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EUROPE

Bersani, le chef de la gauche italienne, au défi de former le nouveau gouvernement

© AFP

Vidéo par Marie NORMAND

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 22/03/2013

Pier Luigi Bersani (Parti démocrate) s’est vu confier par le président Napolitano la tâche de constituer un gouvernement. Une mission qui s'annonce difficile, aucune majorité claire n'ayant émergée après les législatives de février.

Le président italien Giorgio Napolitano a confié vendredi 22 mars à Pier Luigi Bersani du Parti démocrate (PD) la délicate mission de constituer un nouveau gouvernement. "J'ai donné à M. Bersani la tâche de vérifier l'existence d'un soutien parlementaire sûr à un gouvernement", a-t-il déclaré devant la presse après s’être entretenu avec les membres des différents partis.

Une loi électorale complexe

L’actuelle loi électorale en Italie est si complexe qu’elle a été surnommée "Porcellum", (porcherie). La Chambre des députés, Chambre basse, compte 630 sièges tandis que le Sénat en compte 315 (plus quatre sénateurs nommés à vie). Tous les sièges seront pourvus à l’issue des élections générales du 24 et 25 février. Les sièges dans les deux chambres sont répartis de façon proportionnelle, dans le respect de certaines limites visant à encourager les partis à former des coalitions. Celle qui arrive en tête se voit décerner le "prix de la majorité" à la Chambre des députés qui lui garantit au moins 340 des 630 sièges. " Le prix de la majorité" s'applique également au Sénat, mais sur une base régionale, ce qui rend plus difficile pour une coalition d’obtenir une majorité de sièges dans les deux chambres.

La partie est loin d’être gagnée pour le chef de la gauche alors qu'aucune majorité claire n'est sortie des urnes lors des législatives qui se sont déroulées fin février. Les deux Chambres ont le même poids dans la vie politique italienne, obligeant Pier Luigi Bersani à obtenir des deux un vote de confiance. Or sa coalition, qui représente la première force politique du pays, détient la majorité absolue à la Chambre des députés mais pas au Sénat.

Loi électorale alambiquée 

Depuis plusieurs semaines, Pier Luigi Bersani a tenté, en vain, d’approcher le Mouvement cinq étoiles (M5S) conduit par l’humoriste Beppe Grillo. Un soutien d’une partie des 54 sénateurs du M5S signifierait la majorité absolue à la Chambre haute. Mais le Mouvement a d’ores et déjà décliné toute proposition de coalition. Avec environ 25 % des suffrages, le M5S a certes obtenu le plus grand nombre de voix aux législatives mais il ne s'est classé qu'en troisième position comme force parlementaire, derrière les coalitions de gauche de Pier Luigi Bersani et droite de Silvio Berlusconi, en raison de la loi électorale alambiquée en vigueur en Italie. 

Le Cavaliere, quant à lui, a tendu la main à Pier Luigi Bersani à plusieurs reprises en lui proposant un "gouvernement de coalition" entre son parti le Peuple de la Liberté (PDL) et le Parti démocrate. Une offre systématiquement refusée ces dernières semaines par le principal intéressé dont la base électorale rejette toute alliance avec celui qui est son plus grand adversaire depuis son entrée en politique il y a 18 ans. 

Abandon possible à tout moment 

Compte tenu du "malaise social" et de "l'insatisfaction des Italiens à l'égard du système des partis", le président Giorgio Napolitano a estimé que la coalition de gauche était "objectivement dans les conditions les plus favorables" pour s’atteler à la formation du nouveau gouvernement. 

Le portrait en vidéo de Beppe Grillo

Il s’est toutefois montré prudent à en juger par le choix de ses propos. En effet, à aucun moment il n’a déclaré avoir "donné un mandat", préférant "confier la tâche de vérifier" la viabilité d’un gouvernement en l’état. 

Une réserve qui s’explique par la possibilité pour Pier Luigi Bersani d’abandonner à tout moment. Si les consultations qu'il va mener avec les leaders des autres partis politiques représentés au Parlement s’avèrent infructueuses, il peut alors rendre son mandat à Giorgio Napolitano. 

Mais pour l’heure, la difficulté de la tâche qui l’attend ne semble pas entamer l’énergie du leader de la gauche : "Je rencontrerai les forces parlementaires et politiques avec des idées claires, peu de paroles et des intentions précises sur les réformes à entreprendre, qui doivent concerner le système politique. Je remplirai cette mission avec une très grande détermination. Je prendrai le temps nécessaire, c'est une situation difficile", a-t-il déclaré après l’annonce du président.

FRANCE 24 avec dépêches

Première publication : 22/03/2013

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