée, se demande quant à elle comment des prédicateurs peuvent lancer des appels pour sauver les prostituées du péché alors qu’ils en sont eux-mêmes des clients réguliers. Elle y voit une stratégie du gouvernement tunisien qui, en autorisant les agissements de ces religieux étrangers, veut semer la discorde dans la société tunisienne.

 

Première publication : 20/03/2013

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