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Afrique

Les rebelles de la Séléka annoncent leur entrée dans Bangui

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 24/03/2013

Le porte-parole de la Séléka a annoncé samedi l'entrée des rebelles dans la capitale centrafricaine, Bangui. Selon plusieurs des témoins, la rébellion et l'armée se sont affrontées dans les faubourgs du nord de la ville.

Les rebelles de la Séléka ont fait leur entrée dans la capitale centrafricaine, a affirmé samedi leur porte-parole. Ils demandent aux forces gouvernementales de ne pas combattre et exigent le départ du président François Bozizé.

Des troupes françaises à Bangui

La France a envoyé des troupes en Centrafrique pour sécuriser l'aéroport de Bangui face à l'avancée des rebelles de la Séléka, selon une source diplomatique française à Paris.

"Une compagnie a été envoyée pour renforcer et sécuriser l'aéroport de Bangui. L'aéroport est désormais sécurisé", a fait savoir cette source.

Quelque 250 soldats français se trouvaient dans la capitale centrafricaine avant l'arrivée du nouveau contingent militaire.
 

"Nos éléments viennent d'entrer au PK 12 [un secteur des faubourgs de la ville, NDLR]. On appelle les populations à rester chez elles, les Faca [forces régulières centrafricaines, NDLR] à ne pas combattre, et le président Bozizé à partir", a annoncé depuis Paris l'un des porte-parole de la rébellion, Eric Massi.

Hyppolite Donossio, le correspondant de RFI sur place, rapporte l’entrée de deux colonnes de l’armée rebelle. "L’information a été confirmée par quelques habitants du PK12, affirme le journaliste. Les combats se concentrent actuellement dans le quartier où se trouve la résidence du président François Bozizé".

Le président Bozizé en fuite ?

Sur l’antenne de FRANCE 24, François-Nelson Ndjadder, président du mouvement des forces révolutionnaires pour la Démocratie-Centrafrique parle d’une "entrée triomphale" des rebelles dans la capitale depuis 18 heures environ. "Nous patrouillons désormais pour sécuriser la ville", soutient-il. Son mouvement, un courant alternatif à la Séléka, a combattu aux côtés des rebelles toute la semaine.

Il affirme également contrôler la radio, la télévision nationale et le palais présidentiel, assurant dans la foulée que le président Bozizé avait quitté sa résidence pour "une destination inconnue".

Paris réclame une réunion d'urgence à l'ONU

Bangui plongée dans le noir

Bangui était plongée dans le noir dans la soirée, faute d'électricité, selon plusieurs témoignages d'habitants.

Les problèmes d'électricité sont récurrents dans la capitale où les délestages sont quotidiens et peuvent durer longtemps mais il est rare que toute la ville soit privée d'électricité en même temps. Le motif de cette coupure générale n'était pas connu samedi soir. De nombreux habitants sont toutefois équipés de groupes électrogènes.

Au vu de l’envenimement rapide de la situation, Paris a demandé, samedi en début de soirée, que soit organisée une réunion d'urgence du conseil de sécurité des Nations unies.

Le porte-parole diplomatique de l’Élysée a également appelé les quelque 1 200 ressortissants français à "rester chez eux", une évacuation n'étant pas "pour le moment" ordonnée.

Selon plusieurs témoins, dont un membre des forces internationales de maintien de la paix souhaitant garder l’anonymat, de violents affrontements se déroulent dans les faubourgs nord de la ville. Les rebelles affirment avoir abattu un hélicoptère de l’armée régulière. L’État major n’a ni confirmé ni infirmé la perte de leur appareil.

Regain de tension depuis la mi-mars

Mercredi 20 mars, les rebelles de la Séléka ont annoncé qu’ils reprenaient les armes, à l’issue d’un ultimatum lancé au gouvernement pour "libérer tous les prisonniers politiques, faire partir les forces étrangères et faire lever des barrages [policiers et de partisans du président] à Bangui".



La Séléka avait pris les armes le 10 décembre dernier pour exiger l'application d'accords de paix comprenant notamment l'intégration dans l'armée régulière d'anciens combattants rebelles.

Après un mois de vive tension, et l’arrivée de plusieurs centaines de soldats français sur place, les insurgés ont finalement signé un accord de paix à Libreville, le 11 janvier. Plusieurs personnalités issues des rangs rebelles ont fait leur entrée dans un gouvernement d’union nationale.

Une partie des rebelles sont cependant mécontents de la manière dont ont été appliqués ces accords et, depuis le 17 mars, des éléments de la Séléka retiennent cinq ministres issus de la rébellion à Sibut, à 160 kilomètres au nord de Bangui.

Première publication : 23/03/2013

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