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Afrique

Les rebelles du Séléka sont aux portes de Bangui

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 22/03/2013

Après avoir forcé, vendredi à la mi-journée, un barrage de la force africaine à Damara, dernier verrou situé au nord de Bangui, les rebelles centrafricains du Séléka ne sont plus à présent qu'à une vingtaine de kilomètres de la capitale.

Les rebelles du Séléka ont annoncé, vendredi 22 mars, qu'ils n'étaient plus qu'à une vingtaine de kilomètres de Bangui, la capitale centrafricaine. La périphérie de la ville serait même déjà infiltrée par des éléments insurgés.

"Mes hommes ne sont plus qu'à 22 km de la périphérie de Bangui", a déclaré à Reuters Nelson Ndjadder, un porte-parole des insurgés joint par téléphone de Paris. Notre objectif est de prendre Bangui aujourd'hui. Nous disposons de 2 000 hommes sur le terrain dont certains se sont déjà infiltrés dans la capitale."

Plus tôt dans la journée, le dernier verrou sur la route de la capitale centrafricaine a sauté. Les rebelles du Séléka ont forcé un barrage de la force africaine, situé à Damara, à 75 kilomètres au nord de la capitale Bangui. Tenu par des soldats tchadiens et gabonais, ce barrage était considéré comme "la ligne rouge" à ne pas franchir par la Communauté économique et monétaire des États d'Afrique centrale (Cemac).

En début d’après-midi, la coalition rebelle a confirmé son avancée en annonçant son intention d'entrer dans la capitale. "Nos troupes viennent de prendre Damara. Nous appelons tout le monde, civils et militaires, au calme en attendant l'arrivée de nos troupes à Bangui, afin d'éviter des combats inutiles", a déclaré à l'AFP depuis Paris l'un des porte- parole du Séléka, Eric Massi.

"Déclaration de guerre"

"Il y a eu des tirs sans faire de blessés. Les rebelles ont forcé le barrage et sont passés" vers 12 h (11 h GMT) locales, a affirmé à l'AFP une source au sein de la mission militaire des États d'Afrique centrale (Fomac). "Nous sommes en alerte maximum", a-t-elle indiqué.

Une situation inconcevable il y a encore quelques mois. En janvier dernier, le général Jean-Félix Akaga, commandant gabonais de la Fomac, s'était montré ferme devant l’éventualité du franchissement de ce barrage. "Si les rebelles attaquent Damara, c'est une déclaration de guerre, cela veut dire qu'ils ont pris la résolution d'engager les 10 États d'Afrique centrale. Je ne pense pas sincèrement qu'ils en arriveront là", avait-il déclaré lors d'un point de presse à Bangui.

Jeudi 21 mars, les rebelles centrafricains se sont également emparés de deux villes du nord du pays, après avoir rejeté une offre de paix de dernière minute. Outre le départ des contingents africains, dont quelque 400 militaires sud-africains, envoyés dans le pays pour faciliter des pourparlers de paix, les rebelles exigent également des postes pour leurs chefs politiques et militaires au sein du gouvernement conformément à l'accord de partage du pouvoir signé en janvier à Libreville.

Avec dépêches

Première publication : 22/03/2013

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