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EUROPE

Le président chypriote à Bruxelles pour discuter du plan de sauvetage

© Photo AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 23/03/2013

Le président chypriote Anastasiades se rend à Bruxelles, samedi à la mi-journée, pour discuter du plan de sauvetage de l'île méditerranéenne. De son côté, le Parlement chypriote a adopté vendredi soir les premières mesures de son "Plan B".

C’est une course contre la montre dans laquelle s’est engagé Chypre. Alors que le Parlement chypriote lutte contre la banqueroute de l'économie de l'île méditérranéenne, le président Anastasiades s'est rendu, samedi, à Bruxelles pour tenter une nouvelle fois de convaincre les bailleurs de fonds de la fiabilité de son plan de sauvetage.

Dans la journée, le ministre des Finances chypriote a annoncé qu'un "plan complet" avait été présenté à la troïka (UE, FMI, BCE) et que les pourparlers pourraient s'achever samedi soir.

Il faut dire que temps presse. Les députés, réunis en séance extraordinaire, se sont engagés à conclure avant lundi les modalités du "plan B" de sauvetage de leur île, paralysée depuis une semaine. Ils ont donc adopté vendredi soir trois premières mesures liées à ce plan : une restructuration du secteur bancaire du pays (séparant les activités bancaires saines des activités toxiques), la création d'un fonds de solidarité et une limitation des mouvements de capitaux pour éviter une trop forte pression sur les banques à leur réouverture, prévue mardi.

Nouvelle taxe sur les dépôts bancaires

Les députés, qui se sont séparés peu avant minuit, attendent désormais les conclusions de la nouvelle réunion entre le président chypriote et les dirigeants de l'UE. 

L'examen des cinq autres textes restants par le Parlement chypriote prévoit  l'instauration d'une taxe exceptionnelle, qui pourrait s'élever à 15 %,  sur les dépôts bancaires à partir de 100 000 euros.

Chypre, lâché par Moscou - faute d'intérêt des sociétés russes pour les propositions d'investissements dans les secteurs énergétique et bancaire - , doit se débrouiller pour trouver d'ici lundi 7 milliards d'euros - plus du tiers de son PIB annuel - pour débloquer l'aide internationale promise par l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI). En cas d'échec, la Banque centrale européenne (BCE) s'opposerait au versement de cette aide. La BCE ne fournirait alors plus de liquidités d'urgence aux banques chypriotes, dont certaines feraient alors immédiatement faillite.

Report du sommet UE - Japon

Signe de l'importance du dossier pour l'Union européenne, le sommet UE-Japon prévu la semaine prochaine a été officiellement reporté, et les ministres des Finances de la zone euro vont se réunir dimanche en fin d'après-midi à Bruxelles pour trouver une solution à la crise, ont indiqué plusieurs sources. À Tokyo, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a dit "regretter" mais "comprendre" le report du sommet.

Sur l'île, où les banques sont fermées depuis le 17 mars et où tous les virements sont interdits, l’exaspération est palpable. La situation est critique pour nombre d'entreprises, incapables de payer leurs fournisseurs ou d'être payées. À Nicosie, de nombreux cafés, restaurants ou stations-service refusent désormais les paiements par carte de crédit ou par chèque.

"Ne pas abuser de la patience des partenaires européens"

Des manifestants, en particulier des employés des banques menacées, se sont rassemblés vendredi soir devant le Parlement, où une trentaine de jeunes au visage cagoulé ont brûlé un drapeau européen devant les barricades de la police aux cris de "La taxe c'est du vol".

Du côté des dirigeants européens, l’agacement se fait également sentir. La chancelière allemande Angela Merkel a prévenu vendredi matin qu'il ne fallait "pas abuser de la patience des partenaires de la zone euro", selon des propos rapportés par des députés de sa coalition, à qui elle s'est adressée lors de réunions fermées à la presse.

Mardi, le Parlement avait rejeté l'idée d'une taxe exceptionnelle allant jusqu'à 9,9 % sur tous les dépôts bancaires, censée rapporter 5,8 milliards d'euros, en contrepartie d'une aide de 10 milliards d'euros de la troïka BCE-Union européenne-Fonds monétaire international (FMI).

Avec dépêches

Première publication : 23/03/2013

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